{"id":219580,"date":"2026-07-15T18:34:15","date_gmt":"2026-07-15T18:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/219580\/"},"modified":"2026-07-15T18:34:15","modified_gmt":"2026-07-15T18:34:15","slug":"exposition-miro-a-perpignan-decouvrez-les-chefs-doeuvre-de-sa-periode-majorquine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/219580\/","title":{"rendered":"Exposition Mir\u00f3 \u00e0 Perpignan : d\u00e9couvrez les chefs-d&rsquo;\u0153uvre de sa p\u00e9riode majorquine"},"content":{"rendered":"<p class=\"editor-content__paragraph\">Comme une chrysalide, un atelier peut m\u00e9tamorphoser un artiste. L\u2019installation de <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/joan-miro-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Joan Mir\u00f3<\/a> dans son refuge de Majorque, en 1956, marque un tournant dans sa carri\u00e8re. C\u2019est cet \u00e9panouissement \u00e9tourdissant que raconte l\u2019exposition du mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud. Celle-ci r\u00e9unit sur pr\u00e8s de 400\u00a0m\u00b2 plus d\u2019une centaine d\u2019\u0153uvres,  faisant sans cesse dialoguer peintures, sculptures, c\u00e9ramiques, dessins, gravures et lithographies, afin de mieux retranscrire cette effervescence.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Rendue possible gr\u00e2ce au jumelage entre Perpignan et Palma de Majorque, elle b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un partenariat exceptionnel avec la Fondation Pilar i Joan Mir\u00f3, qui pr\u00eate un ensemble remarquable d\u2019\u0153uvres, compl\u00e9t\u00e9 notamment par la galerie Lelong et la collection parisienne de Marc Larock. \u00ab\u00a0C\u2019est probablement la premi\u00e8re fois que la Fondation Mir\u00f3 noue un tel partenariat avec une institution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb se r\u00e9jouit la directrice du mus\u00e9e et commissaire de l\u2019exposition, Pascale Picard. Cette alliance rare permet \u00e0 l\u2019exposition de \u00ab\u00a0t\u00e9moigner de la p\u00e9riode de la maturit\u00e9 de Mir\u00f3, o\u00f9 il est le plus extraordinaire\u00a0\u00bb, appuie-t-elle.<\/p>\n<p>Un art r\u00e9duit \u00e0 l\u2019essentiel<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Apr\u00e8s une introduction majorquine, quelques \u0153uvres rappellent le Mir\u00f3 d\u2019avant Palma. Arriv\u00e9 \u00e0 Paris en 1922, il fr\u00e9quente les <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/le-surrealisme-en-3-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">surr\u00e9alistes<\/a> et rompt d\u00e9finitivement avec toute conception acad\u00e9mique de la peinture. Ses lignes noires, fines comme des fils de fer, et ses formes color\u00e9es jaunes et rouges flottant sur des fonds blancs, dialoguent ici \u00e0 merveille avec un mobile de <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/encyclo\/calder-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Calder<\/a> conserv\u00e9 par le mus\u00e9e perpignanais, soulignant la proximit\u00e9 des deux artistes dans leur qu\u00eate d\u2019un langage r\u00e9duit \u00e0 l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/web17_fpjm-00112-964x644.jpg\" alt=\"Joan Mir\u00f3, Sans titre\" width=\"964\" height=\"644\"\/><\/p>\n<p>Joan Mir\u00f3, Sans titre, 3\u00a0juillet 1968 \u2013 28\u00a0mai 1872<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Huile sur toile, acrylique, craie, fusain \u2022 130 \u00d7 195\u00a0cm \u2022 \u00a9 Successi\u00f3 Mir\u00f3, 2026 \/ Fundaci\u00f3 Pilar i Joan Mir\u00f3 a Mallorca \/ ADAGP, 2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Les inqui\u00e9tudes que suscite chez Mir\u00f3 la mont\u00e9e des totalitarismes affleurent ensuite dans une s\u00e9rie de dessins au biomorphisme plus sombre. Mais l\u2019artiste conjure aussi cette violence par la puissance du r\u00eave. Une superbe gouache r\u00e9alis\u00e9e en 1948\u00a0pour illustrer le po\u00e8me Complainte d\u2019un l\u00e9zard amoureux de Ren\u00e9 Char dialogue ainsi avec plusieurs c\u00e9ramiques couvertes de signes et formes stylis\u00e9es \u2013 dont des yeux et des \u00e9toiles qui rappellent \u00ab\u00a0Constellations\u00a0\u00bb, ensemble de tableaux peint entre 1939\u00a0et 1941.<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/web8_joan_miro_vase_a_decor_abstrait_coll_ml_01bis-1-964x953.jpg\" alt=\"Joan Mir\u00f3 et Josep Llorens i Artigas, Vase\" width=\"964\" height=\"953\"\/><\/p>\n<p>Joan Mir\u00f3 et Josep Llorens i Artigas, Vase, 1941<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Gr\u00e8s \u2022 30 \u00d7 25\u00a0cm \u2022 \u00a9 Successi\u00f3 Mir\u00f3 \/ Mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud \/ P. Marchesan \/ ADAGP, 2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Mir\u00f3 ne cesse alors d\u2019\u00e9largir son champ d\u2019exp\u00e9rimentation. D\u00e8s 1944, il collabore avec le c\u00e9ramiste Josep Llorens Artigas (1892\u20131980). D\u2019abord de dimensions modestes, leurs cr\u00e9ations prennent une ampleur nouvelle au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950. Artigas fa\u00e7onne les volumes tandis que Mir\u00f3 les anime par la couleur et les \u00e9maux \u2013 de v\u00e9ritables cr\u00e9ations \u00e0 quatre mains, dont plusieurs exemples sont pr\u00e9sent\u00e9s ici.<\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/ce-que-vous-ne-saviez-peut-etre-pas-sur-joan-miro\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Ce que vous ne saviez (peut-\u00eatre) pas sur Joan Mir\u00f3<\/a><\/p>\n<p>Le tournant majorquin\u00a0: l\u2019ancrage de Mir\u00f3<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Lorsqu\u2019il s\u2019installe \u00e0 Majorque en 1956, l\u2019artiste r\u00e9alise enfin son r\u00eave caress\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1930\u00a0: il dispose d\u2019un vaste espace aux murs blancs, con\u00e7u pour lui par un architecte moderniste. L\u2019exposition plonge le visiteur \u00e0 plusieurs reprises dans l\u2019univers de cet atelier majorquin gr\u00e2ce \u00e0 de grandes reproductions photographiques recouvrant des cimaises enti\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Ce grand cube immacul\u00e9 (que le public peut aujourd\u2019hui visiter, conserv\u00e9 en l\u2019\u00e9tat dans lequel l\u2019artiste l\u2019a laiss\u00e9 \u00e0 sa mort) devient le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une cr\u00e9ation ininterrompue. S\u2019isolant volontairement des grands centres artistiques, Mir\u00f3 y m\u00e8ne une existence discr\u00e8te, entour\u00e9 de petites trouvailles locales qui le relient \u00e0 cette terre dans laquelle il se sent profond\u00e9ment enracin\u00e9\u00a0: des coquillages, des fossiles, des c\u00e9ramiques populaires et de petites figurines majorquines qui nourrissent son imaginaire.<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/webperpignan-museerigaud-miro-7-964x723.jpg\" alt=\"Exposition \u00ab\u00a0Joan Mir\u00f3. Majorque, l\u2019atelier des r\u00eaves\u00a0\u00bb au mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud\" width=\"964\" height=\"723\"\/><\/p>\n<p>Exposition \u00ab\u00a0Joan Mir\u00f3. Majorque, l\u2019atelier des r\u00eaves\u00a0\u00bb au mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">\u00a9 Succession Mir\u00f3, ADAGP, Paris, 2026 \/ Photo\u00a0: Mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud \/ A. Chedal<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">As du d\u00e9tournement, Mir\u00f3 cr\u00e9e des \u0153uvres en bronze obtenues gr\u00e2ce \u00e0 d\u2019\u00e9tonnants assemblages d\u2019objets h\u00e9t\u00e9roclites\u00a0: morceaux de poup\u00e9e, empreinte de panier, pot de peinture\u2026 Mais il commence aussi, dans le m\u00eame temps, \u00e0 cr\u00e9er des sculptures monumentales, lisses et brillantes, aux contours \u00e9pur\u00e9s, dont deux exemples massifs, d\u2019un noir d\u2019encre, ouvrent et ferment l\u2019exposition\u00a0: Torse (1969), aux formes tr\u00e8s rondes, et L\u2019Oiseau solaire (1966\u20131967), d\u2019une pr\u00e9sence tot\u00e9mique.<\/p>\n<p>Exp\u00e9rimentations et abstraction\u00a0: la vie en grand<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00ab\u00a0Quand il arrive dans cet immense atelier, il se met \u00e0 voir grand, \u00e0 cr\u00e9er grand. C\u2019est vraiment un point de bascule dans sa vie et son \u0153uvre\u00a0\u00bb souligne la commissaire. \u00c0 Majorque, Miro d\u00e9veloppe aussi beaucoup d\u2019\u0153uvres multiples\u00a0: c\u00e9ramiques, gravures, lithographies. Il exploite les tensions qui l\u2019habitent de mani\u00e8re diff\u00e9rente, en incisant, en arrachant, et se rapproche davantage de l\u2019abstraction. D\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 d\u00e9bordante, il s\u2019empare aussi d\u2019un sac de jute qu\u2019il transforme en visage bricol\u00e9. En peinture, il exp\u00e9rimente avec les taches, le dripping, les coulures.<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/uneperpignan-museerigaud-miro-6-964x723.jpg\" alt=\"Exposition \u00ab\u00a0Joan Mir\u00f3. Majorque, l\u2019atelier des r\u00eaves\u00a0\u00bb au mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud\" width=\"964\" height=\"723\"\/><\/p>\n<p>Exposition \u00ab\u00a0Joan Mir\u00f3. Majorque, l\u2019atelier des r\u00eaves\u00a0\u00bb au mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">\u00a9 Succession Mir\u00f3, ADAGP, Paris, 2026 \/ Photo\u00a0: Mus\u00e9e d\u2019art Hyacinthe Rigaud \/ A. Chedal<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Inspir\u00e9 par le bleu immense du ciel et de la mer M\u00e9diterran\u00e9e qui l\u2019entourent \u00e0 Palma, Miro se met \u00e9galement \u00e0 s\u2019int\u00e9resser davantage au monochrome. Si le fabuleux triptyque \u00ab\u00a0Bleu I, Bleu II, Bleu III\u00a0\u00bb, conserv\u00e9 au <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/centre-pompidou-lhistoire-dun-ovni-artistique-enfant-de-mai-68\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Centre Pompidou<\/a>, n\u2019est pas pr\u00e9sent\u00e9 ici, on admire dans l\u2019exposition perpignanaise un tableau d\u2019un noir intense sur lequel se d\u00e9tachent une touche de rouge, une lueur bleue et une petite \u00e9toile blanche, comme trac\u00e9e \u00e0 la craie sur une ardoise.<\/p>\n<p>Palma pour toujours avec une fondation<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/webfpjm-00617_test-964x1299.jpg\" alt=\"Joan Mir\u00f3, Bon \u00e0 tirer pour Fundaci\u00f3 Palma I\" width=\"964\" height=\"1299\"\/><\/p>\n<p>Joan Mir\u00f3, Bon \u00e0 tirer pour Fundaci\u00f3 Palma I, 1978<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Encre de Chine, gouache, pastel, eau-forte et aquatinte sur papier \u2022 71 \u00d7 53\u00a0cm \u2022 \u00a9 Successi\u00f3 Mir\u00f3, 2026 \/ Fundaci\u00f3 Pilar i Joan Mir\u00f3 a Mallorca \/ ADAGP, Paris, 2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Le noir joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans cette p\u00e9riode. \u00c9paissi, envahissant, il structure d\u00e9sormais l\u2019espace pictural, sous l\u2019influence notamment de la calligraphie japonaise que Mir\u00f3 d\u00e9couvre lors de son premier voyage au Japon, en 1966. Les trois \u0153uvres intitul\u00e9es \u00ab\u00a0Fondation Palma\u00a0\u00bb (1978) portent cette \u00e9volution \u00e0 son paroxysme\u00a0: le noir s\u2019\u00e9tend dans la composition et la cloisonne comme pour en absorber les couleurs. Une m\u00e9ditation cr\u00e9pusculaire qui pr\u00e9c\u00e8de le geste ultime de l\u2019artiste\u00a0: offrir ses ateliers et toutes les \u0153uvres qu\u2019ils renferment \u00e0 la ville de Palma, afin qu\u2019ils deviennent le c\u0153ur d\u2019une fondation\u2026 Celle-l\u00e0 m\u00eame qui a fourni sa mati\u00e8re \u00e0 cette belle exposition.<\/p>\n<p>  Arrow<\/p>\n<p>Joan Mir\u00f3. Majorque, l&rsquo;atelier des r\u00eaves<\/p>\n<p>Du 27 juin 2026 au 31 d\u00e9cembre 2026<\/p>\n<p class=\"url-expo\"><a href=\"https:\/\/www.musee-rigaud.fr\/actualites\/joan-miro-majorque-latelier-des-reves\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.musee-rigaud.fr<\/a><\/p>\n<p class=\"annexe-content__infos\">Mus\u00e9e d&rsquo;art Hyacinthe Rigaud \u2022 21 Rue Mailly \u2022 66000 Perpignan<br \/><a href=\"http:\/\/www.musee-rigaud.fr\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.musee-rigaud.fr<\/a><\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/les-ateliers-dartistes-devenus-musees-episode-1-le-musee-de-montmartre-maison-de-valadon-et-utrillo\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Les ateliers d&rsquo;artistes devenus mus\u00e9es (\u00e9pisode 1) : le mus\u00e9e de Montmartre, maison de Valadon et Utrillo<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Comme une chrysalide, un atelier peut m\u00e9tamorphoser un artiste. 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