{"id":231782,"date":"2026-07-25T07:41:22","date_gmt":"2026-07-25T07:41:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/231782\/"},"modified":"2026-07-25T07:41:22","modified_gmt":"2026-07-25T07:41:22","slug":"quand-le-macareux-inspire-au-mit-un-drone-capable-de-voler-et-de-plonger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/231782\/","title":{"rendered":"Quand le macareux inspire au MIT un drone capable de voler et de plonger"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, le macareux semble \u00eatre un oiseau marin assez maladroit. Avec son d\u00e9collage para\u00eet laborieux, son vol fr\u00e9n\u00e9tique\u2026 ce n\u2019est pas le plus majestueux ni performants des volatiles. Pourtant, sous la surface, il devient un nageur hors pair. Avec les m\u00eames ailes qui le portent dans les airs, il poursuit des poissons jusqu&rsquo;\u00e0 plusieurs dizaines de m\u00e8tres de profondeur avant de jaillir hors de l&rsquo;eau et reprendre son vol comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait.<\/p>\n<p>Pour les ing\u00e9nieurs, cette double vie constitue un casse-t\u00eate m\u00e9canique. Car passer de l&rsquo;air \u00e0 l&rsquo;eau, puis de l&rsquo;eau \u00e0 l&rsquo;air, revient \u00e0 \u00e9voluer entre deux mondes aux lois physiques radicalement diff\u00e9rentes. L&rsquo;eau est pr\u00e8s de mille fois plus dense que l&rsquo;air. Une aile capable de voler efficacement devient rapidement un handicap sous la surface. \u00c0 l&rsquo;inverse, une nageoire performante ne permet g\u00e9n\u00e9ralement pas de d\u00e9coller. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce d\u00e9fi qu&rsquo;ont voulu relever des chercheurs du MIT et de l&rsquo;\u00c9cole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL). Leur prototype, <a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/abs\/pii\/S0029801826026351\">pr\u00e9sent\u00e9 dans la revue Science<\/a>, est l&rsquo;un des premiers robots capables de nager sous l&rsquo;eau puis de s&rsquo;extraire de la surface en battant simplement des ailes avant de poursuivre son vol.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/macareux_moine_eau.jpeg\" class=\"block max-w-full h-auto mx-auto rounded-3xl lazyload\" alt=\"Macareux moine vu de face avec des poissons coinc\u00e9s dans son bec.\"  fetchpriority=\"auto\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\n        \u00a9<br \/>\n        Agata Kadar \/ stock.adobe.com\n    <\/p>\n<p>                            Un macareux moine avec des poissons coinc\u00e9s dans son bec. Cet oiseau est un excellent p\u00eacheur, capable de rester de longues minutes sous l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>                Copier la nature\u2026 sans la reproduire \u00e0 l&rsquo;identique<\/p>\n<p>Le robot, baptis\u00e9 FAAV (Flapping-wing Aerial-Aquatic Vehicle), p\u00e8se moins de 300 grammes. Son architecture est volontairement simple\u00a0: un fuselage renfermant batterie et moteur \u00e9lectrique, deux ailes souples recouvertes d&rsquo;un rev\u00eatement hydrophobe qui \u00e9vacue rapidement l&rsquo;eau, et une queue orientable permettant de contr\u00f4ler son assiette aussi bien en vol qu&rsquo;en plong\u00e9e.<\/p>\n<p>Avant m\u00eame de construire leur prototype, les chercheurs ont pass\u00e9 en revue les travaux consacr\u00e9s aux oiseaux plongeurs. Macareux, p\u00e9trels, plongeons ou encore martins-p\u00eacheurs utilisent des strat\u00e9gies diff\u00e9rentes, mais tous exploitent un m\u00eame principe\u00a0: leurs ailes doivent produire suffisamment de portance dans l&rsquo;air tout en restant efficaces dans un milieu beaucoup plus dense.<\/p>\n<p>Les ing\u00e9nieurs ont ainsi test\u00e9 plusieurs tailles d&rsquo;ailes, diff\u00e9rents degr\u00e9s de souplesse ainsi que diverses fr\u00e9quences de battement. Les essais, r\u00e9alis\u00e9s dans un bassin puis sur le lac L\u00e9man, ont permis d&rsquo;identifier la combinaison la plus efficace pour assurer les trois phases du d\u00e9placement\u00a0que sont la nage, le franchissement de la surface puis le vol.<\/p>\n<p>                Une sortie de l&rsquo;eau sans \u00ab\u00a0prendre son \u00e9lan\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le moment le plus d\u00e9licat est celui o\u00f9 le robot quitte l&rsquo;eau. La r\u00e9sistance exerc\u00e9e par la surface freine brutalement les ailes au moment o\u00f9 elles doivent produire suffisamment de portance pour d\u00e9coller.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont d\u00e9couvert qu&rsquo;un angle d&rsquo;environ 70 degr\u00e9s permettait au robot de sortir proprement de l&rsquo;eau tout en \u00e9vitant que les extr\u00e9mit\u00e9s des ailes ne heurtent la surface. Avec des ailes de taille interm\u00e9diaire, il nage \u00e0 pr\u00e8s d&rsquo;un m\u00e8tre par seconde et vole ensuite \u00e0 environ six m\u00e8tres par seconde, des performances comparables \u00e0 celles observ\u00e9es chez plusieurs oiseaux plongeurs de petite taille.<\/p>\n<p>L&rsquo;une des surprises de l&rsquo;\u00e9tude concerne justement le d\u00e9collage. Les macareux, les canards ou les plongeons utilisent g\u00e9n\u00e9ralement leurs pattes pour \u00ab\u00a0courir\u00a0\u00bb sur l&rsquo;eau avant de reprendre leur envol. Le robot, lui, n&rsquo;en a pas besoin. Les chercheurs montrent ainsi qu&rsquo;en robotique, une bonne combinaison entre la taille des ailes, leur souplesse et leur fr\u00e9quence de battement suffit \u00e0 assurer la transition entre les deux milieux.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/petrels.jpeg\" class=\"block max-w-full h-auto mx-auto rounded-3xl lazyload\" alt=\"oiseau p\u00e9trel courant sur l'eau\"  fetchpriority=\"auto\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\n        \u00a9<br \/>\n        Vermeulen-Perdaen \/ stock.adobe.com\n    <\/p>\n<p>                            Un p\u00e9trel sortant de l&rsquo;eau en courant.<\/p>\n<p>                Un futur \u00e9claireur des oc\u00e9ans<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la prouesse technique, les chercheurs voient dans ce robot un futur outil scientifique. Aujourd&rsquo;hui, les oc\u00e9anographes doivent souvent mobiliser des navires co\u00fbteux, des drones a\u00e9riens ou des v\u00e9hicules sous-marins autonomes, chacun \u00e9tant limit\u00e9 \u00e0 un seul environnement.<\/p>\n<p>Un robot capable de passer librement de l&rsquo;air \u00e0 l&rsquo;eau pourrait rejoindre rapidement une zone d&rsquo;\u00e9tude, plonger pour mesurer la temp\u00e9rature, la salinit\u00e9 ou certains param\u00e8tres chimiques, pr\u00e9lever un \u00e9chantillon, puis revenir transmettre ses donn\u00e9es avant de repartir presque aussit\u00f4t. Les chercheurs imaginent d\u00e9j\u00e0 des missions autour des glaciers, dans les ports, au-dessus de bancs de baleines ou dans d&rsquo;autres zones difficiles d&rsquo;acc\u00e8s pour les navires traditionnels.<\/p>\n<p>Le prototype n&rsquo;en est encore qu&rsquo;\u00e0 ses d\u00e9buts. L&rsquo;\u00e9quipe travaille d\u00e9sormais sur des ailes capables de pivoter en plus de battre, et souhaite tester le robot dans des conditions plus r\u00e9alistes, avec des vagues de taille variable et du vent plus ou moins fort. Mais cette d\u00e9monstration montre d\u00e9j\u00e0 que le biomim\u00e9tisme ne consiste pas seulement \u00e0 copier les animaux. En comprenant les compromis que l&rsquo;\u00e9volution a mis des millions d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 \u00e9laborer, les ing\u00e9nieurs ouvrent la voie \u00e0 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de drones capables d&rsquo;explorer les oc\u00e9ans avec la m\u00eame aisance que les oiseaux qui les survolent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 premi\u00e8re vue, le macareux semble \u00eatre un oiseau marin assez maladroit. 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