{"id":241286,"date":"2026-08-01T07:57:11","date_gmt":"2026-08-01T07:57:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/241286\/"},"modified":"2026-08-01T07:57:11","modified_gmt":"2026-08-01T07:57:11","slug":"adn-mysterieux-identifie-deux-ancetres-inconnus-dans-le-genome-humain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/241286\/","title":{"rendered":"ADN myst\u00e9rieux identifi\u00e9: deux anc\u00eatres inconnus dans le g\u00e9nome humain"},"content":{"rendered":"<p>Des chercheurs de la prestigieuse University of California \u00e0 Berkeley ont r\u00e9alis\u00e9 une d\u00e9couverte spectaculaire : ils<a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.aef8874\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\"> ont identifi\u00e9 des segments d\u2019ADN dans le g\u00e9nome des humains actuels (source en allemand)<\/a> qui proviennent d\u2019anc\u00eatres jusqu\u2019ici inconnus. Les scientifiques parlent de \u00ab\u00a0anc\u00eatres fant\u00f4mes\u00a0\u00bb, car on ne sait pour l\u2019instant rien de ces groupes humains disparus.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Homo sapiens est aujourd\u2019hui la seule esp\u00e8ce humaine encore vivante. Mais dans un pass\u00e9 lointain, il partageait la plan\u00e8te avec de nombreuses autres esp\u00e8ces d\u2019hominines.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes ant\u00e9rieures avaient d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 que les humains modernes se sont reproduits avec les N\u00e9andertaliens et les Denisoviens, donnant naissance \u00e0 une descendance commune. Les traces g\u00e9n\u00e9tiques de ces rencontres sont encore pr\u00e9sentes dans le g\u00e9nome de nombreux individus aujourd\u2019hui. Une nouvelle \u00e9tude sugg\u00e8re d\u00e9sormais qu\u2019il a pu exister au moins deux autres groupes humains inconnus, qui ont eux aussi transmis de l\u2019ADN \u00e0 nos anc\u00eatres.<\/p>\n<p>L\u2019un de ces anc\u00eatres jusqu\u2019ici inconnus s\u2019est m\u00eal\u00e9, il y a plus de 50 000 ans en Afrique, aux anc\u00eatres de l\u2019humain moderne. Cela s\u2019est produit avant la derni\u00e8re grande vague de migration de Homo sapiens vers l\u2019Europe et l\u2019Asie. Les g\u00e8nes transmis lors de ces croisements repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui environ 1 % du g\u00e9nome de tous les humains, soit une proportion comparable \u00e0 celle de l\u2019ADN n\u00e9andertalien.<\/p>\n<p>Selon les calculs des chercheurs, cette lign\u00e9e humaine \u00e9nigmatique se serait d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9e de la lign\u00e9e menant \u00e0 l\u2019humain moderne il y a environ 800 000 ans \u2013 \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 N\u00e9andertaliens et Denisoviens se sont eux aussi diff\u00e9renci\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Des \u00e9tudes ant\u00e9rieures avaient d\u00e9j\u00e0 sugg\u00e9r\u00e9 l\u2019existence d\u2019une ascendance dite fant\u00f4me \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire des traces g\u00e9n\u00e9tiques de lign\u00e9es humaines inconnues et \u00e9teintes dans le g\u00e9nome des humains modernes\u00a0\u00bb, explique la doctorante de Berkeley Yulin Zhang, l\u2019une des premiers auteurs de l\u2019\u00e9tude. \u00ab\u00a0Mais il \u00e9tait jusqu\u2019ici difficile de savoir si cette ascendance inconnue n\u2019appara\u00eet que chez les Africains et \u00e0 quel moment ce m\u00e9lange s\u2019est produit. Nous avons d\u00e9sormais pu identifier et cartographier les segments d\u2019ADN concern\u00e9s dans le g\u00e9nome des humains modernes, et montrer que cette ascendance fant\u00f4me est pr\u00e9sente chez tous les humains actuels \u2013 pas seulement chez les Africains.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chronologie : 1,8 million d\u2019ann\u00e9es<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me anc\u00eatre, que les chercheurs qualifient de \u00ab\u00a0super-archa\u00efque\u00a0\u00bb, est encore plus myst\u00e9rieux. Sa lign\u00e9e humaine se serait d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9e des autres hominines il y a environ 1,8 million d\u2019ann\u00e9es. Il y a plus de 200 000 ans, elle se serait vraisemblablement m\u00e9lang\u00e9e en Eurasie \u00e0 celle des Denisoviens \u2013 et c\u2019est par ce d\u00e9tour que des fragments de cet ADN tr\u00e8s ancien ont fini par int\u00e9grer le g\u00e9nome de l\u2019humain moderne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La mise en \u00e9vidence de cet anc\u00eatre super archa\u00efque est particuli\u00e8rement fascinante, car elle r\u00e9v\u00e8le la contribution g\u00e9n\u00e9tique d\u2019une lign\u00e9e humaine qui vivait il y a plus d\u2019un million d\u2019ann\u00e9es \u2013 alors qu\u2019aucun ADN de cette population n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9chiffr\u00e9\u00a0\u00bb, explique Arjun Biddanda, postdoctorant \u00e0 la Johns Hopkins University et co-premier auteur de l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ADN ancien des N\u00e9andertaliens et des Denisoviens, ainsi qu\u2019\u00e0 de nouvelles m\u00e9thodes g\u00e9n\u00e9alogiques, nous constatons de plus en plus que les populations humaines se sont \u00e0 maintes reprises m\u00e9lang\u00e9es au cours de l\u2019\u00e9volution\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Priya Moorjani, professeure de biologie mol\u00e9culaire et cellulaire \u00e0 la University of California \u00e0 Berkeley. \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9volution humaine ressemble donc moins \u00e0 un arbre g\u00e9n\u00e9alogique ramifi\u00e9 qu\u2019\u00e0 un r\u00e9seau complexe, dans lequel diff\u00e9rentes populations \u00e9taient reli\u00e9es par des migrations et des m\u00e9langes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Diff\u00e9rence entre l\u2019ADN n\u00e9andertalien et l\u2019ADN denisovien<\/p>\n<p>La plupart des humains vivant aujourd\u2019hui hors d\u2019Afrique portent environ 1 \u00e0 2 % d\u2019ADN n\u00e9andertalien dans leur g\u00e9nome. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, en moyenne, 1 \u00e0 2 % du g\u00e9nome des Europ\u00e9ens et des Asiatiques actuels proviennent de N\u00e9andertaliens. Ce pourcentage r\u00e9sulte de m\u00e9langes entre N\u00e9andertaliens et premiers humains modernes il y a environ 50 000 \u00e0 60 000 ans, peu apr\u00e8s la sortie d\u2019Afrique de Homo sapiens.<\/p>\n<p>Ces segments d\u2019ADN h\u00e9rit\u00e9s continuent d\u2019influencer l\u2019humain aujourd\u2019hui. Certaines variantes sont li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9ponse immunitaire, aux caract\u00e9ristiques de la peau et des cheveux ou \u00e0 l\u2019adaptation aux conditions environnementales. D\u2019autres augmentent le risque de certaines maladies ou modulent la r\u00e9action aux infections.<\/p>\n<p>En outre, des populations d\u2019Asie et d\u2019Oc\u00e9anie poss\u00e8dent, en plus de l\u2019ADN n\u00e9andertalien, des apports g\u00e9n\u00e9tiques des Denisoviens. Des restes attribu\u00e9s aux Denisoviens ont surtout \u00e9t\u00e9 s\u00e9quenc\u00e9s en Eurasie :<\/p>\n<p>Le g\u00e9nome du plus ancien fossile humain d\u00e9couvert \u00e0 ce jour en Mongolie a fourni, il y a environ six ans, de nouveaux \u00e9clairages sur l\u2019histoire ancienne de l\u2019humanit\u00e9. Des chercheurs de l\u2019Institut Max-Planck d\u2019anthropologie \u00e9volutive \u00e0 Leipzig et de l\u2019Acad\u00e9mie mongole des sciences ont montr\u00e9 que les restes d\u2019une femme \u00e2g\u00e9s d\u2019environ 34 000 ans contenaient environ 25 % d\u2019ADN provenant d\u2019anc\u00eatres ouest-eurasiens. L\u2019\u00e9quipe a \u00e9galement mis au jour dans le g\u00e9nome de cette femme \u2013 comme chez un humain vieux d\u2019environ 40 000 ans d\u00e9couvert en Chine \u2013 des traces d\u2019ADN denisovien, cette forme humaine disparue qui vivait en Asie avant l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019humain moderne.<\/p>\n<p>Autre fait notable : N\u00e9andertaliens et Denisoviens se sont aussi m\u00e9lang\u00e9s entre eux. On sait m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 un fossile provenant de la grotte de Denisova, dans le massif de l\u2019Alta\u00ef au sud de la Sib\u00e9rie, pr\u00e8s des fronti\u00e8res avec le Kazakhstan, la Mongolie et la Chine, qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une femme n\u00e9e d\u2019une m\u00e8re n\u00e9andertalienne et d\u2019un p\u00e8re denisovien \u2013 une preuve directe que ces deux formes humaines ont eu une descendance commune.<\/p>\n<p>On ignore encore pr\u00e9cis\u00e9ment qui \u00e9taient cet \u00ab\u00a0anc\u00eatre fant\u00f4me\u00a0\u00bb et cet \u00ab\u00a0anc\u00eatre super archa\u00efque\u00a0\u00bb. Les dates de divergence calcul\u00e9es correspondent toutefois \u00e0 des formes humaines d\u00e9j\u00e0 connues : les anc\u00eatres fant\u00f4mes pourraient avoir appartenu \u00e0 des groupes d\u2019Homo du Pl\u00e9istoc\u00e8ne moyen, qui vivaient en Afrique il y a environ 800 000 ans. L\u2019anc\u00eatre super archa\u00efque pourrait en revanche avoir \u00e9t\u00e9 identique ou \u00e9troitement apparent\u00e9 \u00e0 Homo erectus, qui avait colonis\u00e9 l\u2019Eurasie il y a d\u00e9j\u00e0 environ 1,8 million d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des chercheurs de la prestigieuse University of California \u00e0 Berkeley ont r\u00e9alis\u00e9 une d\u00e9couverte spectaculaire : ils ont&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":241287,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[7],"tags":[7540,10072,53156,84,61,57,59,58,23,60,62],"class_list":["post-241286","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sciences-et-technologies","tag-adn","tag-archeologie","tag-doyen-de-lhumanite","tag-sante","tag-science","tag-science-and-technology","tag-sciences","tag-sciences-et-technologies","tag-suisse","tag-technologies","tag-technology"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/117019190686455202","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=241286"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241286\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/241287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=241286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=241286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=241286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}