{"id":243131,"date":"2026-08-02T18:03:11","date_gmt":"2026-08-02T18:03:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/243131\/"},"modified":"2026-08-02T18:03:11","modified_gmt":"2026-08-02T18:03:11","slug":"les-parias-de-la-route-de-locean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/243131\/","title":{"rendered":"Les parias de la route de l\u2019oc\u00e9an"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque l\u2019on \u00e9voque les migrations \u00e0 Mayotte, 101e d\u00e9partement fran\u00e7ais situ\u00e9 dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, les regards se tournent g\u00e9n\u00e9ralement vers les Comores voisines. La question migratoire dans l\u2019archipel est en effet largement associ\u00e9e aux d\u00e9bats r\u00e9currents sur l\u2019immigration comorienne, illustr\u00e9s par les travers\u00e9es depuis l\u2019\u00eele d\u2019Anjouan, la plus peupl\u00e9e de l\u2019archipel et la plus proche de Mayotte en kwassa-kwassa, des embarcations l\u00e9g\u00e8res \u00e0 moteur.<\/p>\n<p>Pourtant, depuis plusieurs ann\u00e9es, une autre r\u00e9alit\u00e9 migratoire s\u2019impose progressivement. Des hommes, des femmes et des familles originaires de R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, du Burundi, de Somalie, de Tanzanie ou encore du Y\u00e9men rejoignent d\u00e9sormais Mayotte apr\u00e8s des parcours parfois longs de plusieurs milliers de kilom\u00e8tres \u00e0 travers l\u2019Afrique orientale et l\u2019oc\u00e9an Indien. Alors qu\u2019en 2021, les Comorien\u00b7nes repr\u00e9sentaient encore 78% des nouvelles inscriptions au sein de la Structure de premier accueil des demandeurs d\u2019asile (SPADA), leur part recule rapidement sous l\u2019effet de la progression des arriv\u00e9es des demandeur\u00b7euses d\u2019asile en provenance de ces divers pays, dessinant les contours d\u2019une nouvelle route migratoire.<\/p>\n<p>En 2022, les Comorien\u00b7nes ne repr\u00e9sentent plus que 54% des primo-arrivant\u00b7es, tandis que les ressortissant\u00b7es de RDC sont d\u00e9j\u00e0 566. La tendance se confirme ensuite: 922 Congolais\u00b7es sont enregistr\u00e9\u00b7es en 2023 puis 1104 en 2024, ann\u00e9e o\u00f9 ils et elles deviennent le premier groupe national accueilli par le SPADA, devant les Comorien\u00b7nes.<\/p>\n<p>Le camp de migrant\u00b7es de Tsoundzou, situ\u00e9 au sud de Mamoudzou \u2013 le chef-lieu du d\u00e9partement-r\u00e9gion mahorais \u2013, offre un observatoire privil\u00e9gi\u00e9 de ces transformations. Cet article s\u2019appuie sur une enqu\u00eate de terrain conduite \u00e0 Mayotte en mai et juin 2026 dans le cadre d\u2019une bourse de recherche de la Fondation Croix-Rouge fran\u00e7aise. Plusieurs visites du camp, des \u00e9changes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s avec des associations de solidarit\u00e9 ainsi qu\u2019un travail plus approfondi men\u00e9 aupr\u00e8s de deux leaders communautaires (un homme vivant en dehors du camp et une femme y habitant) ont permis de documenter les trajectoires r\u00e9sidentielles, les parcours migratoires et les modes d\u2019organisation sociale qui y sont en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Le camp de Tsoundzou est apparu en 2025 \u00e0 la suite du d\u00e9mant\u00e8lement de plusieurs campements pr\u00e9caires, notamment celui du stade de Cavani. Si une petite partie du camp a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9e le 17 juillet, il accueille toujours plusieurs centaines de personnes, principalement demandeur\u00b7euses d\u2019asile ou en attente d\u2019une solution d\u2019h\u00e9bergement.<\/p>\n<p>En juin 2026, le camp \u00e9tait en cours d\u2019agrandissement, avec la construction de nouveaux abris destin\u00e9s \u00e0 accueillir des migrant\u00b7es dont l\u2019arriv\u00e9e \u00e9tait attendue \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance. Cette anticipation des flux met en \u00e9vidence le caract\u00e8re d\u00e9sormais structur\u00e9 des routes migratoires en provenance de la r\u00e9gion des Grands Lacs, de la Corne de l\u2019Afrique et du Y\u00e9men.<\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions ne signifient pas l\u2019apparition soudaine de nouvelles routes migratoires. Elles r\u00e9v\u00e8lent plut\u00f4t leur consolidation. Mayotte appara\u00eet aujourd\u2019hui comme l\u2019un des points d\u2019ancrage d\u2019une route reliant les Grands Lacs aux Comores via la Tanzanie et, pour certains exil\u00e9s, l\u2019espoir d\u2019une poursuite du parcours vers l\u2019Hexagone.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les b\u00e2ches, une organisation sociale<\/p>\n<p>Depuis la route nationale, le camp de Tsoundzou est presque invisible. Il suffit pourtant de s\u2019en \u00e9loigner de quelques m\u00e8tres pour d\u00e9couvrir un d\u00e9dale d\u2019all\u00e9es bord\u00e9es d\u2019abris construits \u00e0 partir de b\u00e2ches, de bambous, de t\u00f4les et de mat\u00e9riaux de r\u00e9cup\u00e9ration. Faute d\u2019eau courante, d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou d\u2019assainissement, les habitant\u00b7es ont progressivement organis\u00e9 leur environnement.<\/p>\n<p>On y trouve des commerces (pour certains aliment\u00e9s en \u00e9lectricit\u00e9 par des groupes \u00e9lectrog\u00e8nes), des restaurants, une \u00e9glise, une mosqu\u00e9e, des espaces de coiffure, un cabaret, des lieux de projection vid\u00e9o et diff\u00e9rents services permettant de recharger les t\u00e9l\u00e9phones ou de traduire des documents administratifs. Malgr\u00e9 l\u2019absence des infrastructures de base, le camp a \u00e9t\u00e9 progressivement am\u00e9nag\u00e9 dans le but de r\u00e9pondre aux besoins \u00e9l\u00e9mentaires de sa population. Il est donc structur\u00e9 et organis\u00e9: on est loin de l\u2019id\u00e9e d\u2019un espace informel.<\/p>\n<p>Si la scolarisation est ouverte \u00e0 toutes et tous en France, peu d\u2019enfants vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, pour de multiples raisons: parce que les parents ne savent pas effectuer les d\u00e9marches, parce qu\u2019ils ont peur d\u2019\u00eatre rep\u00e9r\u00e9s par la police, parce que l\u2019\u00e9cole est chroniquement satur\u00e9e sur le territoire.<\/p>\n<p>Les habitant\u00b7es ont \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9 leur propre g\u00e9ographie et toponymie: certains secteurs du camp portent les noms de quartiers de Mamoudzou. Les espaces les plus pr\u00e9caires, r\u00e9guli\u00e8rement inond\u00e9s par les mar\u00e9es, sont appel\u00e9s \u00abKaw\u00e9ni\u00bb pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un quartier tr\u00e8s d\u00e9favoris\u00e9 de Mamoudzou, souvent qualifi\u00e9 de plus grand bidonville de France.<\/p>\n<p>D\u2019autres zones, plus recherch\u00e9es parce que mieux am\u00e9nag\u00e9es et moins soumises aux soubresauts des mar\u00e9es, sont d\u00e9sign\u00e9es sous le nom de \u00abPetite-Terre\u00bb, renvoyant dans leurs repr\u00e9sentations au Rocher, cette presqu\u2019\u00eele o\u00f9 sont install\u00e9s la pr\u00e9fecture, l\u2019arm\u00e9e, la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re et des habitant\u00b7es privil\u00e9gi\u00e9\u00b7es. Le centre commer\u00e7ant est quant \u00e0 lui nomm\u00e9 \u00abMajicavo-Duba\u00ef\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019un des principaux quartiers commer\u00e7ants de la commune de Mamoudzou. A travers ces pratiques de nomination, les habitant\u00b7es reproduisent et r\u00e9interpr\u00e8tent certaines hi\u00e9rarchies spatiales pr\u00e9sentes dans la soci\u00e9t\u00e9 mahoraise.<\/p>\n<p>La principale exp\u00e9rience partag\u00e9e par les habitant\u00b7es du camp reste toutefois celle de l\u2019attente: attente d\u2019un rendez-vous administratif, d\u2019un enregistrement de demande d\u2019asile, d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019administration ou d\u2019une place d\u2019h\u00e9bergement. Les d\u00e9lais ont consid\u00e9rablement augment\u00e9, notamment suite au passage du cyclone Chido qui a frapp\u00e9 en d\u00e9cembre 2024 et endommag\u00e9 80% du territoire, a caus\u00e9 des milliers de bless\u00e9s et fait officiellement 40 morts.<\/p>\n<p>Pour certains, plusieurs mois peuvent s\u2019\u00e9couler avant m\u00eame l\u2019enregistrement de leur dossier. Cette immobilisation forc\u00e9e transforme profond\u00e9ment le quotidien. Nombre d\u2019hommes rencontr\u00e9s d\u00e9crivent le sentiment de ne plus pouvoir travailler ni soutenir financi\u00e8rement leurs proches rest\u00e9s au pays.<\/p>\n<p>Les journ\u00e9es s\u2019organisent autour de discussions, de matchs de football improvis\u00e9s ou de l\u2019espoir d\u2019avoir des nouvelles susceptibles de d\u00e9bloquer leur situation. L\u2019attente devient ainsi bien davantage qu\u2019une simple cons\u00e9quence administrative: elle structure les relations sociales et les perspectives d\u2019avenir.<\/p>\n<p>Les femmes leadeuses<\/p>\n<p>En dehors des d\u00e9marches administratives, les femmes sont elles aussi confront\u00e9es \u00e0 de longues p\u00e9riodes d\u2019attente. Si la prise en charge quotidienne des enfants structure leur temps, elle ne les soustrait ni \u00e0 l\u2019inactivit\u00e9 impos\u00e9e ni \u00e0 une forte pr\u00e9carit\u00e9. D\u00e9pourvues de statut administratif et expos\u00e9es \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s sp\u00e9cifiques li\u00e9es \u00e0 leur genre, notamment aux risques d\u2019exploitation sexuelle et de prostitution, certaines d\u2019entre elles, identifi\u00e9es comme particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables par des associations de solidarit\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une aide sous forme de bons alimentaires.<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans un contexte mahorais o\u00f9 les femmes ont toujours eu un r\u00f4le important, les leaders du camp sont surtout des \u00ableadeuses\u00bb: elles cr\u00e9ent des associations, souvent en fonction de l\u2019origine et de la langue, et les repr\u00e9sentent au sein du camp comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Ainsi, \u00abm\u00e8re-boss\u00bb telle qu\u2019elle est appel\u00e9e par de multiples r\u00e9sidents du camp, est responsable de la coordination du \u00abforum des femmes\u00bb. Congolaise, r\u00e9cemment arriv\u00e9e, ses comp\u00e9tences, son charisme et son niveau d\u2019\u00e9tude lui ont assur\u00e9 une reconnaissance et un r\u00f4le \u00e0 la fois de repr\u00e9sentation, de m\u00e9diatrice avec les associations ou les journalistes, et de charg\u00e9e de plaidoyer.<\/p>\n<p>Les d\u00e9bats autour du camp ne portent pas uniquement sur l\u2019accueil des exil\u00e9\u00b7es. A mesure que Tsoundzou gagne en visibilit\u00e9, il devient \u00e9galement un objet de controverse politique. Les associations alertent sur les risques sanitaires li\u00e9s \u00e0 la promiscuit\u00e9, \u00e0 l\u2019absence d\u2019\u00e9quipements et aux difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau.<\/p>\n<p>Il est vrai que les conditions de vie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur sont d\u00e9plorables: au rythme de la mar\u00e9e, les habitants vont faire leurs besoins dans la mangrove, et la saison des pluies inonde le lieu, faisant notamment remonter tous les d\u00e9chets. Les personnes malades craignent souvent d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9es par la police et \u00abpaf\u00e9es\u00bb \u2013 selon le terme employ\u00e9 par nos interlocuteurs, d\u00e9riv\u00e9 du sigle PAF (Police aux fronti\u00e8res) \u2013 vers le centre de r\u00e9tention administrative alors qu\u2019elles se rendent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Les difficult\u00e9s \u00e0 financer le trajet en taxi contribuent \u00e9galement \u00e0 retarder leur prise en charge.<\/p>\n<p>Or, certains responsables politiques d\u00e9noncent l\u2019installation durable d\u2019un camp de migrants africains sur le territoire mahorais: les inqui\u00e9tudes sanitaires occupent une place particuli\u00e8re dans ces d\u00e9bats et font l\u2019objet d\u2019instrumentalisations.<\/p>\n<p>Comme souvent dans l\u2019histoire des migrations, les \u00e9pid\u00e9mies r\u00e9elles ou suppos\u00e9es contribuent \u00e0 alimenter des m\u00e9canismes de stigmatisation. Les rumeurs circulant autour de maladies telles qu\u2019Ebola ou le mpox tendent parfois \u00e0 associer certains groupes de migrant\u00b7es \u00e0 un danger sanitaire. Ces discours participent \u00e0 la construction d\u2019une figure du \u00abmigrant africain\u00bb qui tend \u00e0 homog\u00e9n\u00e9iser des populations pourtant tr\u00e8s diverses par leurs parcours, leurs statuts et leurs histoires.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat du cas de Tsoundzou d\u00e9passe largement le seul cadre du camp. Alors que les d\u00e9bats sur l\u2019immigration \u00e0 Mayotte se sont longtemps construits autour de la figure du migrant comorien, les habitant\u00b7es du camp sont aujourd\u2019hui majoritairement originaires d\u2019autres r\u00e9gions. Pour autant, les m\u00e9canismes d\u2019exclusion observ\u00e9s restent souvent similaires.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rences de nationalit\u00e9 ou de trajectoire tendent \u00e0 s\u2019effacer derri\u00e8re une cat\u00e9gorie unique: celle du \u00abmigrant\u00bb. Le camp de Tsoundzou appara\u00eet ainsi comme le r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une transformation plus profonde. Il montre comment Mayotte s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans une g\u00e9ographie migratoire qui d\u00e9passe largement l\u2019archipel des Comores et s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019oc\u00e9an Indien occidental.<\/p>\n<p>A travers ce camp se lisent \u00e9galement les tensions qui traversent aujourd\u2019hui l\u2019\u00eele: entre contr\u00f4le des fronti\u00e8res et droit d\u2019asile, entre imp\u00e9ratifs humanitaires et pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires (le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur ayant r\u00e9agi \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, avant qu\u2019une partie du camp ne soit \u00e9vacu\u00e9e le 17 juillet), entre h\u00e9ritages postcoloniaux et nouvelles formes de mobilit\u00e9. Autant de questions qui d\u00e9passent largement le cas mahorais et concernent les transformations contemporaines des migrations \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Lorsque l\u2019on \u00e9voque les migrations \u00e0 Mayotte, 101e d\u00e9partement fran\u00e7ais situ\u00e9 dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, les regards se tournent&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":243132,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[5],"tags":[40,2109,41,42],"class_list":["post-243131","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-international","tag-international","tag-mayotte","tag-world","tag-world-news"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/117027235857325826","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/243131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=243131"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/243131\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/243132"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=243131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=243131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=243131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}