{"id":244517,"date":"2026-08-03T17:55:07","date_gmt":"2026-08-03T17:55:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/244517\/"},"modified":"2026-08-03T17:55:07","modified_gmt":"2026-08-03T17:55:07","slug":"the-cure-le-groupe-prefere-de-vos-artistes-preferes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/244517\/","title":{"rendered":"The Cure, le groupe pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de vos artistes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Trois incontournables de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise reviennent sur leur d\u00e9couverte d\u2019un groupe qui va devenir une in\u00e9puisable source d\u2019inspiration.<\/p>\n<p>                                The Head on the Door\u00a0par Jehnny Beth<\/p>\n<p>\u201cJe l\u2019ai d\u00e9couvert tr\u00e8s jeune. Je ne comprenais ni\u00a0la pochette ni\u00a0toutes les paroles. Je ne savais m\u00eame pas qui \u00e9tait Robert Smith\u2009! Je n\u2019avais vu aucune vid\u00e9o \u2013\u00a0c\u2019\u00e9tait avant internet\u2026 Et\u00a0pourtant, il y avait quelque chose dans le son de cet album qui semblait me parler, \u00e0 moi, gamine de 13 ans grandissant dans une ville fran\u00e7aise sans histoire. C\u2019\u00e9tait m\u00e9lancolique et\u00a0en m\u00eame temps plein de joie, pas juste la\u00a0musique mais aussi la\u00a0voix \u2013\u00a0tant d\u2019\u00e9motions et de promesses dans cette voix\u2026 Alors, je\u00a0fredonnais les m\u00e9lodies.<\/p>\n<p>Et puis, mis \u00e0 part le l\u00e9gendaire Close to Me et\u00a0l\u2019introduction inoubliable d\u2019In Between Days, il\u00a0y avait A Night like This, le morceau qui faisait bouillir le sang en moi, me donnant envie de pleurer et de danser tout \u00e0 la fois, qui parlait du \u201cyou\u201d, cet Autre qu\u2019on aurait un jour la chance de rencontrer, avec qui on vivrait tout un tas d\u2019histoires, qui allait offrir la promesse d\u2019un avenir plein de vie.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de mes 8 ans, et pendant des ann\u00e9es, je n\u2019ai eu qu\u2019un seul souhait\u00a0: faire de la musique. The Head on the Door, c\u2019est\u00a0la\u00a0bande-son parfaite de ma jeunesse, empreinte de doute et d\u2019attente, celle qui a imprim\u00e9 en moi l\u2019envie de r\u00e9aliser ce\u00a0v\u0153u si cher, qui remplissait toutes les pages de mes carnets. La\u00a0musique est devenue tr\u00e8s t\u00f4t une obsession parce qu\u2019elle embellissait tout, et que la vie semblait si plate quand on\u00a0enlevait les \u00e9couteurs du Walkman. R\u00e9\u00e9couter cet album aujourd\u2019hui, c\u2019est me refaire cette promesse encore et encore, parce que l\u2019\u00e9motion, quand elle est vraie, ne prend jamais une ride.\u201d<\/p>\n<p>Faith\u00a0et Pornography\u00a0par Dominique A<\/p>\n<p>\u201c\u00c0 quoi ressemble un grand disque\u00a0? \u00c0 rien. \u00c0 la limite, Pornography peut sonner \u00e7\u00e0 et l\u00e0 comme du Killing Joke \u2013 ce n\u2019est pas forc\u00e9ment un compliment\u2026 Mais l\u2019album d\u2019avant, Faith\u00a0? \u00c0 rien, \u00e7a ne ressemble \u00e0 rien. Personne n\u2019a vraiment eu envie, ou m\u00eame l\u2019id\u00e9e, de s\u2019en inspirer. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a aussi, un grand album\u00a0: quelque chose qui dissuade.<\/p>\n<p>J\u2019avais 14 ans, et j\u2019\u00e9tais abonn\u00e9 au club Dial. C\u2019\u00e9tait une soci\u00e9t\u00e9 de vente de disques par correspondance\u00a0: pour 15\u00a0francs (2,50\u00a0euros environ), vous pouviez commander trois disques, et si vous les gardiez (qui les retournait\u00a0?), vous vous engagiez \u00e0 acheter six albums dans l\u2019ann\u00e9e\u00a0parmi la s\u00e9lection. All\u00e9ch\u00e9 par Dynasty (Kiss), Duke (Genesis) et Flesh and Blood (Roxy Music), je m\u2019\u00e9tais abonn\u00e9.<\/p>\n<p>Je ne connaissais presque rien, donc je choisissais au hasard, influenc\u00e9 par des chroniques de\u00a0Rock &amp; Folk. J\u2019y avais glan\u00e9 quelques articles laudateurs et intrigants sur The Cure, aussi. Alors, quand le club a propos\u00e9 dans sa s\u00e9lection rock Faith et Pornography, je me suis lanc\u00e9\u00a0: j\u2019ai pris les deux (c\u2019\u00e9tait le m\u00eame prix). Je ne me souviens pas du moment o\u00f9 le diamant s\u2019est pos\u00e9 sur la platine. Mais je sais que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 conquis, imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>Pornography \u00e9tait rouge sang, et j\u2019aimais sa pesanteur, son nihilisme martial, mais pas autant que la grisaille liturgique de Faith, ses synth\u00e9s fuyants, sa basse cotonneuse, son chant honteux. La brume de Seventeen Seconds, je me le dirais par la suite, trouvait l\u00e0 son accomplissement. Plus que tout, j\u2019affectionnais la plage 4, All Cats Are Grey, sa m\u00e9lodie \u00e9th\u00e9r\u00e9e se diluant dans un timide chant d\u2019enfance. Ce romantisme sans flamme.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait ma vie, et \u00e7a r\u00e9pondait aux lieux o\u00f9 je vivais. J\u2019ai souscrit au Cure pop des ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s, aux belles rengaines de Let\u2019s Go to Bed, d\u2019In Between Days, de Just like Heaven ou de Lovesong. Mais c\u2019\u00e9tait sans commune mesure avec les \u00e9mois de Faith.<\/p>\n<p>Bien plus tard, j\u2019ai jou\u00e9 \u00e0 un festival\u00a0o\u00f9 The Cure \u00e9tait programm\u00e9\u00a0: nous nous produisions sur une petite sc\u00e8ne, et ils encha\u00eenaient sur la grande sc\u00e8ne juste apr\u00e8s. Un ami m\u2019a rapport\u00e9 en riant que Robert Smith \u00e9tait dans le public et qu\u2019il n\u2019avait pas aim\u00e9 ce qu\u2019il avait vu de nous. J\u2019ai senti mon c\u0153ur se briser.<\/p>\n<p>J\u2019ai ignor\u00e9 tout \u00e7a et, juste apr\u00e8s notre concert, je suis moi-m\u00eame all\u00e9 me poster au c\u0153ur de la foule, face \u00e0 eux\u00a0pour la premi\u00e8re fois de ma vie\u00a0: ils ont jou\u00e9 les chansons les plus inattendues, port\u00e9es par une voix intacte\u00a0: The Hanging Garden et One Hundred Years, de Pornography. Mais, ce soir-l\u00e0, aucun morceau de Faith.\u201d<\/p>\n<p>Seventeen Seconds\u00a0par Miossec<\/p>\n<p>\u201cAussi dingue que cela puisse para\u00eetre, The Cure, en ce soir\u00a0d\u2019octobre\u00a01980, joue \u00e0 Quimper. Le petit\u00a0th\u00e9\u00e2tre municipal \u00e0 l\u2019architecture \u00e0 l\u2019italienne compte 200 places\u00a0et accueille 170\u00a0spectateurs\u00a0\u00e0 peine\u00a0ce soir-l\u00e0. Je vais avoir 16 ans, Robert Smith en a 21. Nous sommes venus en Peugeot\u00a0204 avec Printemps Noir, mon groupe, et une d\u00e9l\u00e9gation brestoise aux cheveux courts \u2013 ce qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, vaut un long discours.<\/p>\n<p>Dans cette France qui \u00e9coute\u00a0en boucle Supertramp, cette sensation de faire partie d\u2019une minorit\u00e9 est follement excitante. Les troupeaux de corbeaux n\u2019existent pas encore. Le concert est monstrueux, la claque absolue. C\u2019est nerveux, c\u2019est psych\u00e9d\u00e9lique, l\u2019album Seventeen Seconds nous tombe dessus. On n\u2019avait jamais senti, de toute notre vie, ce go\u00fbt-l\u00e0.\u00a0En premi\u00e8re partie, les compatriotes brestois d\u2019UV Jets, jeunes gens modernes entre le Velvet et Bowie, se sont fait saborder le son par\u00a0les Anglais, comme c\u2019\u00e9tait l\u2019usage \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Deux ans pile poil auparavant, octobre\u00a01978, c\u2019\u00e9tait les membres de The Cure qui faisaient eux-m\u00eames la premi\u00e8re partie de Wire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 du Kent. Robert Smith, de son propre aveu, est \u201chorrifi\u00e9\u201d, et Lol Tolhurst, le batteur, expliquera que c\u2019est apr\u00e8s ce concert-l\u00e0 que The Cure a vraiment commenc\u00e9 \u00e0 exister. Attitude, fa\u00e7on de composer brute et simple.<\/p>\n<p>Sans Chairs Missing, pas de The Cure.\u00a0L\u2019impression que je garde de cette \u00e9poque est celle d\u2019un enthousiasme et d\u2019une na\u00efvet\u00e9 incroyables. Sur les cendres du punk, l\u2019\u00e9poque \u00e9tait follement cr\u00e9ative. Ce concert de The Cure va botter le cul de Printemps Noir. On va r\u00e9p\u00e9ter comme des fous pour gagner\u00a0nos trois quarts d\u2019heure de gloire en jouant aux Trans Musicales de Rennes qui se limitent \u00e0 la Salle de la Cit\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s, The Cure sort Faith (1981), et je d\u00e9croche. Talking Heads a sorti Remain in Light (1980). Pourtant, je garderai toujours de la sympathie pour\u00a0ce Robert Smith, toujours capable de sortir des pop songs fulgurantes. Et puis, des ann\u00e9es plus tard, l\u2019album Boire gardera de ces ann\u00e9es-l\u00e0 la m\u00eame id\u00e9e\u00a0: celle de faire sa propre musique. C\u2019\u00e9tait l\u2019un des fondements de ce mouvement au nom d\u00e9finitivement horrible, la new wave.\u201d<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Trois incontournables de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise reviennent sur leur d\u00e9couverte d\u2019un groupe qui va devenir une in\u00e9puisable source&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":244518,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[15],"tags":[7637,158,157,113,112,159,23,17387],"class_list":["post-244517","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-people","tag-cafeyn","tag-celebrities","tag-celebrity","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-people","tag-suisse","tag-the-cure"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/117032866691474810","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/244517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=244517"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/244517\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/244518"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=244517"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=244517"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=244517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}