{"id":281934,"date":"2026-08-29T11:34:15","date_gmt":"2026-08-29T11:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/281934\/"},"modified":"2026-08-29T11:34:15","modified_gmt":"2026-08-29T11:34:15","slug":"moustiques-chaque-espece-a-ses-proies-preferees-et-ce-nest-jamais-la-meme-personne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/281934\/","title":{"rendered":"Moustiques : chaque esp\u00e8ce a ses proies pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es, et ce n&rsquo;est jamais la m\u00eame personne"},"content":{"rendered":"<p>Personne n\u2019est \u00e9galement app\u00e9tissant pour tous les moustiques. <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S2589004226023849?via%3Dihub\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">C\u2019est le r\u00e9sultat le plus net d\u2019un travail publi\u00e9 le 21 ao\u00fbt dans la revue\u00a0iScience\u00a0par une \u00e9quipe de la Florida International University,<\/a> associ\u00e9e \u00e0 des chercheurs suisses, qui a soumis 119 volontaires de Miami \u00e0 3 esp\u00e8ces vectrices diff\u00e9rentes. Aucun participant ne s\u2019est retrouv\u00e9 dans le groupe des plus attractifs pour les 3 esp\u00e8ces \u00e0 la fois. Aucun ne s\u2019est retrouv\u00e9 non plus dans le groupe des moins attractifs pour les 3.<\/p>\n<p>Le protocole tient de l\u2019entonnoir olfactif. Chaque volontaire glissait son avant-bras gauche dans un tube de plexiglas de 75 centim\u00e8tres au bout duquel 30 femelles \u00e9taient rel\u00e2ch\u00e9es, pendant 8 minutes, \u00e0 3 reprises par esp\u00e8ce. Les participants avaient re\u00e7u consigne de ne pas se doucher la veille et de ne porter ni d\u00e9odorant ni parfum. Pour la troisi\u00e8me esp\u00e8ce, active la nuit, l\u2019odeur avait \u00e9t\u00e9 pi\u00e9g\u00e9e sur des bas de nylon port\u00e9s 12 \u00e0 16 heures, puis test\u00e9e sous un \u00e9clairage reproduisant celui de la pleine lune.<\/p>\n<p>89 %, 43 %, 27 %<\/p>\n<p>Les 3 esp\u00e8ces ne mordent pas avec la m\u00eame avidit\u00e9.\u00a0Aedes aegypti, vecteur de la dengue, de la fi\u00e8vre jaune, du Zika et du chikungunya, affiche un taux moyen d\u2019attraction de 89 % \u2014 c\u2019est l\u2019esp\u00e8ce la plus strictement inf\u00e9od\u00e9e \u00e0 l\u2019homme.\u00a0Culex quinquefasciatus, qui transmet le virus du Nil occidental, tourne \u00e0 43 %. Le moustique tigre,\u00a0Aedes albopictus, ferme la marche \u00e0 27 %, ce qui correspond \u00e0 son comportement opportuniste : il pique volontiers d\u2019autres animaux.<\/p>\n<p>Aedes aegypti\u00a0s\u2019est montr\u00e9 tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement plus attir\u00e9 par les hommes que par les femmes, avec un \u00e9cart faible mais statistiquement significatif. Les 2 autres esp\u00e8ces n\u2019ont fait aucune diff\u00e9rence entre les sexes.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n<p>Surtout, les classements ne se recoupent pas. Un volontaire tr\u00e8s recherch\u00e9 par\u00a0Aedes aegypti\u00a0pouvait \u00eatre ignor\u00e9 par le moustique tigre. La corr\u00e9lation entre les 2 esp\u00e8ces d\u2019Aedes\u00a0reste faible, et elle devient quasi nulle d\u00e8s qu\u2019on compare l\u2019un ou l\u2019autre au\u00a0Culex. Chacune a manifestement d\u00e9velopp\u00e9 sa propre m\u00e9thode pour rep\u00e9rer un humain.<\/p>\n<p>Ce que fabriquent les bact\u00e9ries de la peau<\/p>\n<p>L\u2019odeur humaine est un objet chimique redoutablement complexe : plus de 1 000 compos\u00e9s volatils, dont la fonction reste inconnue pour la plupart. Et cette odeur n\u2019est pas produite par la peau seule. Les s\u00e9cr\u00e9tions cutan\u00e9es \u2014 sueur, s\u00e9bum \u2014 sont pour l\u2019essentiel inodores ; ce sont les bact\u00e9ries qui les d\u00e9gradent et lib\u00e8rent les mol\u00e9cules que les moustiques suivent.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe a s\u00e9quenc\u00e9 le microbiote de l\u2019avant-bras de chaque volontaire et identifi\u00e9 246 groupes bact\u00e9riens diff\u00e9rents. Sur ces 246, une seule esp\u00e8ce \u00e9tait pr\u00e9sente chez la totalit\u00e9 des participants. Autant dire que la signature odorante de chacun est pratiquement unique.<\/p>\n<p>Les staphylocoques ressortent du c\u00f4t\u00e9 des volontaires les plus piqu\u00e9s par\u00a0Aedes aegypti. \u00c0 l\u2019inverse, plusieurs bact\u00e9ries du genre\u00a0Pseudomonas\u00a0sont surrepr\u00e9sent\u00e9es chez les moins attractifs, ce qui rejoint des travaux ant\u00e9rieurs sur les vecteurs du paludisme. Trois bact\u00e9ries se retrouvent chez tous les fortement attractifs, toutes esp\u00e8ces confondues, et pourraient constituer un signal g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab proie disponible \u00bb.<\/p>\n<p>Le moustique tigre suit une autre piste<\/p>\n<p>Le d\u00e9tail le plus utile pour l\u2019Europe de l\u2019Ouest concerne pr\u00e9cis\u00e9ment\u00a0Aedes albopictus. Pour\u00a0Aedes aegypti\u00a0et pour le\u00a0Culex, l\u2019attractivit\u00e9 semble tenir surtout \u00e0 l\u2019absence de certaines mol\u00e9cules r\u00e9pulsives sur la peau. Le moustique tigre, lui, fonctionne \u00e0 l\u2019inverse : il est attir\u00e9 par la pr\u00e9sence de compos\u00e9s d\u00e9termin\u00e9s, 13 au total, dont beaucoup \u00e9voquent les odeurs v\u00e9g\u00e9tales \u2014 celles des fruits, des fleurs, des feuilles. Notre peau en \u00e9met des traces, sous l\u2019effet de l\u2019alimentation, du m\u00e9tabolisme et des bact\u00e9ries.<\/p>\n<p>La cons\u00e9quence est industrielle autant que scientifique. Un r\u00e9pulsif con\u00e7u \u00e0 partir du profil olfactif d\u2019Aedes aegypti\u00a0n\u2019a aucune raison d\u2019\u00eatre aussi efficace sur une esp\u00e8ce qui ne cherche pas les m\u00eames signaux. Les auteurs plaident pour des produits cibl\u00e9s, adapt\u00e9s aux esp\u00e8ces r\u00e9ellement pr\u00e9sentes dans une zone donn\u00e9e. Le financement du travail vient d\u2019ailleurs pour partie de la DARPA, l\u2019agence de recherche du Pentagone, et des Centres am\u00e9ricains de contr\u00f4le des maladies.<\/p>\n<p>4 communes bretonnes colonis\u00e9es fin 2025<\/p>\n<p>La question n\u2019est plus th\u00e9orique en Bretagne. Au 1er janvier 2026, l\u2019ANSES recensait 81 d\u00e9partements m\u00e9tropolitains colonis\u00e9s par le moustique tigre, contre un seul en 2004. L\u2019insecte est apparu dans la p\u00e9ninsule en 2022, \u00e0 Domagn\u00e9, \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de Rennes. Fin 2025, l\u2019ARS Bretagne comptait 4 communes colonis\u00e9es r\u00e9parties sur 2 d\u00e9partements, dont 3 en Ille-et-Vilaine : Domagn\u00e9, Rennes et Ch\u00e2teaugiron. La Loire-Atlantique est concern\u00e9e depuis plus longtemps. La pointe occidentale reste pour l\u2019instant \u00e0 l\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p>Une commune est d\u00e9clar\u00e9e colonis\u00e9e selon des crit\u00e8res pr\u00e9cis : des \u0153ufs relev\u00e9s sur 3 passages successifs d\u2019un m\u00eame pi\u00e8ge pondoir, ou des larves et adultes trouv\u00e9s \u00e0 plus de 150 m\u00e8tres d\u2019un signalement, ou 2 pi\u00e8ges positifs distants de plus de 500 m\u00e8tres. La surveillance, confi\u00e9e \u00e0 un op\u00e9rateur priv\u00e9 par l\u2019agence r\u00e9gionale, s\u2019exerce du 1er mai au 31 octobre.<\/p>\n<p>Une pr\u00e9cision s\u2019impose sur la troisi\u00e8me esp\u00e8ce \u00e9tudi\u00e9e :\u00a0Culex quinquefasciatus\u00a0n\u2019est pas pr\u00e9sent en France m\u00e9tropolitaine. C\u2019est son proche parent\u00a0Culex pipiens, le moustique commun, qui joue ici le r\u00f4le de vecteur potentiel du virus du Nil occidental.<\/p>\n<p>Les limites du protocole<\/p>\n<p>Les auteurs les exposent eux-m\u00eames. Le dispositif mesure l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019un individu isol\u00e9, pas la fa\u00e7on dont un moustique choisirait entre plusieurs personnes pr\u00e9sentes dans une m\u00eame pi\u00e8ce. Les bas de nylon utilis\u00e9s pour le\u00a0Culex\u00a0approchent l\u2019odeur d\u2019un bras vivant sans la reproduire exactement. Enfin, l\u2019\u00e9chantillon est trop restreint pour tirer la moindre conclusion sur d\u2019\u00e9ventuelles diff\u00e9rences li\u00e9es \u00e0 l\u2019origine des participants, et l\u2019\u00e9quipe le dit explicitement.<\/p>\n<p>En attendant des r\u00e9pulsifs sp\u00e9cialis\u00e9s, les recommandations restent classiques : produits homologu\u00e9s \u00e0 base de DEET, d\u2019icaridine, d\u2019IR3535 ou d\u2019huile d\u2019eucalyptus citronn\u00e9, v\u00eatements couvrants, et surtout \u00e9limination des eaux stagnantes autour de l\u2019habitation \u2014 soucoupes de pots, goutti\u00e8res, bidons, jouets oubli\u00e9s dans le jardin. Le moustique tigre se d\u00e9place peu : celui qui pique dans un jardin est presque toujours n\u00e9 dans ce jardin.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude est en acc\u00e8s libre sur le site d\u2019iScience.<\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photo : DR (photo d\u2019illustration)<br \/>[cc] Article r\u00e9dig\u00e9 par la r\u00e9daction de breizh-info.com et relu et corrig\u00e9 (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, d\u00e9p\u00eaches libres de copie et de diffusion sous r\u00e9serve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d\u2019origine.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Personne n\u2019est \u00e9galement app\u00e9tissant pour tous les moustiques. 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