{"id":296541,"date":"2026-09-07T23:46:18","date_gmt":"2026-09-07T23:46:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/296541\/"},"modified":"2026-09-07T23:46:18","modified_gmt":"2026-09-07T23:46:18","slug":"les-entrepreneurs-disposent-de-davantage-de-leviers-quils-ne-limaginent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/296541\/","title":{"rendered":"Les entrepreneurs disposent de davantage de leviers qu&rsquo;ils ne l\u2019imaginent"},"content":{"rendered":"<p>\n    \u00abLe cr\u00e9dit priv\u00e9 compl\u00e8te d\u00e9sormais le financement bancaire traditionnel\u00bb, selon Sandrine Tran-Roithner de BIL Suisse.\n  <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Sandrine_Tran_Roithner_RS.jpg\" data-entity-uuid=\"2d857a24-a12a-4c63-96e5-d631f0646d1b\" data-entity-type=\"file\" width=\"800\" height=\"600\"\/>\n<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les patrimoines entrepreneuriaux sont devenus plus importants, mais aussi plus complexes et souvent moins liquides. Face \u00e0 des besoins croissants de flexibilit\u00e9, les solutions bancaires traditionnelles ne r\u00e9pondent plus toujours aux attentes des entrepreneurs et des familles actionnaires. Sandrine Tran-Roithner, Managing Director au sein de l\u2019\u00e9quipe Global Advisory de BIL Suisse, explique comment le cr\u00e9dit priv\u00e9 et les financements structur\u00e9s permettent aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9largir les possibilit\u00e9s de financement, tout en revenant sur les perspectives d\u2019un march\u00e9 encore relativement m\u00e9connu en Suisse.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Le march\u00e9 suisse de la dette priv\u00e9e est-il expos\u00e9 aux m\u00eames vuln\u00e9rabilit\u00e9s que le march\u00e9 mondial?<\/p>\n<p>Les tensions actuelles dans la dette priv\u00e9e sont avant tout un ph\u00e9nom\u00e8ne am\u00e9ricain. Elles concernent essentiellement les grands fonds ayant accumul\u00e9 une forte exposition \u00e0 des entreprises fortement endett\u00e9es, notamment dans la technologie et les logiciels. En Europe et en Suisse, le march\u00e9 est plus petit, moins concentr\u00e9, et les standards de cr\u00e9dit sont rest\u00e9s plus disciplin\u00e9s. Les risques existent partout, mais ils me semblent aujourd\u2019hui davantage relever de la s\u00e9lection des g\u00e9rants et des actifs que d\u2019un risque syst\u00e9mique pour le march\u00e9 suisse.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Comment les besoins des entrepreneurs et des familles actionnaires ont-ils \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es?<\/p>\n<p>Historiquement, le patrimoine des entrepreneurs et des familles actionnaires \u00e9tait largement concentr\u00e9 dans leur entreprise op\u00e9rationnelle. Aujourd\u2019hui, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de cr\u00e9ation de valeur, il est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9parti entre plusieurs classes d\u2019actifs, telles que les entreprises, l\u2019immobilier, les participations financi\u00e8res, les investissements priv\u00e9s. Mais paradoxalement, ils restent concentr\u00e9s sur des actifs peu mon\u00e9tisables \u00e0 court terme.<\/p>\n<p>Dans un environnement de march\u00e9 incertain et en constante \u00e9volution, les entrepreneurs et les familles actionnaires recherchent plus que jamais de la flexibilit\u00e9. Ils souhaitent pouvoir saisir rapidement une opportunit\u00e9 d\u2019acquisition, financer un nouveau projet, pr\u00e9parer une transmission ou encore diversifier davantage leur patrimoine.<\/p>\n<p class=\"exerge\">\u00abNous observons un vide sur certains segments du march\u00e9 du financement, en particulier pour les entreprises de taille interm\u00e9diaire avec un certain niveau de complexit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Or, les solutions bancaires traditionnelles ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues pour r\u00e9pondre \u00e0 des besoins relativement standardis\u00e9s, alors que les patrimoines entrepreneuriaux sont devenus beaucoup plus complexes, diversifi\u00e9s et souvent internationaux. C\u2019est dans cette logique que BIL Suisse a lanc\u00e9 l\u2019activit\u00e9 Global Advisory il y a cinq ans, en compl\u00e9ment de son expertise patrimoniale, afin de proposer \u00e9galement des solutions de financement et de conseil sur les sujets professionnels des clients.<\/p>\n<p>Notre positionnement est assez unique, dans la mesure o\u00f9 nous sommes capables d\u2019accompagner nos clients \u00e0 la fois sur leurs enjeux patrimoniaux priv\u00e9s et sur leurs enjeux professionnels, avec une vision globale de leur situation. Peu d\u2019acteurs offrent aujourd\u2019hui cette double expertise au sein d\u2019une m\u00eame banque.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">La disparition de Cr\u00e9dit Suisse a-t-elle acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 cette \u00e9volution?<\/p>\n<p>La r\u00e9flexion pr\u00e9c\u00e9dait cet \u00e9v\u00e9nement, mais la disparition de Cr\u00e9dit Suisse a clairement renforc\u00e9 le besoin. Depuis, nous observons un vide sur certains segments du march\u00e9 du financement, en particulier pour les entreprises de taille interm\u00e9diaire pr\u00e9sentant un certain niveau de complexit\u00e9. Une complexit\u00e9 qui peut prendre diff\u00e9rentes formes: structures de d\u00e9tention multiples, filiales \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, op\u00e9ration de croissance externe, rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, etc. Aujourd\u2019hui, de nombreux acteurs se sp\u00e9cialisent soit sur les tr\u00e8s grands groupes, soit sur des financements plus standardis\u00e9s. Nous comblons ce segment.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Vous affirmez que les entrepreneurs disposent souvent de davantage de leviers financiers qu\u2019ils ne l\u2019imaginent. Pourquoi?<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 des solutions de financement sur mesure, il est possible de transformer un patrimoine parfois illiquide en un v\u00e9ritable levier strat\u00e9gique. Ces solutions permettent de lib\u00e9rer du capital tout en conservant le contr\u00f4le des actifs et en continuant \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de leur potentiel de cr\u00e9ation de valeur.<\/p>\n<p>Prenons l&rsquo;exemple d&rsquo;un portefeuille d&rsquo;investissements non cot\u00e9s. L\u00e0 o\u00f9 certains acteurs peuvent s\u2019arr\u00eater \u00e0 la nature illiquide des actifs ou \u00e0 une diversification jug\u00e9e insuffisante, nous cherchons \u00e0 comprendre en profondeur la qualit\u00e9 du portefeuille, ses moteurs de cr\u00e9ation de valeur et ses perspectives de liquidit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que se situe la diff\u00e9rence. L\u00e0 o\u00f9 une approche standard conduit parfois \u00e0 conclure qu\u2019une solution n\u2019est pas possible, nous cherchons \u00e0 comprendre comment la structurer de mani\u00e8re robuste et prudente, et en nous assurant qu\u2019elle puisse traverser diff\u00e9rents sc\u00e9narios de march\u00e9.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas n\u00e9cessairement prendre davantage de risques. Au contraire, notre r\u00f4le consiste \u00e0 construire une structure qui permette de ma\u00eetriser le risque de mani\u00e8re intelligente. Selon les situations, nous pouvons aussi mettre en place des m\u00e9canismes compl\u00e9mentaires, tels que des r\u00e9serves de liquidit\u00e9, des nantissements sur comptes bancaires ou d\u2019autres formes de garanties afin de renforcer la r\u00e9silience de la structure.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Quel r\u00f4le le cr\u00e9dit priv\u00e9 joue-t-il aujourd&rsquo;hui dans le financement des entrepreneurs?<\/p>\n<p>Notre particularit\u00e9 est d\u2019intervenir de deux mani\u00e8res compl\u00e9mentaires. D\u2019une part, soit en proposant des solutions de financement \u00e0 partir du bilan de la banque, d\u00e8s lors que cela s\u2019inscrit dans l\u2019app\u00e9tit de risque de la banque et dans une relation de long terme avec l\u2019entrepreneur ou la famille. D\u2019autre part, soit en accompagnant nos clients dans la structuration et la mise en place de financements aupr\u00e8s d\u2019investisseurs tiers, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019investisseurs institutionnels, de fonds de dette priv\u00e9e, de solutions hybrides ou d\u2019op\u00e9rations plus larges de lev\u00e9e de capitaux. Nous partons avant tout du besoin et de l\u2019objectif du client pour identifier la solution la plus adapt\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"exerge\">\u00abIl faut d\u2019abord rappeler que les covenants ne sont pas n\u00e9cessairement une contrainte en soi.\u00bb<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Pouvez-vous illustrer cette approche par un exemple concret?<\/p>\n<p>Nous avons par exemple accompagn\u00e9 un investisseur-entrepreneur dans le cadre de l\u2019acquisition d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 genevoise. Son objectif \u00e9tait de r\u00e9aliser la transaction en mobilisant le moins de fonds propres possible. L\u00e0 o\u00f9 une structure bancaire traditionnelle aurait n\u00e9cessit\u00e9 environ 50% de fonds propres, nous l\u2019avons accompagn\u00e9 dans la mise en place d\u2019une solution de dette priv\u00e9e qui lui a permis de ramener cette contribution \u00e0 25%.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Mais comment concilier davantage de flexibilit\u00e9 avec une gestion prudente du risque?<\/p>\n<p>Je pense qu\u2019il faut d\u2019abord rappeler que les covenants ne sont pas n\u00e9cessairement une contrainte en soi. Lorsqu\u2019ils sont bien d\u00e9finis, ils constituent au contraire un outil de pilotage utile, tant pour l\u2019entreprise que pour ses financeurs. Ils permettent de suivre l\u2019\u00e9volution de la performance et d\u2019identifier suffisamment t\u00f4t d\u2019\u00e9ventuelles tensions op\u00e9rationnelles ou financi\u00e8res, afin de pouvoir les anticiper et mettre en place des solutions avant qu&rsquo;elles ne se transforment en v\u00e9ritable probl\u00e8me de liquidit\u00e9. L\u2019important est qu\u2019ils soient adapt\u00e9s au mod\u00e8le \u00e9conomique de l\u2019entreprise, \u00e0 sa strat\u00e9gie et \u00e0 son plan d\u2019affaires, avec des niveaux qui laissent une marge de man\u0153uvre ad\u00e9quate au management. D\u2019o\u00f9 l&rsquo;importance de l\u2019\u00e9coute et du dialogue avec nos clients.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 votre question sur les structures plus flexibles, nous sommes capables d\u2019apporter des solutions plus flexibles gr\u00e2ce \u00e0 notre offre de conseil et notre capacit\u00e9 de structuration. Nous sommes d\u2019ailleurs totalement agnostiques du point de vue de l\u2019instrument de dette, lorsque nous intervenons en tant que conseil.<\/p>\n<p class=\"exerge\">\u00abDe leur c\u00f4t\u00e9, les investisseurs institutionnels appr\u00e9cient souvent l\u2019interm\u00e9diation d\u2019un conseil.\u00bb<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Les fonds de dette priv\u00e9e sont-ils devenus des partenaires naturels des banques?<\/p>\n<p>Nous les consid\u00e9rons clairement comme des partenaires et c\u2019est r\u00e9ciproque. Le march\u00e9 du financement est devenu beaucoup plus diversifi\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es et les fonds de dette priv\u00e9e occupent d\u00e9sormais une place importante aux c\u00f4t\u00e9s des banques traditionnelles. Ils permettent \u00e9galement aux emprunteurs de diversifier leur base de pr\u00eateurs et d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des structures de financement parfois plus flexibles, notamment en termes de maturit\u00e9 ou de profil de remboursement.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les investisseurs institutionnels appr\u00e9cient souvent l\u2019interm\u00e9diation d\u2019un conseil. Ils re\u00e7oivent un nombre important d\u2019opportunit\u00e9s et appr\u00e9cient donc le travail de pr\u00e9paration en amont r\u00e9alis\u00e9 par ce dernier. Je dis souvent \u00e0 nos clients qu\u2019une bonne pr\u00e9paration est essentielle \u00e0 la r\u00e9ussite d\u2019un financement. Il faut anticiper les attentes des pr\u00eateurs, pr\u00e9senter une information claire, compl\u00e8te et coh\u00e9rente, et faire preuve de transparence. C\u2019est ce qui permet de mettre en place la structure la plus adapt\u00e9e et d\u2019obtenir les meilleures conditions.<\/p>\n<p class=\"itw-question\">Le NAV financing est-il en train de changer d\u2019\u00e9chelle?<\/p>\n<p>Le NAV financing est effectivement un march\u00e9 en forte croissance depuis 2021-2022. Son essor s\u2019explique principalement par le ralentissement des sorties dans le private equity, la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et les besoins accrus de liquidit\u00e9 des fonds. N\u00e9anmoins, il reste surtout concentr\u00e9 aux Etats-Unis et demeure encore modeste \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des march\u00e9s priv\u00e9s. Le march\u00e9 est estim\u00e9 \u00e0 environ 100 milliards de dollars au niveau mondial, soit \u00e0 peine 1% des quelque 10&rsquo;000 milliards de dollars d\u2019actifs sous gestion du private equity mondial et environ 5% du march\u00e9 mondial de la dette priv\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme la dette priv\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, employ\u00e9 avec discipline, transparence et des niveaux de levier raisonnables, le NAV financing peut cr\u00e9er de la valeur et apporter une flexibilit\u00e9 utile aux gestionnaires. Je pense qu\u2019il devrait continuer \u00e0 se d\u00e9velopper dans les prochaines ann\u00e9es, \u00e0 mesure que les march\u00e9s priv\u00e9s se sophistiquent et que les besoins en solutions de financement alternatives augmentent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00abLe cr\u00e9dit priv\u00e9 compl\u00e8te d\u00e9sormais le financement bancaire traditionnel\u00bb, selon Sandrine Tran-Roithner de BIL Suisse. \u00a0 Les patrimoines&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":296542,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[6],"tags":[45,44,43,23],"class_list":["post-296541","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-economie","tag-business","tag-economie","tag-economy","tag-suisse"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/117232427933806365","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296541","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=296541"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296541\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/296542"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=296541"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=296541"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=296541"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}