{"id":297724,"date":"2026-09-08T16:24:24","date_gmt":"2026-09-08T16:24:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/297724\/"},"modified":"2026-09-08T16:24:24","modified_gmt":"2026-09-08T16:24:24","slug":"2-bonnes-raisons-de-voir-terreur-aveugle-ce-soir-sur-arte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/297724\/","title":{"rendered":"2 bonnes raisons de voir Terreur Aveugle ce soir sur Arte"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tTerreur Aveugle ce soir sur Arte : ce qu\u2019il faut savoir avant de s\u2019installer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce soir, Arte diffuse Terreur Aveugle \u00e0 20h55, pour une dur\u00e9e d\u2019une heure vingt-cinq. Le film est propos\u00e9 en version fran\u00e7aise et en version originale sous-titr\u00e9e, ce qui laisse le choix selon l\u2019humeur du moment. Cette rediffusion est programm\u00e9e le 7 septembre 2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re ce titre se cache un thriller britannique de 1971, sign\u00e9 Richard Fleischer. Le cin\u00e9aste n\u2019\u00e9tait pas un inconnu : \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il venait d\u2019encha\u00eener L\u2019\u00c9trangleur de Boston et L\u2019\u00c9trangleur de Rillington Place, deux films qui avaient solidement \u00e9tabli sa r\u00e9putation dans le registre du crime. Terreur Aveugle, connu en version originale sous le titre See No Evil, prolonge cette veine tout en prenant un parti formel assez radical.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mia Farrow tient le r\u00f4le principal. Elle joue Sarah, une jeune femme qui perd la vue \u00e0 la suite d\u2019un accident de cheval et part se remettre dans le cottage de son oncle et de sa tante, quelque part dans la campagne anglaise. La vie reprend doucement, un \u00e9leveur du nom de Steve r\u00e9appara\u00eet dans son quotidien, et puis un homme r\u00f4de. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qu\u2019il faut savoir avant d\u2019appuyer sur la t\u00e9l\u00e9commande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui retient l\u2019attention, c\u2019est la fa\u00e7on dont Fleischer construit son film autour d\u2019un handicap : le tueur n\u2019a ni nom ni visage visible pendant presque toute la dur\u00e9e du r\u00e9cit. Le spectateur, comme Sarah, avance dans le noir. Ce choix de mise en sc\u00e8ne simple en apparence dit beaucoup sur ce que le film a vraiment \u00e0 raconter. Les deux raisons qui suivent d\u00e9veloppent cela.<\/p>\n<p>1. Un r\u00e9alisateur au sommet de son art du serial killer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Richard Fleischer n\u2019est pas un r\u00e9alisateur qu\u2019on range facilement dans une case. Auteur aussi bien de p\u00e9plums (Les Vikings) que de science-fiction (Soleil vert), il revient pourtant r\u00e9guli\u00e8rement vers un territoire particulier : celui du tueur en s\u00e9rie, trait\u00e9 avec un s\u00e9rieux clinique qui tranche avec les habitudes du genre. L\u2019\u00c9trangleur de Boston en 1968, puis L\u2019\u00c9trangleur de Rillington Place en 1971, avaient pos\u00e9 les bases de cette r\u00e9putation. Les deux films partageaient un socle commun : des affaires r\u00e9elles, des coupables identifi\u00e9s, des visages connus du public, une violence ancr\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 documentaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Terreur Aveugle rompt avec cette logique sur un point pr\u00e9cis et d\u00e9cisif. Ses crimes ne font l\u2019objet d\u2019aucune enqu\u00eate visible. Son visage reste hors champ pendant presque toute la dur\u00e9e du film. Le tueur, Jacko Osgood, est pourtant identifiable d\u00e8s le d\u00e9but par un bracelet grav\u00e9 \u00e0 son nom, abandonn\u00e9 sur la sc\u00e8ne de crime, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cet objet qui devient le pivot de l\u2019intrigue. L\u00e0 o\u00f9 les deux films pr\u00e9c\u00e9dents s\u2019appuyaient sur la force du fait divers et la notori\u00e9t\u00e9 des affaires pour cr\u00e9er leur tension, Fleischer choisit ici un autre type d\u2019abstraction. L\u2019invisibilit\u00e9 du meurtrier devient le dispositif central du r\u00e9cit, une d\u00e9cision qui modifie radicalement la relation du spectateur \u00e0 la menace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce choix n\u2019est pas un appauvrissement. C\u2019est une mont\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. La violence que Fleischer filme n\u2019appartient plus \u00e0 un contexte criminel balis\u00e9 ou \u00e0 une pathologie r\u00e9pertori\u00e9e dans un cadre documentaire. Elle est diffuse, ambiante, presque sociale. Le prologue, tourn\u00e9 dans une ville nocturne o\u00f9 la brutalit\u00e9 et le voyeurisme s\u2019affichent sans d\u00e9tour, et le plan final sur les villageois mass\u00e9s apr\u00e8s la d\u00e9couverte des meurtres, disent la m\u00eame chose : cette violence-l\u00e0 n\u2019est pas une exception, elle circule.<\/p>\n<p>En ne montrant le visage du tueur que dans les toutes derni\u00e8res minutes, Fleischer place le spectateur exactement l\u00e0 o\u00f9 se trouve Sarah, son h\u00e9ro\u00efne aveugle : dans l\u2019incapacit\u00e9 de voir ce qui la menace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le grand saut formel de ce troisi\u00e8me film sur le serial killer. Fleischer ne d\u00e9crit plus un crime, il construit une exp\u00e9rience. Et cela change tout \u00e0 la mani\u00e8re de regarder le film.<\/p>\n<p>2. Un tueur sans visage, une violence de soci\u00e9t\u00e9 : le dispositif formel expliqu\u00e9<\/p>\n<p>Le tueur de Terreur Aveugle a un nom, \u201cJacko\u201d (jou\u00e9 par Paul Nicholas), grav\u00e9 sur un bracelet qu\u2019il laisse tomber sur la sc\u00e8ne du crime et qui constitue l\u2019indice central du film, mais son histoire n\u2019est jamais racont\u00e9e, et ses crimes ne donnent lieu \u00e0 aucune enqu\u00eate visible \u00e0 l\u2019\u00e9cran. C\u2019est un choix radical pour un thriller : Fleischer refuse le cadre rassurant du r\u00e9cit policier classique, celui qui nomme, classe et r\u00e9sout.<br \/>\nLe spectateur ne voit son visage que dans les toutes derni\u00e8res minutes du film. Jusqu\u2019\u00e0 ce moment, la menace reste hors champ, exactement comme elle l\u2019est pour Sarah, qui ne peut pas voir. Fleischer transforme le dispositif formel en exp\u00e9rience sensorielle partag\u00e9e : vous avancez aveugle, comme elle.<br \/>\nLa violence dans le film n\u2019est pas circonscrite \u00e0 un individu d\u00e9rang\u00e9. Le prologue, une d\u00e9ambulation nocturne dans une ville o\u00f9 la brutalit\u00e9 et le voyeurisme s\u2019\u00e9talent sans retenue, et le plan final sur les villageois mass\u00e9s autour des corps, disent la m\u00eame chose : cette violence circule librement dans la soci\u00e9t\u00e9, bien au-del\u00e0 du seul tueur.<br \/>\nCette lecture sociale n\u2019est pas une surinterpr\u00e9tation : c\u2019est ce que la critique d\u2019Arte pointe directement, en soulignant que le film \u201csugg\u00e8re que c\u2019est celle de toute une soci\u00e9t\u00e9, qui se repa\u00eet de sensations fortes.\u201d Le contexte villageois, pr\u00e9sent\u00e9 comme un havre tranquille, se r\u00e9v\u00e8le aussi malsain que la ville.<br \/>\nMia Farrow refuse de jouer la victime fragile. Son personnage de Sarah traverse le film avec une d\u00e9termination constante, s\u2019adaptant \u00e0 son handicap sans jamais se laisser r\u00e9duire \u00e0 l\u2019attente du secours masculin. La critique Arte le note pr\u00e9cis\u00e9ment : elle \u201cd\u00e9passe le statut de proie excessivement fragile qui p\u00e8se sur son personnage.\u201d<br \/>\nCe n\u2019est pas un d\u00e9tail d\u2019interpr\u00e9tation, c\u2019est ce qui sauve le film d\u2019un \u00e9cueil courant dans le thriller des ann\u00e9es 1970, o\u00f9 la femme en danger servait trop souvent de simple pr\u00e9texte \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de la menace masculine.<\/p>\n<p>Fiche technique : Terreur Aveugle en un coup d\u2019oeil<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9ment<br \/>\nD\u00e9tail<\/p>\n<p>Titre fran\u00e7ais<br \/>\nTerreur Aveugle<\/p>\n<p>Titre original<br \/>\nSee No Evil<\/p>\n<p>R\u00e9alisateur<br \/>\nRichard Fleischer<\/p>\n<p>Pays de production<br \/>\nRoyaume-Uni<\/p>\n<p>Ann\u00e9e<br \/>\n1971<\/p>\n<p>Dur\u00e9e<br \/>\n1h25<\/p>\n<p>Sc\u00e9nario<br \/>\nBrian Clemens<\/p>\n<p>Casting principal<br \/>\nMia Farrow, Norman Eshley, Dorothy Alison, Robin Bailey, Diane Grayson, Paul Nicholas<\/p>\n<p>Producteurs<br \/>\nFilmways Pictures, Genesis Productions<\/p>\n<p>Versions disponibles<br \/>\nVF (version fran\u00e7aise) et VOSTF (version originale sous-titr\u00e9e)<\/p>\n<p>Cha\u00eene de diffusion<br \/>\nArte<\/p>\n<p>Date de diffusion<br \/>\n7 septembre 2026<\/p>\n<p>Horaire<br \/>\n20h55<\/p>\n<p>\ufeff<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/vintage-auteur.jpg\" width=\"100\" height=\"100\" alt=\"Philippe Pillon\"\/><\/p>\n<p>Cr\u00e9ateur de Monsieur Vintage, Philippe est un passionn\u00e9 de belles m\u00e9caniques, de voyages et d\u2019objets qui ont une \u00e2me. \u00c0 travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une qu\u00eate d\u2019authenticit\u00e9 et d\u2019\u00e9l\u00e9gance intemporelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Terreur Aveugle ce soir sur Arte : ce qu\u2019il faut savoir avant de s\u2019installer Ce soir, Arte diffuse&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":297725,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[13],"tags":[113,112,23,142],"class_list":["post-297724","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-television","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-suisse","tag-television"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/117236352146272224","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297724","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=297724"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297724\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/297725"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=297724"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=297724"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=297724"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}