{"id":33515,"date":"2026-03-05T14:11:07","date_gmt":"2026-03-05T14:11:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/33515\/"},"modified":"2026-03-05T14:11:07","modified_gmt":"2026-03-05T14:11:07","slug":"lhomme-de-neandertal-etait-il-le-romeo-de-la-prehistoire-national-geographic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/33515\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Homme de N\u00e9andertal \u00e9tait-il le Rom\u00e9o de la pr\u00e9histoire ? | National Geographic"},"content":{"rendered":"<p data-paragraph-id=\"5611743-1\">\u00ab\u00a0Une hypoth\u00e8se de longue date sugg\u00e8re que l&rsquo;Homme moderne se serait progressivement d\u00e9barrass\u00e9 de son h\u00e9ritage n\u00e9andertalien au cours des 45\u00a0000\u00a0derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0\u00bb, indique\u00a0<a href=\"https:\/\/www.med.upenn.edu\/tishkoff\/Lab\/Platt\/platt.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Alexander Platt<\/a>, g\u00e9n\u00e9ticien de l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Pennsylvanie et coauteur de l&rsquo;\u00e9tude. \u00ab\u00a0Je ne me soucie pas de la th\u00e9orie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-2\">Convaincus de l&rsquo;existence d&rsquo;une meilleure explication, Platt et ses coll\u00e8gues ont examin\u00e9 trois g\u00e9nomes de N\u00e9andertal afin de comprendre comment les g\u00e8nes des deux esp\u00e8ces se m\u00e9langeaient. Ils ont \u00e9galement compar\u00e9 leurs donn\u00e9es \u00e0 des g\u00e9nomes africains sans ascendance n\u00e9andertalienne. L&rsquo;\u00e9quipe de chercheurs a alors constat\u00e9 que la proportion d&rsquo;ADN sapiens dans les chromosomes\u00a0X des N\u00e9andertaliens \u00e9tait 60\u00a0% plus \u00e9lev\u00e9es que dans leurs chromosomes non sexuels, ou autosomes. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre sugg\u00e8re que de nombreux anc\u00eatres f\u00e9minins des N\u00e9andertaliens \u00e9tudi\u00e9s \u00e9taient probablement des femmes sapiens.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-4\">Le sexe f\u00e9minin poss\u00e8de deux chromosomes\u00a0X, alors que le sexe masculin poss\u00e8de un chromosome\u00a0X et un chromosome\u00a0Y. Lorsqu&rsquo;ils se reproduisent, la m\u00e8re transmet toujours un chromosome\u00a0X, alors que le p\u00e8re transmet son chromosome\u00a0X uniquement si l&rsquo;enfant est une fille. Par cons\u00e9quent, le chromosome\u00a0X est plus souvent h\u00e9rit\u00e9 de la m\u00e8re que du p\u00e8re.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-5\">Comme l&rsquo;expliquent les chercheurs, si l&rsquo;accouplement entre les deux esp\u00e8ces s&rsquo;\u00e9tait majoritairement d\u00e9roul\u00e9 entre des hommes n\u00e9andertaliens et des femmes sapiens, le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique humain pr\u00e9senterait une quantit\u00e9 relativement faible d&rsquo;ADN de chromosome\u00a0X n\u00e9andertalien, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;observe la science aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-6\">Platt et son \u00e9quipe ont \u00e9labor\u00e9 des mod\u00e8les math\u00e9matiques afin d&rsquo;identifier les sch\u00e9mas d&rsquo;accouplement qui produiraient de faibles quantit\u00e9s d&rsquo;ADN n\u00e9andertalien sur les chromosomes\u00a0X de leur prog\u00e9niture. Dans ces simulations, les sc\u00e9narios attribuant \u00e0 l&rsquo;Homme de N\u00e9andertal un biais, ou plut\u00f4t une affinit\u00e9, pour les femmes sapiens produisaient souvent ce r\u00e9sultat.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-7\">\u00ab\u00a0Il \u00e9tait presque impossible d&rsquo;augmenter suffisamment ce biais dans les mod\u00e8les pour obtenir les r\u00e9sultats que nous observons aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne Platt. \u00ab\u00a0Ces observations ne rel\u00e8vent pas simplement de la \u00ab\u00a0survie du plus apte\u00a0\u00bb au sens darwinien classique de l&rsquo;expression, mais bien de tendances sexuelles tr\u00e8s r\u00e9pandues et communes\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-8\">La raison pour laquelle ces accouplements intersp\u00e9cifiques impliquaient principalement des hommes de N\u00e9andertal et des femmes humaines pourrait rester un myst\u00e8re aux yeux des scientifiques, car leurs r\u00e9sultats ne r\u00e9v\u00e8lent en rien le contexte social de ces interactions. Malgr\u00e9 tout, Platt et ses coll\u00e8gues \u00e9mettent une th\u00e9orie qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme la r\u00e9ponse la plus simple au probl\u00e8me\u00a0: les N\u00e9andertaliens et les humaines auraient pu \u00e9prouver une attirance mutuelle.\u00a0<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-9\">Les chercheurs n&rsquo;excluent pas d&rsquo;autres facteurs potentiels en dehors de la s\u00e9lection sexuelle, notamment un d\u00e9s\u00e9quilibre d\u00e9mographique, comme une p\u00e9nurie de femmes n\u00e9andertaliennes ou une abondance de femmes humaines.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-10\">\u00ab\u00a0Les mod\u00e8les purement d\u00e9mographiques nous semblent particuli\u00e8rement fragiles\u00a0\u00bb, indique Platt. \u00ab\u00a0Nous lui pr\u00e9f\u00e9rons le mod\u00e8le qui attribue un r\u00f4le moteur \u00e0 la s\u00e9lection sexuelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-11\">Pour\u00a0<a href=\"https:\/\/campusdirectory.ucsc.edu\/cd_detail?uid=lfehrens\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Lars Fehren-Schmitz<\/a>, professeur d&rsquo;anthropologie au sein de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat de Californie \u00e0 Santa Cruz, non impliqu\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9tude, la d\u00e9couverte de potentielles preuves d&rsquo;une s\u00e9lection sexuelle favorisant les N\u00e9andertaliens n&rsquo;a rien de surprenant, \u00e9tant donn\u00e9 la pr\u00e9valence de l&rsquo;esp\u00e8ce dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-12\">\u00ab\u00a0Cette pr\u00e9valence a constitu\u00e9 un important facteur limitant pour notre propre esp\u00e8ce au cours de son existence\u00a0\u00bb, affirme Fehren-Schmitz.\u00a0<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-13\"><a href=\"https:\/\/www.matildabrindle.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Matilda Brindle<\/a> le rejoint sur ce point. Non impliqu\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9tude, cette biologiste de l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Oxford a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 des articles sugg\u00e9rant que les N\u00e9andertaliens et les humains modernes avaient probablement \u00e9chang\u00e9 des\u00a0<a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/science\/2025\/nov\/19\/neanderthals-early-humans-kissed-research-evolution\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">baisers pr\u00e9historiques<\/a>. \u00ab\u00a0L&rsquo;id\u00e9e que ce biais aurait \u00e9t\u00e9 aliment\u00e9 par la s\u00e9lection sexuelle est tout \u00e0 fait s\u00e9duisante\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-14\">Une telle th\u00e9orie, poursuit-elle, soul\u00e8ve irr\u00e9sistiblement des questions sur la naissance de l&rsquo;\u00e9tincelle entre les deux esp\u00e8ces. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;ont bien pu trouver nos anc\u00eatres humaines aux hommes de N\u00e9andertal, et vice-versa\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5611743-15\">Platt esp\u00e8re que ses confr\u00e8res g\u00e9n\u00e9ticiens seront en mesure d&rsquo;aider les biologistes de l&rsquo;\u00e9volution et les anthropologues \u00e0 trouver des r\u00e9ponses \u00e0 toutes ces questions. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un domaine que les g\u00e9n\u00e9ticiens n&rsquo;ont pas encore explor\u00e9 en profondeur, conclut-il, mais nous pouvons nous aussi \u00e9crire cette histoire. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Une hypoth\u00e8se de longue date sugg\u00e8re que l&rsquo;Homme moderne se serait progressivement d\u00e9barrass\u00e9 de son h\u00e9ritage n\u00e9andertalien au&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":33516,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[7540,12855,3676,12856,8046,61,57,59,58,23,60,62],"class_list":{"0":"post-33515","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sciences-et-technologies","8":"tag-adn","9":"tag-ancetres-humains","10":"tag-genetique","11":"tag-history-culture","12":"tag-homme-prehistorique","13":"tag-science","14":"tag-science-and-technology","15":"tag-sciences","16":"tag-sciences-et-technologies","17":"tag-suisse","18":"tag-technologies","19":"tag-technology"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116176977049828029","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33515"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33515\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/33516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}