{"id":37899,"date":"2026-03-08T06:54:06","date_gmt":"2026-03-08T06:54:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/37899\/"},"modified":"2026-03-08T06:54:06","modified_gmt":"2026-03-08T06:54:06","slug":"quand-la-procreation-medicalement-assistee-devient-catalyseur-de-souffrance-psychique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/37899\/","title":{"rendered":"Quand la procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e devient catalyseur de souffrance psychique"},"content":{"rendered":"<p>La procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e (PMA) est un progr\u00e8s majeur qui permet \u00e0 des personnes ne pouvant concevoir naturellement d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la parentalit\u00e9. Mais les d\u00e9bats portent surtout sur les aspects techniques, l\u00e9gaux ou \u00e9thiques. L\u2019impact sur la sant\u00e9 mentale reste peu abord\u00e9, alors que la PMA peut parfois devenir un catalyseur de souffrance psychique.<\/p>\n<p>Dans le podcast <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/audio-podcast\/2023\/emission\/dingue-26153970.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Dingue<\/a>, Sab raconte comment, apr\u00e8s six mois de tentatives infructueuses, son mari d\u00e9cide de consulter. \u00ab\u00a0Quand on a envie d&rsquo;avoir des enfants, on se dit toujours &lsquo;ah bah, \u00e7a va \u00eatre super! On fait l&rsquo;amour et puis boum, on tombe enceinte&rsquo;. Et puis, bah, ce n&rsquo;est pas du tout comme \u00e7a que \u00e7a se passe\u00a0\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Le spermogramme r\u00e9v\u00e8le des anomalies. Une f\u00e9condation in vitro (FIV) avec injection intracytoplasmique de spermatozo\u00efdes (ICSI) devient n\u00e9cessaire. Les protocoles hormonaux sont intenses et rendent Sab tr\u00e8s \u00e9motive. \u00ab\u00a0C&rsquo;est up and down. En une journ\u00e9e, ce sont vingt-cinq \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me diff\u00e9rents. \u00c7a n&rsquo;a fait qu&rsquo;amplifier tous mes troubles latents\u00a0\u00bb, d\u00e9crit-elle.<\/p>\n<p>Renoncer au p\u00e8re biologique<\/p>\n<p>Le premier protocole \u00e9choue. Sab doit retourner travailler dans son restaurant, sourire \u00e0 la client\u00e8le. Au moment de servir des femmes enceintes, avoue-t-elle, elle a eu \u00ab\u00a0envie de les \u00e9triper\u00a0\u00bb. La PMA devient \u00ab\u00a0un drame secret\u00a0\u00bb, v\u00e9cu dans une solitude extr\u00eame.<\/p>\n<p>Lors du second protocole, aucun embryon ne survit. Les tests r\u00e9v\u00e8lent que son mari est porteur d&rsquo;une anomalie g\u00e9n\u00e9tique rare qui peut perturber le d\u00e9veloppement embryonnaire. Le couple doit accepter un don de sperme anonyme. \u00ab\u00a0C&rsquo;est clair que \u00e7a a \u00e9t\u00e9 horrible d&rsquo;apprendre que le g\u00e9niteur de mon enfant ne serait pas l&rsquo;homme que j&rsquo;avais choisi\u00a0\u00bb, confie Sab. Six ins\u00e9minations \u00e9chouent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 \u00e7a\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Anna Sharapova, psychologue et psychoth\u00e9rapeute \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de m\u00e9decine de la reproduction des HUG, explique pourquoi un accompagnement est syst\u00e9matiquement propos\u00e9. \u00ab\u00a0Il y a des p\u00e9riodes d&rsquo;attentes, d&rsquo;\u00e9checs, de d\u00e9ceptions. La pression du temps, la pression financi\u00e8re&#8230; Tout \u00e7a cr\u00e9e une certaine usure psychologique. Et il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 \u00e7a\u00a0\u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p>La PMA peut r\u00e9v\u00e9ler des vuln\u00e9rabilit\u00e9s. \u00ab\u00a0C&rsquo;est une situation de stress prolong\u00e9 qui peut r\u00e9veiller cette fragilit\u00e9. La personne peut d\u00e9compenser\u00a0\u00bb, confirme-t-elle. L&rsquo;accompagnement offre un espace pour d\u00e9poser les \u00e9motions \u00ab\u00a0peu avouables\u00a0\u00bb: col\u00e8re, jalousie, frustration. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas parce qu&rsquo;on ressent de la col\u00e8re qu&rsquo;on est une mauvaise personne. C&rsquo;est une expression de la souffrance\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise la psychologue.<\/p>\n<p>Le deuil invisible<\/p>\n<p>Certains couples abandonnent. Renoncer signifie un deuil multiple. \u00ab\u00a0Le deuil de cet enfant imaginaire. Le deuil du projet de couple. Le deuil d&rsquo;une famille\u00a0\u00bb, \u00e9num\u00e8re Anna Sharapova. \u00ab\u00a0L&rsquo;entourage ne comprend pas toujours vu que l&rsquo;enfant n&rsquo;a pas exist\u00e9. Mais c&rsquo;est un deuil r\u00e9el et d&rsquo;autant plus difficile qu&rsquo;il est invisible\u00a0\u00bb, insiste-t-elle.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatre ans et demi, Sab tombe enceinte. Mais la grossesse n&rsquo;est pas sereine. \u00ab\u00a0J&rsquo;avais presque l&rsquo;impression qu&rsquo;on allait m&rsquo;enlever mon enfant\u00a0\u00bb, confie-t-elle. L&rsquo;accouchement est traumatique: c\u00e9sarienne d&rsquo;urgence avec pr\u00e9\u00e9clampsie.<\/p>\n<p>Sab d\u00e9veloppe une d\u00e9pression post-partum avec des phobies d&rsquo;impulsion. Des \u00e9tudes confirment que la PMA est associ\u00e9e \u00e0 un risque accru de complications obst\u00e9tricales et de d\u00e9pression post-partum. Mais parler d&rsquo;augmentation du risque n&rsquo;implique pas une fatalit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;apaisement<\/p>\n<p>Progressivement, Sab cr\u00e9e un lien avec sa fille. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai mis une bonne ann\u00e9e \u00e0 me rendre compte qu&rsquo;elle \u00e9tait l\u00e0 et que c&rsquo;\u00e9tait ma fille. Tout d&rsquo;un coup, c&rsquo;\u00e9tait apais\u00e9\u00a0\u00bb, raconte-t-elle. Elle conclut: \u00ab\u00a0C&rsquo;est dans l&rsquo;adversit\u00e9 qu&rsquo;on trouve des ressources. Et qu&rsquo;on est capable d&rsquo;en faire quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> &gt;&gt; Ecouter l&rsquo;\u00e9pisode de Dingue\u00a0:\u00a0:    Infertilit\u00e9 et PMA : quand devenir parent rel\u00e8ve du combat invisible \/ Dingue \/ 36 min. \/ lundi \u00e0 16:00 <\/p>\n<p class=\"sources\">Adrien Zerbini<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e (PMA) est un progr\u00e8s majeur qui permet \u00e0 des personnes ne pouvant concevoir naturellement&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":37900,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1248,13894,113,164,112,305,237,13895,1643,84,238,23],"class_list":{"0":"post-37899","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-debat","9":"tag-depression-post-partum","10":"tag-divertissement","11":"tag-enfant","12":"tag-entertainment","13":"tag-famille","14":"tag-maladies-et-etat-de-sante","15":"tag-progres-q235173080","16":"tag-risque","17":"tag-sante","18":"tag-societe","19":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116192245520919305","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37899","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37899"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37899\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/37900"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37899"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37899"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37899"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}