{"id":48082,"date":"2026-03-14T17:50:09","date_gmt":"2026-03-14T17:50:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/48082\/"},"modified":"2026-03-14T17:50:09","modified_gmt":"2026-03-14T17:50:09","slug":"et-si-une-femme-se-cachait-derriere-le-genie-de-shakespeare","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/48082\/","title":{"rendered":"Et si une femme se cachait derri\u00e8re le g\u00e9nie de Shakespeare?"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;identit\u00e9 de William Shakespeare constitue l&rsquo;un des grands myst\u00e8res litt\u00e9raires. Des manuscrits anonymes du XVIe si\u00e8cle aux recherches contemporaines, une hypoth\u00e8se troublante a fait son chemin: celle qu&rsquo;une femme, Mary Sidney, comtesse de Pembroke, se cacherait derri\u00e8re le g\u00e9nie shakespearien.<\/p>\n<p>Depuis quelques d\u00e9cennies et de fa\u00e7on plus ou moins assum\u00e9e, la mention de Shakespeare (1564-1616) s&rsquo;accompagne de ce que l&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0The autorship question\u00a0\u00bb. M\u00eame si les voix universitaires sont assez unanimes et affirment que l&rsquo;homme de th\u00e9\u00e2tre a \u00e9crit l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u0153uvre qui lui est attribu\u00e9e, d&rsquo;autres sources ont mis en question la paternit\u00e9 de ses pi\u00e8ces et de ce fait, ont lev\u00e9 le voile sur des signatures cach\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p>Certains d\u00e9fendent la th\u00e8se provocante qu&rsquo;une femme, Mary Sidney, comtesse de Pembroke, se dissimulerait derri\u00e8re les \u00e9crits du dramaturge anglais et serait \u00e0 l&rsquo;origine de plusieurs pi\u00e8ces, une hypoth\u00e8se qui fait \u00e9cho aux questionnements actuels sur les voix f\u00e9minines effac\u00e9es de l&rsquo;histoire litt\u00e9raire.<\/p>\n<p> &gt;&gt; A \u00e9couter, le deuxi\u00e8me \u00e9pisode du podcast \u00ab\u00a0Persona, les artistes et leur double\u00a0\u00bb, consacr\u00e9 \u00e0 Shakespeare\u00a0:    Persona, les artistes et leurs doubles : Shakespeare au f\u00e9minin (EP2) \/ Zoom info \/ 16 min. \/ le 25 f\u00e9vrier 2026 Mary Sidney, une m\u00e9c\u00e8ne \u00e9clair\u00e9e<\/p>\n<p>En 2006, la chercheuse am\u00e9ricaine Robin Patricia Williams fait valoir dans son ouvrage \u00ab\u00a0Sweet Swan of Avon: Did a Woman Write Shakespeare?\u00a0\u00bb que Shakespeare pourrait sans doute \u00eatre Mary Sidney (1561-1621), comtesse de Pembroke. Cette femme polyglotte, qui d\u00e9tenait plus de 5000 manuscrits, a constitu\u00e9 en son temps un grand cercle litt\u00e9raire par lequel sont pass\u00e9s les plus grands auteurs de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Pour associer cette m\u00e9c\u00e8ne \u00e9clair\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Shakespeare, Robin Patricia Williams a analys\u00e9 l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre les textes, anonymes ou non, attribu\u00e9s au dramaturge.\u00a0L&rsquo;\u00e9criture des pi\u00e8ces attribu\u00e9es \u00e0 Shakespeare r\u00e9clame des connaissances litt\u00e9raires, \u00e9sot\u00e9riques et politiques, et les sources de ses \u00e9crits sont des textes en latin encore peu traduits \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. \u00ab\u00a0Robin Patricia Williams a montr\u00e9 comment les sources de chaque pi\u00e8ce de Shakespeare se reliaient facilement avec Mary Sidney, soit parce qu&rsquo;elle poss\u00e9dait ce manuscrit, soit parce qu&rsquo;elle l&rsquo;avait traduit, soit parce que quelqu&rsquo;un de son cercle l&rsquo;avait traduit.\u00a0[Elle a montr\u00e9] aussi une synchronicit\u00e9 entre sa vie [\u00e0 elle] et les \u0153uvres shakespeariennes\u00a0\u00bb, explique Aurore Evain, qui a publi\u00e9 en 2024 un livre qui a fait grand bruit, \u00ab\u00a0Mary Sidney alias Shakespeare\u00a0\u00bb (\u00e9d. Talents hauts).<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/5eh642-29176315.image.jpeg\" alt=\"Mary Herbert, Comtesse de Pembroke, n\u00e9e Mary Sidney (1561-1621). [AFP - Ann Ronan Picture Library \/ Photo12]\" title=\"Mary Herbert, Comtesse de Pembroke, n\u00e9e Mary Sidney (1561-1621). [AFP - Ann Ronan Picture Library \/ Photo12]\" loading=\"lazy\"\/>  Mary Herbert, Comtesse de Pembroke, n\u00e9e Mary Sidney (1561-1621). [AFP &#8211; Ann Ronan Picture Library \/ Photo12] <\/p>\n<p>Le masque sur l&rsquo;identit\u00e9 de Shakespeare \u00e9claire une r\u00e9alit\u00e9 plus large.\u00a0Derri\u00e8re le destin de Mary Sidney, il y a son statut de femme.\u00a0Longtemps, la litt\u00e9rature s&rsquo;est \u00e9crite au masculin et nombre de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre n&rsquo;ont plus \u00e9t\u00e9 mises en sc\u00e8ne parce qu&rsquo;elles \u00e9taient \u0153uvres de femmes.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mary Sidney n&rsquo;aurait pas pu revendiquer [l&rsquo;\u00e9criture des textes], non seulement en tant que femme, mais en tant qu&rsquo;aristocrate. Ce sont des textes politiques extr\u00eamement subversifs\u00a0\u00bb, indique Aurore Evain, qui poursuit:\u00a0\u00ab\u00a0En r\u00e9alit\u00e9, il y a plein de candidats \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 litt\u00e9raire de Shakespeare.\u00a0Mais ce qui est int\u00e9ressant, c&rsquo;est que tous ces candidats ont travers\u00e9 la vie de Mary Sidney. On y voit comme une constellation, ce qui est quand m\u00eame effectivement d\u00e9stabilisant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&gt;&gt; A lire \u00e9galement, ce grand format de 2019 d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Shakespeare et notamment au myst\u00e8re qui entoure ses \u00e9crits\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/culture\/livres\/10805027-william-shakespeare-le-monde-est-un-theatre.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">William Shakespeare: le monde est un th\u00e9\u00e2tre<\/a><\/p>\n<p>Une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, un objet d&rsquo;artisanat<\/p>\n<p>Cette lecture ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9.\u00a0Car il ne faut pas oublier qu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle, le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Londres est une grande industrie du spectacle et une vraie manne financi\u00e8re. 80\u00a0% des pi\u00e8ces sont anonymes pour \u00e9viter \u00e0 leurs auteurs de se compromettre.\u00a0Une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre n&rsquo;\u00e9tait donc pas une \u0153uvre d&rsquo;art, mais un objet artisanal ou un produit commercial.\u00a0<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les premi\u00e8res \u0153uvres de Shakespeare ne sont pas sign\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;image de \u00ab\u00a0Titus Andronicus\u00a0\u00bb, publi\u00e9 d&rsquo;abord anonymement en 1594, et qui ne portera son nom qu&rsquo;en 1623.\u00a0A l&rsquo;\u00e9poque, les dramaturges n&rsquo;avaient pas le statut d&rsquo;auteur et les pi\u00e8ces \u00e9taient possession des compagnies.\u00a0Et puis surtout, l&rsquo;anonymat permettait d&rsquo;\u00e9viter des soucis de censure.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/k44g32-29176321.image.jpeg\" alt=\"Une gravure du XIX\u00e8me si\u00e8cle repr\u00e9sentant une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de William Shakespeare (1564-1616). [AFP - Collection Roger-Viollet]\" title=\"Une gravure du XIX\u00e8me si\u00e8cle repr\u00e9sentant une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de William Shakespeare (1564-1616). [AFP - Collection Roger-Viollet]\" loading=\"lazy\"\/>  Une gravure du XIXe si\u00e8cle repr\u00e9sentant une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de William Shakespeare (1564-1616). [AFP &#8211; Collection Roger-Viollet] <\/p>\n<p>Pour appr\u00e9hender l&rsquo;\u0153uvre du Barde d&rsquo;Avon, il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;imaginer une \u0153uvre collective, comme l&rsquo;est souvent l&rsquo;\u00e9criture de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Mais alors finalement, qui \u00e9tait Shakespeare?\u00a0Lui-m\u00eame, s\u00fbrement. Mais aussi un assemblage des influences, celles de Mary Sidney, comtesse de Pembroke et peut-\u00eatre de son fr\u00e8re, le po\u00e8te Philip Sidney et sans doute d&rsquo;autres encore.\u00a0Shakespeare, c&rsquo;est aussi la langue et l&rsquo;esprit d&rsquo;une \u00e9poque, celle du th\u00e9\u00e2tre \u00e9lisab\u00e9thain qui alors fait fureur.\u00a0C&rsquo;est aussi l&rsquo;essor d&rsquo;une industrie avec des r\u00f4les qui ne sont pas toujours bien fix\u00e9s.\u00a0Et c&rsquo;est peut-\u00eatre cela, finalement, qui donne la dimension mythique et la profondeur aux \u00e9crits du po\u00e8te anglais.<\/p>\n<p class=\"sources\">Sujet radio: Anne Fournier<\/p>\n<p class=\"credit\">Adaptation web: mh<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L&rsquo;identit\u00e9 de William Shakespeare constitue l&rsquo;un des grands myst\u00e8res litt\u00e9raires. 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