{"id":49636,"date":"2026-03-15T19:51:26","date_gmt":"2026-03-15T19:51:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/49636\/"},"modified":"2026-03-15T19:51:26","modified_gmt":"2026-03-15T19:51:26","slug":"lia-suisse-peut-elle-devenir-une-force-pour-la-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/49636\/","title":{"rendered":"L\u2019IA (suisse) peut-elle devenir une force pour la d\u00e9mocratie?"},"content":{"rendered":"<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/675848369_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"Ouvrir\" loading=\"eager\" decoding=\"sync\" fetchpriority=\"high\"\/><\/p>\n<p>                Une personne utilise le mod\u00e8le linguistique suisse Apertus bas\u00e9 sur l\u2019IA. Pour Bruce Schneier, Apertus est une source d\u2019espoir.            <\/p>\n<p>            Keystone \/ Gaetan Bally        <\/p>\n<p>        Alors que, dans son pays d\u2019origine, de grandes entreprises technologiques dominent le paysage de l\u2019intelligence artificielle, l\u2019expert am\u00e9ricain en cybers\u00e9curit\u00e9 Bruce Schneier voit \u00e9merger un espoir du c\u00f4t\u00e9 de la Suisse. Cet optimisme est aussi partag\u00e9 dans le pays: une experte suisse se dit convaincue que l\u2019IA fera bient\u00f4t partie int\u00e9grante des institutions d\u00e9mocratiques.\n<\/p>\n<p>        Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur    <\/p>\n<p>        15 mars 2026 &#8211; 11:15\n<\/p>\n<p>\u00abY a-t-il une personne venant de Suisse dans la salle?\u00bb, demande Bruce Schneier \u00e0 l\u2019audience. Lors du <a href=\"https:\/\/www.coe.int\/fr\/web\/world-forum-democracy\/idea-3\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Forum mondial de la d\u00e9mocratieLien externe<\/a> \u00e0 Strasbourg, aucune r\u00e9ponse n\u2019a toutefois suivi.<\/p>\n<p>En novembre dernier, l\u2019expert am\u00e9ricain en cybers\u00e9curit\u00e9 intervenait sur le th\u00e8me de l\u2019intelligence artificielle (IA) et de la d\u00e9mocratie. \u00c0 plusieurs reprises, le professeur de la Harvard Kennedy School a cit\u00e9 la Suisse en exemple, \u00e9voquant notamment le concept d\u2019\u00abAssisted Democracy\u00bb, n\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich (EPFZ), ainsi qu\u2019<a href=\"https:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/ia-suisse\/faits-et-mythes-sur-le-nouveau-mod\u00e8le-suisse-dintelligence-artificielle-apertus\/90126154\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Apertus<\/a>, le mod\u00e8le de langage d\u00e9velopp\u00e9 par les \u00e9coles polytechniques f\u00e9d\u00e9rales.<\/p>\n<p>\u00abSans int\u00e9r\u00eat lucratif ni donn\u00e9es vol\u00e9es\u00bb, le mod\u00e8le suisse montre qu\u2019une IA au service du bien commun est possible, souligne-t-il.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/CFB830NUFQQUOXZNJXB8_prvw_200620.jpg\" width=\"1024\" height=\"683\" alt=\"Bruce Schneier\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Bruce Schneier est professeur \u00e0 la Harvard Kennedy School et membre du conseil d\u2019administration de l\u2019Electronic Frontier Foundation. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, il a publi\u00e9 avec Nathan E. Sanders le livre \u00abRewiring Democracy: How AI Will Transform Our Politics, Government, and Citizenship\u00bb (Rec\u00e2bler la d\u00e9mocratie: comment l\u2019IA va transformer notre politique, notre gouvernement et notre citoyennet\u00e9).            <\/p>\n<p>            EPFL \/ Alain Herzog        <\/p>\n<p>\u00abLa d\u00e9mocratie traverse de nombreuses difficult\u00e9s. L\u2019IA n\u2019en est pas la cause, mais elle les a souvent amplifi\u00e9es\u00bb, explique Bruce Schneier lors d\u2019un appel sur Signal en janvier dernier. \u00abLa question qui se pose est la suivante: existe-t-il des moyens d\u2019utiliser l\u2019IA pour renforcer la d\u00e9mocratie? Je crois que oui. Mais encore faut-il le faire.\u00bb<\/p>\n<p>Dans le magazine <a href=\"https:\/\/time.com\/7331883\/how-ai-will-transform-democracy\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">TimeLien externe<\/a>, Bruce Schneier a r\u00e9cemment compar\u00e9 l\u2019IA au chemin de fer du 19e si\u00e8cle. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les nouvelles lignes ferroviaires am\u00e9ricaines avaient le potentiel de \u00abrelier les personnes qui \u00e9taient s\u00e9par\u00e9es\u00bb et de d\u00e9mocratiser l\u2019acc\u00e8s au pouvoir, mais elles ont surtout enrichi une poign\u00e9e d\u2019individus. \u00abLes chemins de fer \u00e9taient une infrastructure publique, comme l\u2019IA aujourd\u2019hui. Nous les utilisons tous \u00e0 des fins diff\u00e9rentes. C\u2019est ce qui fait la force d\u2019Apertus: une plateforme que tous peuvent utiliser comme base de d\u00e9veloppement\u00bb, rel\u00e8ve Bruce Schneier.<\/p>\n<p>Selon lui, cet exemple montre que la technologie peut exister en dehors des grandes entreprises. \u00abPeut-on imaginer des mod\u00e8les d\u2019IA qui ne soient pas con\u00e7us par une poign\u00e9e de milliardaires de la tech, blancs et masculins, et mus par le profit?\u00bb, interroge-t-il de mani\u00e8re rh\u00e9torique. <\/p>\n<p>Un petit pays a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9montr\u00e9 que c\u2019\u00e9tait possible. \u00abLes co\u00fbts diminuent et l\u2019on verra appara\u00eetre plus de mod\u00e8les de ce type\u00bb, poursuit-il. Les diff\u00e9rents mod\u00e8les de langage deviendraient alors \u00ablargement interchangeables\u00bb, estime-t-il, ce qui devrait encourager l\u2019adoption de mod\u00e8les ouverts tels qu\u2019Apertus ou <a href=\"https:\/\/sea-lion.ai\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Sea LionLien externe<\/a>, d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 Singapour.<\/p>\n<p>\n    Plus<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/675848430_highres.jpg\" width=\"1300\" height=\"867\" alt=\"personne montrant un \u00e9cran\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>        Plus    <\/p>\n<p>        IA suisse\n        <\/p>\n<p>        Faits et mythes sur le nouveau mod\u00e8le suisse d\u2019intelligence artificielle Apertus    <\/p>\n<p class=\"teaser-wide-card__excerpt\">\n<p>                        Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur                    <\/p>\n<p>                        07 oct. 2025                    <\/p>\n<p>                Voyons ce qui se cache derri\u00e8re les affirmations les plus fr\u00e9quentes concernant ce nouvel outil technologique suisse.            <\/p>\n<p>    <a class=\"teaser-wide-card__link\" href=\"https:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/ia-suisse\/faits-et-mythes-sur-le-nouveau-mod%c3%a8le-suisse-dintelligence-artificielle-apertus\/90126154\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p>            lire plus Faits et mythes sur le nouveau mod\u00e8le suisse d\u2019intelligence artificielle Apertus<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p>Peu importe que les services d\u2019IA soient d\u00e9ploy\u00e9s par des institutions ou issus d\u2019initiatives citoyennes: leur importance pour la d\u00e9mocratie reste la m\u00eame. Les machines \u00e0 \u00e9crire ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es autant au sein des institutions qu\u2019en dehors, rappelle Bruce Schneier. \u00abUn outil d\u2019aide \u00e0 l\u2019\u00e9criture comme Grammarly sert d\u00e9j\u00e0 \u00e0 \u00e9diter des textes qui participent \u00e0 la vie d\u00e9mocratique.\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 la question de savoir si un manque de confiance envers l\u2019IA pourrait fragiliser la d\u00e9mocratie, Bruce Schneier r\u00e9pond: \u00abTout le monde utilise l\u2019IA pour obtenir des itin\u00e9raires d\u00e9taill\u00e9s sur son t\u00e9l\u00e9phone.\u00bb On ne s\u2019interroge presque jamais sur le degr\u00e9 de confiance que l\u2019on accorde \u00e0 ces outils. \u00abLa vraie confiance, elle, reste en arri\u00e8re-plan\u00bb, rel\u00e8ve-t-il.<\/p>\n<p>Pessimisme dans le pr\u00e9sent, optimisme pour l\u2019avenir\u202f<\/p>\n<p>Selon lui, tout d\u00e9pend du mod\u00e8le d\u2019IA auquel on accorde sa confiance. \u00abLa confiance du public envers certaines IA peut \u00eatre profonde, selon leur mod\u00e8le \u00e9conomique. Pour ma part, je ne ferais absolument pas confiance \u00e0 Facebook. En revanche, les gens font confiance \u00e0 l\u2019IA qui analyse leurs radiographies. Les m\u00e9decins l\u2019utilisent parce qu\u2019elle est plus performante.\u00bb C\u2019est l\u2019essence m\u00eame de la confiance, dit-il. \u00abSi l\u2019IA a des effets n\u00e9fastes, accusez les entreprises! Ne bl\u00e2mez pas la technologie!\u00bb Le probl\u00e8me r\u00e9side avant tout dans les d\u00e9cisions prises par les entreprises.<\/p>\n<p>\u00c0 Strasbourg, Bruce Schneier affichait un enthousiasme \u00e9vident \u2013 un ton que l\u2019on retrouve dans ses articles consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019avenir, publi\u00e9s dans le magazine <a href=\"https:\/\/time.com\/7331883\/how-ai-will-transform-democracy\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">TimeLien externe<\/a>. Lorsqu\u2019il s\u2019est exprim\u00e9 en mai 2025 <a href=\"https:\/\/www.congress.gov\/119\/meeting\/house\/118339\/documents\/HHRG-119-GO00-Transcript-20250605.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">devant le comit\u00e9 de surveillance du Congr\u00e8s am\u00e9ricainLien externe<\/a>, son discours \u00e9tait nettement plus alarmiste: \u00abLes quatre intervenants pr\u00e9c\u00e9dents ont parl\u00e9 des promesses de cette technologie. Je voudrais \u00e9voquer ses cons\u00e9quences pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la mani\u00e8re dont notre pays agr\u00e8ge les donn\u00e9es et les alimente dans des mod\u00e8les d\u2019IA\u00bb, d\u00e9clarait-il alors.<\/p>\n<p>Il d\u00e9non\u00e7ait notamment la mani\u00e8re dont des collaborateurs du D\u00e9partement d\u2019efficience gouvernementale (DOGE), sous l\u2019administration Trump, auraient aspir\u00e9 des bases de donn\u00e9es pour les proposer \u00ab\u00e0 des entreprises priv\u00e9es telles que Palantir\u00bb. \u00abDe telles actions causent des dommages irr\u00e9parables \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de notre pays et \u00e0 celle de toutes et tous, y compris des personnes pr\u00e9sentes dans cette salle, quelle que soit leur appartenance politique\u00bb, avait-il averti. Lorsqu\u2019il parle des r\u00e9alit\u00e9s actuelles, Bruce Schneier se montre donc critique. Son optimisme rel\u00e8ve avant tout d\u2019un appel tourn\u00e9 vers l\u2019avenir.<\/p>\n<p>En Suisse, berceau d\u2019Apertus, la confiance de la population envers l\u2019IA demeure contrast\u00e9e. Selon l\u2019<a href=\"https:\/\/www.seco.admin.ch\/dam\/seco\/fr\/dokumente\/Standortfoerderung\/KMU-Politik\/E-Economy_E-Government\/E-Government\/nationale_e_governmentstudie_2025.pdf.download.pdf\/Rapport-Etude-nationale-sur-la-cyberadministration-2025.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">\u00e9tude nationale sur la cyberadministration 2025Lien externe<\/a>, 23% des personnes interrog\u00e9es souhaitent que l\u2019IA ne soit utilis\u00e9e dans l\u2019administration que dans des cas exceptionnels, et 40% uniquement lorsqu\u2019elle apporte une valeur ajout\u00e9e \u00e9vidente. Dans l\u2019\u00e9tude \u00ab<a href=\"https:\/\/ethz.ch\/content\/dam\/ethz\/special-interest\/gess\/cis\/center-for-securities-studies\/pdfs\/sicherheit-2025.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Sicherheit 2025Lien externe<\/a>\u00bb de l\u2019EPFZ, l\u2019IA arrive en derni\u00e8re position en termes de confiance sociale, avec une note de 4,3 (sur 10), en baisse de 0,3 point par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats d\u00e9mocratiques devraient coop\u00e9rer dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces r\u00e9serves, un certain optimisme subsiste. Dirk Helbing, professeur de sciences sociales computationnelles \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, estime que \u00abla voie emprunt\u00e9e avec Apertus doit \u00eatre poursuivie de mani\u00e8re coh\u00e9rente\u00bb. Elle pourrait \u00eatre \u00e9largie avec \u00abdes moteurs de recherche et des plateformes favorisant la d\u00e9mocratie pour des projets de la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00bb.<\/p>\n<p>Selon lui, Apertus pourrait \u00abpeut-\u00eatre m\u00eame devenir un produit d\u2019exportation phare\u00bb. Dirk Helbing voit dans des coop\u00e9rations internationales un levier pour poursuivre son d\u00e9veloppement. Plus largement, il recommande dans le domaine de l\u2019IA \u00abdes partenariats avec des pays d\u00e9mocratiques attach\u00e9s aux droits humains\u00bb, citant notamment le Japon, la Cor\u00e9e du Sud, Ta\u00efwan et l\u2019Inde.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/dirkhelbing.jpg\" width=\"1776\" height=\"2362\" alt=\"Dirk Helbing\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Dirk Helbing est professeur en sciences sociales computationnelles \u00e0 l\u2019ETH Zurich. Son \u00e9quipe s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement aux innovations participatives d\u00e9mocratiques et \u00e0 leur application dans la pratique.            <\/p>\n<p>            Giulia Marthaler \/ ETH Z\u00fcrich        <\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, l\u2019IA pourrait contribuer \u00e0 stabiliser des r\u00e9gimes fond\u00e9s sur la surveillance de masse, avec des r\u00e9percussions bien au-del\u00e0 de leurs fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Selon Dirk Helbing, le mauvais \u00e9tat des d\u00e9mocraties dans le monde est \u00e9galement li\u00e9 \u00ab\u00e0 la voie emprunt\u00e9e r\u00e9cemment par le num\u00e9rique et l\u2019IA\u00bb. \u00abLes entreprises recherchent les march\u00e9s les plus vastes possibles. Or, une grande partie de la population ne vit pas dans des d\u00e9mocraties. Les logiciels con\u00e7us pour des r\u00e9gimes autocratiques finissent par influencer ceux utilis\u00e9s ici\u00bb, indique-t-il.<\/p>\n<p>On sait d\u00e9j\u00e0, poursuit-il, que les mod\u00e8les de langage \u00abpeuvent nous manipuler bien plus efficacement que d\u2019autres \u00eatres humains\u00bb. De plus, les syst\u00e8mes jug\u00e9s acceptables aujourd\u2019hui peuvent, d\u00e8s le lendemain, \u00eatre bas\u00e9s sur des algorithmes compl\u00e8tement diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Dirk Helbing \u00e9num\u00e8re de nombreuses raisons d\u2019\u00eatre pessimiste, mais se dit en m\u00eame temps \u00aboptimiste\u00bb: \u00ab\u00c0 la fin, cela doit bien se terminer, sinon cela voudrait dire que nous avons vraiment tout g\u00e2ch\u00e9 pour tr\u00e8s, tr\u00e8s longtemps.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s lui, on n\u2019a, en revanche, \u00abpas assez \u00e9tudi\u00e9\u00bb la mani\u00e8re dont le num\u00e9rique pourrait contribuer \u00e0 \u00abla libert\u00e9, aux droits humains et \u00e0 la d\u00e9mocratie\u00bb. Il plaide pour un soutien accru aux \u00abinitiatives de la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00bb, telles que \u00abl\u2019open data, l\u2019open source, l\u2019open access, les hackathons, les maker spaces, la science citoyenne et les budgets participatifs\u00bb, ainsi que pour une meilleure \u00absensibilisation aux abus de pouvoir et aux possibilit\u00e9s de d\u00e9tournement des technologies num\u00e9riques\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abTout ce qui permet aux individus de mieux prendre en main leur propre destin devrait \u00eatre encourag\u00e9\u00bb, souligne Dirk Helbing, transposant ainsi un principe fondamental de la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019IA. La science peut largement y contribuer, mais, selon lui, il est temps que les responsables politiques agissent \u00abenfin\u00bb: \u00abNous, les humains, devenons des mines de donn\u00e9es, tandis que nos droits fondamentaux se trouvent restreints. Il faut s\u2019y opposer!\u00bb<\/p>\n<p>Quand l\u2019intelligence artificielle collecte des donn\u00e9es<\/p>\n<p>Un risque soulign\u00e9 \u00e9galement par Laetitia Ramelet. Philosophe politique \u00e0 la fondation TA-Swiss, elle \u00e9tudie les effets des technologies sur la soci\u00e9t\u00e9. Ce qui l\u2019inqui\u00e8te le plus aujourd\u2019hui pour la d\u00e9mocratie est l\u2019usage de l\u2019IA \u00abpour analyser notre comportement et nos pr\u00e9f\u00e9rences\u00bb.<\/p>\n<p>Les recommandations personnalis\u00e9es et la production massive de contenus peuvent, selon elle, \u00eatre exploit\u00e9es par \u00abdes professionnels ma\u00eetrisant parfaitement ces m\u00e9thodes\u00bb pour \u00abinfluencer subtilement les individus\u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Laetitia Ramelet, l\u2019IA a d\u00e9j\u00e0 un impact direct sur la d\u00e9mocratie, notamment dans la conception des campagnes \u00e9lectorales et des votations. \u00abDeux constats peuvent \u00eatre \u00e9tablis avec certitude, car ils ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises: les textes g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019IA peuvent \u00eatre extr\u00eamement convaincants, et la capacit\u00e9 de persuasion joue un r\u00f4le majeur dans une d\u00e9mocratie\u00bb, note-t-elle.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/laetitiaramelet.jpeg\" width=\"2048\" height=\"1365\" alt=\"Laetitia Ramelet\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Laetitia Ramelet est chercheuse et directrice adjointe chez TA-Swiss, une fondation suisse qui s\u2019int\u00e9resse aux cons\u00e9quences sociales de la technologie.             <\/p>\n<p>            Zur Verf\u00fcgung gestellt        <\/p>\n<p>Sans mesures pr\u00e9ventives, ces mod\u00e8les risquent d\u2019amplifier leurs biais, leurs distorsions et leur tendance \u00e0 l\u2019uniformisation. Sp\u00e9cialiste des deepfakes, Laetitia Ramelet voit \u00e9galement dans la prolif\u00e9ration rapide de contenus faux ou trompeurs une menace pour l\u2019information et l\u2019orientation citoyenne dans une d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces effets, Laetitia Ramelet s\u2019attend aussi \u00e0 voir les services d\u2019IA s\u2019int\u00e9grer progressivement aux institutions d\u00e9mocratiques. \u00abDe nombreux projets sont en cours\u00bb et \u00abplusieurs initiatives vont d\u00e9j\u00e0 dans ce sens\u00bb. Dans le secteur public suisse du moins, les droits fondamentaux, la protection des donn\u00e9es et le contr\u00f4le sont \u00abpris au s\u00e9rieux\u00bb \u00e0 travers ce processus.<\/p>\n<p>L\u2019administration am\u00e9ricaine actuelle, en revanche, ne s\u2019embarrasse gu\u00e8re de ces consid\u00e9rations, estime Bruce Schneier: \u00abLe gouvernement continuera d\u2019utiliser l\u2019IA pour affaiblir la d\u00e9mocratie, car c\u2019est son objectif. Et les personnes qui s\u2019y opposent utiliseront l\u2019IA au service de la d\u00e9mocratie.\u00bb L\u2019intelligence artificielle ne modifie pas l\u2019\u00e9quilibre des forces: elle conf\u00e8re simplement plus de pouvoir aux deux camps, conclut-il.<\/p>\n<p>Texte relu et v\u00e9rifi\u00e9 par Marc Leutenegger, traduit de l\u2019allemand par Z\u00e9lie Schaller\/op<\/p>\n<p>        Articles mentionn\u00e9s    <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une personne utilise le mod\u00e8le linguistique suisse Apertus bas\u00e9 sur l\u2019IA. Pour Bruce Schneier, Apertus est une source&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":49637,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[657,16849,2993,2994,2995,1310,1312,16850,1314,1631,2644,23,9937],"class_list":{"0":"post-49636","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-suisse","8":"tag-article","9":"tag-beat-ai-governance","10":"tag-beat-democracy","11":"tag-beat-digital-democracy","12":"tag-direct-democracy","13":"tag-give-me-perspective","14":"tag-multi","15":"tag-philosophical-science","16":"tag-politics","17":"tag-production-type-adaptation","18":"tag-sci-tech","19":"tag-suisse","20":"tag-technology-general"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116234936810118224","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49636"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49636\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/49637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}