{"id":58769,"date":"2026-03-21T15:51:10","date_gmt":"2026-03-21T15:51:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/58769\/"},"modified":"2026-03-21T15:51:10","modified_gmt":"2026-03-21T15:51:10","slug":"grenouilles-et-crapauds-echappent-a-lhecatombe-grace-a-des-initiatives-locales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/58769\/","title":{"rendered":"Grenouilles et crapauds \u00e9chappent \u00e0 l&rsquo;h\u00e9catombe gr\u00e2ce \u00e0 des initiatives locales"},"content":{"rendered":"<p>Chaque printemps, des milliers d&rsquo;amphibiens traversent les routes genevoises pour rejoindre leurs lieux de ponte. Un p\u00e9riple souvent mortel. Face au risque d&rsquo;h\u00e9catombe, habitants et autorit\u00e9s multiplient les initiatives.<\/p>\n<p>Ce matin de mars, V\u00e9ronique Meister longe une barri\u00e8re de 300 m\u00e8tres install\u00e9e le long de la Route de Juvigny. Elle se penche et vide le seau enterr\u00e9 qui s&rsquo;est rempli d&rsquo;eau pendant la nuit. \u00ab\u00a0Il y a un petit triton alpestre\u00a0\u00bb, dit-elle \u00e0 son coll\u00e8gue du jour Emiliano. Tous deux font partie des b\u00e9n\u00e9voles qui, chaque matin de f\u00e9vrier \u00e0 mars, aident les amphibiens \u00e0 traverser les routes genevoises.<\/p>\n<p>En longeant la cl\u00f4ture, les grenouilles, crapauds et tritons tombent dans des seaux enterr\u00e9s environ tous les dix m\u00e8tres. Les b\u00e9n\u00e9voles les r\u00e9cup\u00e8rent au petit matin pour les faire traverser en s\u00e9curit\u00e9. Cette technique, en place depuis quinze ans sur cette route, a permis de sauver 520 amphibiens l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, estime Lise Barbu, du Karch, le Centre de coordination suisse pour la protection des amphibiens et des reptiles.<\/p>\n<p>Un voyage p\u00e9rilleux<\/p>\n<p>D\u00e9but f\u00e9vrier, les amphibiens ont commenc\u00e9 leur migration annuelle. Leur boussole interne les guide vers leur lieu de naissance pour y pondre \u00e0 leur tour. Un voyage p\u00e9rilleux o\u00f9 les routes sont des pi\u00e8ges mortels.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand les amphibiens rejoignent leur site de reproduction, ils sont vraiment en migration en groupe en fin de journ\u00e9e et en masse\u00a0\u00bb, explique Lise Barbu. Ces animaux mettent aussi du temps \u00e0 traverser la route: \u00ab\u00a0Un crapaud met dix \u00e0 vingt minutes. Et il a tendance \u00e0 s&rsquo;immobiliser d\u00e8s qu&rsquo;un v\u00e9hicule s&rsquo;approche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/uhpils-29189150.image.jpeg\" alt=\"Les b\u00e9n\u00e9voles se relaient tous les matins de d\u00e9but f\u00e9vrier \u00e0 fin mars [Mathilde Salamin]\" title=\"Les b\u00e9n\u00e9voles se relaient tous les matins de d\u00e9but f\u00e9vrier \u00e0 fin mars [Mathilde Salamin]\" loading=\"lazy\"\/>  Les b\u00e9n\u00e9voles se relaient tous les matins de d\u00e9but f\u00e9vrier \u00e0 fin mars [Mathilde Salamin] <\/p>\n<p>Le constat est implacable. \u00ab\u00a0Une seule voiture peut, soit par \u00e9crasement direct, soit par le souffle qu&rsquo;elle g\u00e9n\u00e8re, \u00e9craser quasiment un tiers des individus qui sont sur la route\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Jacques Thi\u00e9baud, coordinateur du Karch Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Mi-mars, la p\u00e9riode de ponte s&rsquo;ach\u00e8ve doucement. Les amphibiens qui ont accompli leur mission empruntent le chemin du retour vers leurs habitats d&rsquo;origine. \u00ab\u00a0Normalement, la migration retour est plus \u00e9tal\u00e9e pendant la nuit.\u00a0\u00bb Malgr\u00e9 cela, la route reste un pi\u00e8ge mortel pour ces animaux \u00e0 sang froid, regrette Lise Barbu.<\/p>\n<p>\u00c0 Cartigny, une route ferm\u00e9e la nuit<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;autre bout du canton, la commune de Cartigny a choisi une approche diff\u00e9rente. Depuis f\u00e9vrier, un segment de la route foresti\u00e8re de Vorpillaz est ferm\u00e9e de 17h \u00e0 7h du matin.<\/p>\n<p> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/pz3fh1-29189153.image.jpeg\" alt=\"Les b\u00e9n\u00e9voles rel\u00e8vent le nombre et le type d'amphibiens sauv\u00e9s. [Mathilde Salamin]\" title=\"Les b\u00e9n\u00e9voles rel\u00e8vent le nombre et le type d'amphibiens sauv\u00e9s. [Mathilde Salamin]\" loading=\"lazy\"\/>  Les b\u00e9n\u00e9voles rel\u00e8vent le nombre et le type d&rsquo;amphibiens sauv\u00e9s. [Mathilde Salamin] <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un d\u00e9tour d&rsquo;environ une minute trente pour les conducteurs et conductrices\u00a0\u00bb, estime Nicolas Ponticelli, conseiller administratif de la commune. \u00ab\u00a0Il y a une volont\u00e9 au niveau du canton, avec la strat\u00e9gie biodiversit\u00e9 2030, de promouvoir la migration de la faune, de sauvegarder des corridors biologiques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette mesure fait suite \u00e0 l&rsquo;alerte d&rsquo;un habitant, t\u00e9moin de l&rsquo;h\u00e9catombe. \u00ab\u00a0Pendant trois ans, je les sauvais un par un. Mais l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e, il y en a eu tellement! Je me suis dit qu&rsquo;on pouvait faire mieux\u00a0\u00bb, raconte Alexandre van Rossum. Sur les conseils de Pro Natura et du Karch, la commune a rapidement r\u00e9agi en fermant temporairement cette route.<\/p>\n<p>Le 10 mars dernier, une trentaine d&rsquo;habitantes et habitants se sont r\u00e9unis sur cette route d\u00e9sormais silencieuse. Une initiative organis\u00e9e conjointement par la commune, Pro Natura et le Karch.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le but, c&rsquo;est de sensibiliser la population \u00e0 notre action, de leur montrer ce qui se passe la nuit\u00a0\u00bb, explique Nicolas Ponticelli. \u00ab\u00a0Certaines personnes n&rsquo;avaient pas compris pourquoi on coupait cette route.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur la chauss\u00e9e lib\u00e9r\u00e9e des voitures, le groupe aper\u00e7oit des tritons. \u00ab\u00a0L\u00e0, elle a le ventre arrondi, c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle a tous les \u0153ufs dans son ventre\u00a0\u00bb, commente Jacques Thi\u00e9baud en montrant l&rsquo;un d&rsquo;eux.<\/p>\n<p>Des solutions p\u00e9rennes \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ilgj6t-29189152.image.jpeg\" alt=\"Un petit triton sauv\u00e9 [Mathilde Salamin]\" title=\"Un petit triton sauv\u00e9 [Mathilde Salamin]\" loading=\"lazy\"\/>  Un petit triton sauv\u00e9 [Mathilde Salamin] <\/p>\n<p>La fermeture nocturne reste temporaire. \u00ab\u00a0Pour les prochaines ann\u00e9es, on envisage d&rsquo;autres mesures beaucoup plus p\u00e9rennes\u00a0\u00bb, annonce Nicolas Ponticelli.<\/p>\n<p>Des tunnels souterrains? Ces passages font en tout cas partie des solutions mises en avant par les associations qui \u0153uvrent pour la sauvegarde des amphibiens. \u00c0 Jussy, un projet du type est d&rsquo;ailleurs envisag\u00e9 et souhait\u00e9 pour fin 2026-2027, \u00ab\u00a0sous toute r\u00e9serve de l&rsquo;accord des parties\u00a0\u00bb concern\u00e9es, pr\u00e9cise l&rsquo;Office cantonal de l\u2019agriculture et de la nature.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En vingt ans, les effectifs des populations d&rsquo;amphibiens ont diminu\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de 60% dans toute la Suisse\u00a0\u00bb, alerte Lise Barbu. \u00c0 Gen\u00e8ve, douze esp\u00e8ces d&rsquo;amphibiens sont recens\u00e9es, sur une vingtaine en Suisse.<\/p>\n<p>Les associations appellent enfin les automobilistes \u00e0 la prudence. Il est recommand\u00e9 d&rsquo;\u00e9viter les routes foresti\u00e8res lors des nuits pluvieuses de f\u00e9vrier \u00e0 mars, quand ces animaux sont les plus actifs.<\/p>\n<p class=\"sources\">Mathilde Salamin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Chaque printemps, des milliers d&rsquo;amphibiens traversent les routes genevoises pour rejoindre leurs lieux de ponte. 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