{"id":66488,"date":"2026-03-26T15:45:08","date_gmt":"2026-03-26T15:45:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/66488\/"},"modified":"2026-03-26T15:45:08","modified_gmt":"2026-03-26T15:45:08","slug":"allegra-le-deuil-dun-ete-sous-la-plume-demmanuelle-fournier-lorentz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/66488\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Allegra\u00a0\u00bb, le deuil d&rsquo;un \u00e9t\u00e9 sous la plume d&rsquo;Emmanuelle Fournier-Lorentz"},"content":{"rendered":"<p>Une adolescente de 17 ans, hant\u00e9e par le suicide de son fr\u00e8re, passe ses vacances dans la Dr\u00f4me pour un tournage. Elle y tombe amoureuse. L&rsquo;\u00e9crivaine lausannoise Emmanuelle Fournier-Lorentz nous plonge dans l&rsquo;ardeur de ces \u00e9t\u00e9s qui nous changent avec \u00ab\u00a0Allegra\u00a0\u00bb, son deuxi\u00e8me roman.<\/p>\n<p>Un p\u00e8re absent, une m\u00e8re d\u00e9pass\u00e9e, trois enfants &#8211; parmi lesquels la narratrice. On ajoutera: l&rsquo;ombre d&rsquo;un suicid\u00e9. Il y a quatre ans dans \u00ab\u00a0Villa royale\u00a0\u00bb (2022), Emmanuelle Fournier-Lorentz utilisait d\u00e9j\u00e0 ce dispositif. Mais sa nouvelle h\u00e9ro\u00efne, Jacob Allegra, est \u00e2g\u00e9e de 17 ans (Palma en avait 11). Et cela change tout. Sans parler de son milieu social.<\/p>\n<p>Une jeunesse de pensionnats<\/p>\n<p>Le milieu des \u00ab\u00a0ultra-riches\u00a0\u00bb, Emmanuelle Fournier-Lorentz n&rsquo;en connaissait pas grand-chose, mais l&rsquo;id\u00e9e du roman lui vient en passant devant une imposante demeure des Mousquines, quartier chic de Lausanne. \u00ab\u00a0C&rsquo;est une maison incroyable qui doit valoir des millions. Elle est myst\u00e9rieuse, toujours \u00e9teinte. Il y a seulement une petite lumi\u00e8re de temps en temps. J&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;histoire de cette famille, qu&rsquo;\u00e9videmment, je ne peux pas nommer\u2026\u00a0\u00bb, explique-t-elle dans le podcast QWERTZ du 26 mars.<\/p>\n<p>De cette fen\u00eatre surgit, comme d&rsquo;un projecteur de cin\u00e9ma, l&rsquo;\u00e9paisseur d&rsquo;une fiction. Nous voici dans la Dr\u00f4me, o\u00f9 Jacob Allegra tourne pour une r\u00e9alisatrice estim\u00e9e et tyrannique: P\u00e9n\u00e9lope, ancienne amante de sa m\u00e8re. Mais Jacob se moque d&rsquo;elle comme du film, dont on ne saura \u00e0 peu pr\u00e8s rien. L&rsquo;objet de son d\u00e9sir se nomme Ardente, une fille du village au charme obsessionnel.<\/p>\n<p class=\"q-text\">Ce charme que je n&rsquo;arrive pas \u00e0 d\u00e9crire et qui est la propri\u00e9t\u00e9 de quelques personnes dans le monde et de certains \u00e9l\u00e9ments naturels. Le sable du d\u00e9sert. Ses teintes ocre, le fait qu&rsquo;il file entre les doigts. Les martinets, purs et heureux, oiseaux qui n&rsquo;atterrissent jamais. Le bruit d&rsquo;une claque affol\u00e9e sur une joue.<\/p>\n<p>  Extrait du roman \u00ab\u00a0Allegra\u00a0\u00bb d\u2019Emmanuelle Fournier-Lorentz <\/p>\n<p>Dans la moiteur d&rsquo;une chambre, l&rsquo;illusion op\u00e8re. Une plaie jumelle relie les adolescentes, dont elles ne diront rien: le suicide de leurs fr\u00e8res respectifs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Plus profond que la mort\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un th\u00e8me qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au c\u0153ur de \u00ab\u00a0Villa royale\u00a0\u00bb: \u00ab\u00a0Je parlerai de suicide dans tous mes livres\u00a0\u00bb, explique Emmanuelle Fournier-Lorentz, qui fait exister ce tabou avec beaucoup de tact, en hors-champ. Cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, pourtant, rien ne pourra \u00eatre d\u00e9pass\u00e9. \u00ab\u00a0Parfois, je r\u00eave que Jacob et Ardente se retrouvent un jour et qu\u2019elles arrivent, dix ou vingt ans plus tard, \u00e0 \u00e9voquer leurs fr\u00e8res respectifs\u00a0\u00bb, indique Emmanuelle Fournier-Lorentz.<\/p>\n<p>Aussi brutalement qu&rsquo;elle est apparue, Ardente dispara\u00eet. Jacob plonge, puis se ressaisit: secou\u00e9e par Emmanuel, bien plus qu&rsquo;un fr\u00e8re de substitution. Elle claque la porte du tournage et brise l&#8217;emprise de P\u00e9n\u00e9lope. Cap sur Tours, o\u00f9 Ardente serait all\u00e9e, et o\u00f9 Jacob a grandi. Tout comme la romanci\u00e8re, qui confie au podcast de QWERTZ ressentir un flottement quant \u00e0 sa propre \u00ab\u00a0appartenance\u00a0\u00bb, m\u00eame si elle se sent d\u00e9sormais Suissesse: \u00ab\u00a0Je serai Suissesse dans quelques mois &#8211; enfin, si je ne foire pas mon examen. J&rsquo;y vis depuis vingt ans, plus de la moiti\u00e9 de ma vie. Mais je suis assez \u00e9tonn\u00e9e que les gens se sentent appartenir \u00e0 un lieu. Moi, c&rsquo;est surtout un pays que j&rsquo;ai envie d&rsquo;explorer par l&rsquo;\u00e9criture\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On ne r\u00e9v\u00e9lera pas l&rsquo;issue de la qu\u00eate de Jacob, si ce n&rsquo;est pour dire qu'\u00a0\u00bbAllegra\u00a0\u00bb est peut-\u00eatre un livre sur le cin\u00e9ma, il a surtout le bon go\u00fbt d&rsquo;en gripper la m\u00e9canique. Roman psychologique (parfois trop) port\u00e9 par une langue physique \u00e0 la beaut\u00e9 \u00e9trange, \u00ab\u00a0Allegra\u00a0\u00bb sonde \u00ab\u00a0les blessures, le c\u0153ur, et la perception de l&rsquo;enfance\u00a0\u00bb. Toutes choses dont Emmanuelle Fournier-Lorentz, en deux romans, est devenue l&rsquo;une de celles qui parlent avec le plus d&rsquo;ardeur, et le plus d&rsquo;all\u00e9gresse.<\/p>\n<p class=\"sources\">Daniel Vuataz\/ld<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">Emmanuelle Fournier-Lorentz, \u00ab\u00a0Allegra\u00a0\u00bb, Gallimard, mars 2026.<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">Vous aimez lire?\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/culture\/livres\/10829254-vous-aimez-les-livres-voici-qwertz.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Abonnez-vous \u00e0 QWERTZ<\/a>\u00a0et recevez chaque vendredi cette newsletter consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9 du livre pr\u00e9par\u00e9e par RTS Culture.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une adolescente de 17 ans, hant\u00e9e par le suicide de son fr\u00e8re, passe ses vacances dans la Dr\u00f4me&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":66489,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[380,113,20488,112,1797,389,214,1284,5514,26,238,15895,23,1803],"class_list":{"0":"post-66488","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-arts-et-divertissement","9":"tag-divertissement","10":"tag-emmanuelle-fournier-lorentz","11":"tag-entertainment","12":"tag-fin-de-vie-et-mort","13":"tag-litterature","14":"tag-livres","15":"tag-mere","16":"tag-production-de-films","17":"tag-roman","18":"tag-societe","19":"tag-suicide","20":"tag-suisse","21":"tag-valeurs"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116296255001156947","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66488","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66488"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66488\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/66489"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66488"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66488"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66488"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}