{"id":87194,"date":"2026-04-12T10:52:13","date_gmt":"2026-04-12T10:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/87194\/"},"modified":"2026-04-12T10:52:13","modified_gmt":"2026-04-12T10:52:13","slug":"des-microplastiques-retrouves-dans-9-tumeurs-sur-10-dans-une-etude-pilote-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/87194\/","title":{"rendered":"des microplastiques retrouv\u00e9s dans 9 tumeurs sur 10 dans une \u00e9tude pilote am\u00e9ricaine"},"content":{"rendered":"<p>Une \u00e9quipe de l\u2019universit\u00e9 de New York <a href=\"https:\/\/www.eurekalert.org\/news-releases\/1116628\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">a d\u00e9tect\u00e9 des particules de plastique dans la quasi-totalit\u00e9 des tumeurs prostatiques analys\u00e9es, \u00e0 des concentrations 2,5 fois sup\u00e9rieures \u00e0 celles des tissus sains voisins<\/a>. Une \u00e9tude de petite ampleur, mais qui relance le d\u00e9bat sur les effets sanitaires d\u2019une pollution d\u00e9sormais omnipr\u00e9sente.<\/p>\n<p>C\u2019est une \u00e9tude de petite ampleur, et ses auteurs sont les premiers \u00e0 le rappeler. Mais ses r\u00e9sultats sont suffisamment frappants pour qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate. Pr\u00e9sent\u00e9s au Symposium des cancers g\u00e9nito-urinaires de l\u2019American Society of Clinical Oncology et relay\u00e9s d\u00e9but avril 2026 par la presse am\u00e9ricaine, les travaux d\u2019une \u00e9quipe de la NYU Grossman School of Medicine montrent que des particules de microplastique ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans 9 tumeurs prostatiques sur 10, \u00e0 des concentrations en moyenne 2,5 fois plus \u00e9lev\u00e9es que dans les tissus sains adjacents.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude pilote, mais des chiffres parlants<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate a port\u00e9 sur dix hommes atteints d\u2019un cancer de la prostate qui avaient subi une ablation totale de leur glande. Les chercheurs ont analys\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment les tissus tumoraux et les tissus sains environnants, en cherchant la trace de douze types courants de mol\u00e9cules plastiques. Les pr\u00e9cautions prises pour \u00e9viter toute contamination ont \u00e9t\u00e9 drastiques : outils en aluminium et coton, conditions de salle blanche.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats sont sans ambigu\u00eft\u00e9.\u00a0Des particules de plastique ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es dans 90 % des tumeurs analys\u00e9es, et dans 70 % des tissus sains.\u00a0Mais surtout, la concentration diff\u00e8re du tout au tout : environ\u00a040 microgrammes de plastique par gramme de tissu canc\u00e9reux, contre 16 microgrammes dans les tissus sains. Soit deux fois et demie plus.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n<p>\u00ab Notre \u00e9tude pilote apporte des preuves importantes que l\u2019exposition aux microplastiques pourrait constituer un facteur de risque pour le cancer de la prostate \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 la docteure Stacy Loeb, professeure d\u2019urologie \u00e0 la NYU Grossman School of Medicine et premier auteur de l\u2019\u00e9tude. Selon elle, il s\u2019agit de la premi\u00e8re \u00e9valuation occidentale de ce type \u00e0 comparer la charge en microplastiques entre tissus prostatiques canc\u00e9reux et tissus sains.<\/p>\n<p>Vittorio Albergamo, professeur assistant au d\u00e9partement de p\u00e9diatrie de la NYU et coauteur principal, va plus loin : \u00ab En r\u00e9v\u00e9lant un nouveau risque potentiel pour la sant\u00e9 li\u00e9 au plastique, nos r\u00e9sultats soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 de mesures r\u00e9glementaires plus strictes pour limiter l\u2019exposition du public \u00e0 ces substances, qui sont partout dans l\u2019environnement. \u00bb<\/p>\n<p>Corr\u00e9lation n\u2019est pas causalit\u00e9 \u2014 les chercheurs restent prudents<\/p>\n<p>Soyons clairs : cette \u00e9tude ne prouve pas que les microplastiques causent le cancer de la prostate. Elle \u00e9tablit une corr\u00e9lation, pas un lien de cause \u00e0 effet. La science sur les effets sanitaires des microplastiques chez l\u2019homme reste, \u00e0 ce jour, largement incertaine. Il est tout \u00e0 fait possible, par exemple, que les tissus canc\u00e9reux soient simplement plus enclins \u00e0 accumuler ces particules, sans que celles-ci jouent un r\u00f4le causal dans le d\u00e9veloppement de la maladie.<\/p>\n<p>Le docteur David Shusterman, urologue new-yorkais qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude, r\u00e9sume la position majoritaire dans la communaut\u00e9 scientifique : ce travail est \u00ab g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019hypoth\u00e8ses, pas de changement de pratique \u00bb. Il rappelle qu\u2019\u00ab il n\u2019existe actuellement aucun test clinique permettant de mesurer la charge en microplastiques dans la prostate, et aucune intervention valid\u00e9e pour les \u00e9liminer \u00bb. Aux hommes inquiets, il recommande de s\u2019en tenir aux strat\u00e9gies \u00e9prouv\u00e9es de r\u00e9duction du risque : maintenir un poids sant\u00e9, faire de l\u2019exercice r\u00e9guli\u00e8rement, ne pas fumer, limiter l\u2019alcool, et suivre les recommandations de d\u00e9pistage.<\/p>\n<p>Plus critique encore, Chris DeArmitt, docteur en chimie et pr\u00e9sident du Plastics Research Council (un organisme financ\u00e9 par l\u2019industrie qui se pr\u00e9sente comme une organisation \u00e0 but non lucratif), conteste la port\u00e9e m\u00eame des r\u00e9sultats : \u00ab Ils trouvent du plastique et aucun lien avec un quelconque effet sur la sant\u00e9. On nous fait peur pour rien. \u00bb Il rappelle que des particules naturelles parfaitement non plastiques \u2014 quartz, poussi\u00e8re de bois, poussi\u00e8re de cuir \u2014 sont, elles, scientifiquement reconnues comme canc\u00e9rig\u00e8nes.<\/p>\n<p>Pour d\u2019autres m\u00e9decins, un \u00ab signal d\u2019alarme \u00bb \u00e0 prendre au s\u00e9rieux<\/p>\n<p>D\u2019autres voix, en revanche, jugent les r\u00e9sultats pr\u00e9occupants. Le docteur Joseph Mercola, m\u00e9decin de famille am\u00e9ricain \u2014 figure \u00e9galement controvers\u00e9e pour certaines de ses prises de position publiques \u2014, parle d\u2019un \u00ab s\u00e9rieux signal d\u2019alarme \u00bb. Son argumentation s\u2019appuie sur deux m\u00e9canismes biologiques connus.<\/p>\n<p>Premier \u00e9l\u00e9ment : la prostate est un organe \u00ab hormonal \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle d\u00e9pend \u00e9troitement de l\u2019\u00e9quilibre hormonal pour fonctionner normalement. Or les microplastiques contiennent et lib\u00e8rent des substances chimiques connues comme perturbateurs endocriniens, notamment les phtalates et les bisph\u00e9nols. Ces substances ne restent pas inertes : elles migrent, et peuvent venir perturber la r\u00e9gulation hormonale qui maintient une croissance cellulaire normale.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment : le cancer de la prostate appara\u00eet \u00ab presque toujours \u00bb dans des tissus d\u00e9j\u00e0 enflamm\u00e9s. Or l\u2019inflammation chronique est pr\u00e9cis\u00e9ment la r\u00e9ponse de l\u2019organisme \u00e0 des expositions toxiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. \u00ab Les microplastiques stressent vos cellules, ab\u00eement vos mitochondries, et d\u00e9clenchent ce type d\u2019inflammation au long cours qui donne au cancer un point d\u2019ancrage \u00bb, explique Mercola.<\/p>\n<p>Le docteur Nhan Nguyen, m\u00e9decin et avocat sp\u00e9cialis\u00e9 dans les affaires li\u00e9es aux substances PFAS (les fameux \u00ab polluants \u00e9ternels \u00bb), fait pour sa part une comparaison frappante : \u00ab C\u2019est comme l\u2019annonce d\u2019une mar\u00e9e noire. Sauf que cette mar\u00e9e noire est chronique et affecte des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res via notre eau, notre nourriture et nos objets du quotidien. \u00bb<\/p>\n<p>Un cancer en progression constante<\/p>\n<p>Le sujet est d\u2019autant plus sensible que le cancer de la prostate est,\u00a0en dehors des cancers de la peau, le cancer le plus fr\u00e9quent chez les hommes\u00a0dans les pays occidentaux. Selon l\u2019American Cancer Society, son incidence aux \u00c9tats-Unis progresse de 3 % par an depuis dix ans. Sur 100 hommes am\u00e9ricains, environ 13 d\u00e9velopperont un cancer de la prostate au cours de leur vie, et 2 \u00e0 3 en mourront. Les chiffres fran\u00e7ais suivent une tendance comparable, avec environ 60 000 nouveaux cas diagnostiqu\u00e9s chaque ann\u00e9e et pr\u00e8s de 9 000 d\u00e9c\u00e8s \u2014 c\u2019est le cancer masculin le plus fr\u00e9quent dans l\u2019Hexagone.<\/p>\n<p>Or les microplastiques sont d\u00e9sormais omnipr\u00e9sents. Ils p\u00e9n\u00e8trent dans le corps humain par trois voies : ingestion (eau, aliments, vaisselle), inhalation (textiles synth\u00e9tiques, poussi\u00e8res domestiques) et contact cutan\u00e9. Des \u00e9tudes ant\u00e9rieures en ont retrouv\u00e9 dans pratiquement tous les organes humains \u2014 sang, poumons, placenta, et m\u00eame tissu osseux. Mais les cons\u00e9quences exactes de cette accumulation restent largement \u00e0 explorer.<\/p>\n<p>Que faire en attendant ?<\/p>\n<p>Plus que jamais, le principe de pr\u00e9caution semble s\u2019imposer \u2014 sans pour autant c\u00e9der \u00e0 la panique. En attendant des \u00e9tudes de plus grande ampleur capables d\u2019\u00e9tablir, ou d\u2019\u00e9carter, un v\u00e9ritable lien de causalit\u00e9 entre microplastiques et cancer de la prostate, les recommandations classiques tiennent toujours : limiter l\u2019usage des plastiques alimentaires (en particulier ne jamais r\u00e9chauffer un aliment dans un contenant en plastique), privil\u00e9gier l\u2019eau du robinet filtr\u00e9e plut\u00f4t qu\u2019embouteill\u00e9e quand c\u2019est possible, r\u00e9duire les textiles synth\u00e9tiques au profit du coton ou du lin, a\u00e9rer son logement pour limiter les microparticules en suspension.<\/p>\n<p>Et plus fondamentalement, peut-\u00eatre, accepter de regarder en face une r\u00e9alit\u00e9 industrielle et \u00e9conomique : nous avons enseveli notre environnement, notre alimentation et nos v\u00eatements sous une couche de plastique en l\u2019espace de deux g\u00e9n\u00e9rations, sans jamais v\u00e9ritablement nous interroger sur les cons\u00e9quences \u00e0 long terme pour le vivant. Les chercheurs, eux, commencent \u00e0 peine \u00e0 mesurer ce que nous y avons perdu \u2014 et ce que nos corps en gardent.<\/p>\n<p>Comme le r\u00e9sume Vittorio Albergamo, ces r\u00e9sultats devraient surtout pousser les autorit\u00e9s sanitaires \u00e0 enfin prendre au s\u00e9rieux la question d\u2019une r\u00e9gulation plus stricte de la production et de l\u2019usage des plastiques. Car au-del\u00e0 du d\u00e9bat scientifique sur la causalit\u00e9, une chose est certaine : retrouver des particules de plastique dans 9 tumeurs sur 10 d\u2019organes humains n\u2019a, en soi, rien de rassurant.<\/p>\n<p>Source : \u00c9tude pilote pr\u00e9sent\u00e9e au Genitourinary Cancers Symposium de l\u2019American Society of Clinical Oncology, men\u00e9e par la Dr Stacy Loeb (NYU Grossman School of Medicine) et le Pr Vittorio Albergamo.\u00a0<\/p>\n<p>Photo d\u2019illustration : DR<\/p>\n<p>[cc] Article r\u00e9dig\u00e9 par la r\u00e9daction de breizh-info.com et relu et corrig\u00e9 (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Breizh-info.com, 2026, d\u00e9p\u00eaches libres de copie et de diffusion sous r\u00e9serve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d\u2019origine<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une \u00e9quipe de l\u2019universit\u00e9 de New York a d\u00e9tect\u00e9 des particules de plastique dans la quasi-totalit\u00e9 des tumeurs&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":87195,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[24755,5736,2024,24756,2358,355,24757,83,1786,24758,24759,13534,24760,5735,14901,5734,19886,14902,2662,24761,84,24762,23,24763],"class_list":{"0":"post-87194","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-american-society-of-clinical-oncology","9":"tag-bisphenols","10":"tag-cancer-de-la-prostate","11":"tag-cancerigene","12":"tag-depistage","13":"tag-environnement","14":"tag-etude-scientifique","15":"tag-health","16":"tag-hormones","17":"tag-inflammation-chronique","18":"tag-joseph-mercola","19":"tag-microplastiques","20":"tag-nyu-grossman-school-of-medicine","21":"tag-perturbateurs-endocriniens","22":"tag-pfas","23":"tag-phtalates","24":"tag-plastique","25":"tag-polluants-eternels","26":"tag-pollution","27":"tag-principe-de-precaution","28":"tag-sante","29":"tag-stacy-loeb","30":"tag-suisse","31":"tag-vittorio-albergamo"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116391362156458717","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87194","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=87194"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87194\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/87195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=87194"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=87194"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=87194"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}