{"id":88987,"date":"2026-04-14T10:23:09","date_gmt":"2026-04-14T10:23:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/88987\/"},"modified":"2026-04-14T10:23:09","modified_gmt":"2026-04-14T10:23:09","slug":"avec-i-swear-le-syndrome-de-gilles-de-la-tourette-trouve-enfin-un-vrai-recit-au-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/88987\/","title":{"rendered":"Avec \u00ab\u00a0I Swear\u00a0\u00bb, le syndrome de Gilles de la Tourette trouve enfin un vrai r\u00e9cit au cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0I Swear\u00a0\u00bb de Kirk Jones met en lumi\u00e8re l\u2019incompr\u00e9hension et la stigmatisation auxquelles sont confront\u00e9es les personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette. Sensible et plein d&rsquo;humour, le film sorti le 8 avril retrace l\u2019histoire vraie de John Davidson, qui a contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre ce handicap.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je jure devant Dieu Tout-Puissant de dire toute la v\u00e9rit\u00e9. De dire toute la v\u00e9rit\u00e9, gros connard.\u00a0\u00bb A l&rsquo;image de cette sc\u00e8ne dans laquelle John Davidson insulte un juge dans un tribunal, \u00ab\u00a0I Swear (Plus fort que moi)\u00a0\u00bb plonge les spectateurs dans la r\u00e9alit\u00e9 du syndrome de Gilles de la Tourette \u00e0 travers le parcours de ce militant \u00e9cossais qui a fait conna\u00eetre ce handicap en Grande-Bretagne d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>Ce trouble neurologique se manifeste par des tics moteurs et vocaux involontaires, parfois &#8211; mais pas syst\u00e9matiquement &#8211; accompagn\u00e9s de l\u2019\u00e9mission incontr\u00f4l\u00e9e de jurons. Situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin entre le documentaire et le film feel good, le long m\u00e9trage de Kirk Jones parvient \u00e0 montrer des souffrances bien r\u00e9elles, sans tomber dans le pathos qui caract\u00e9rise trop souvent les biopics.<\/p>\n<p> &gt;&gt; A \u00e9couter, une interview de la professeure Kerstin von Plessende, sp\u00e9cialiste du syndrome Gilles de la Tourette\u00a0:    \u00ab\u00a0Plus fort que moi\u00a0\u00bb: un film sur le syndrome de la Tourette \/ CQFD \/ 13 min. \/ jeudi \u00e0 10:06 La rupture du lien social<\/p>\n<p>Structur\u00e9 en deux parties, le film s\u2019attarde d\u2019abord sur l\u2019adolescence de John. Elle montre de mani\u00e8re progressive le calvaire que vit ce jeune homme, de l&rsquo;incompr\u00e9hension familiale \u00e0 l&rsquo;exclusion sociale. La seconde partie, plus tourn\u00e9e vers la r\u00e9silience et la reconstruction, vient ensuite prolonger le r\u00e9cit.<\/p>\n<p>John Davidson est d\u2019abord rejet\u00e9 de la table familiale, contraint de manger seul devant la chemin\u00e9e car il ne peut s\u2019emp\u00eacher de cracher sa nourriture au visage de ses parents. Une autre sc\u00e8ne illustre tout aussi clairement la rupture du lien social \u00e0 laquelle il est confront\u00e9: alors qu\u2019il invite une camarade \u00e0 aller au cin\u00e9ma, il laisse \u00e9chapper un juron obsc\u00e8ne, brisant instantan\u00e9ment cette relation naissante.<\/p>\n<p>Contenu externe<\/p>\n<p> Ce contenu externe ne peut pas \u00eatre affich\u00e9 car il est susceptible de collecter des donn\u00e9es personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la cat\u00e9gorie R\u00e9seaux sociaux. <\/p>\n<p> Accepter Plus d&rsquo;info <\/p>\n<p>    La violence de l&rsquo;exclusion<\/p>\n<p>Le film montre les cons\u00e9quences sociales r\u00e9elles de ce syndrome parfois per\u00e7u comme amusant et souvent montr\u00e9 de mani\u00e8re caricaturale. Le personnage subit des violences physiques, se fait tabasser, arr\u00eater par une police qui ne comprend pas sa pathologie. L&rsquo;incompr\u00e9hension atteint son paroxysme lors de cette sc\u00e8ne de tribunal o\u00f9, incapable de contr\u00f4ler ses tics, il insulte le juge et se retrouve emprisonn\u00e9.<\/p>\n<p>Et pourtant, John Davidson ne fait objectivement de mal \u00e0 personne. Mais par ses crises, ses cris, ses jurons, il vient perturber l&rsquo;ordre social, ce qui va conduire \u00e0 son ostracisation progressive. Le film interroge ainsi moins le syndrome lui-m\u00eame que les m\u00e9canismes sociaux qui transforment une diff\u00e9rence en motif d\u2019exclusion.<\/p>\n<p>Un montage qui renforce le processus d&rsquo;isolement<\/p>\n<p>Le montage joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans cette lecture, particuli\u00e8rement durant la partie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019adolescence. Le rythme, d\u2019abord rapide et presque euphorique, bascule brusquement vers une temporalit\u00e9 plus lente et \u00e9touffante \u00e0 mesure que les premiers sympt\u00f4mes apparaissent, traduisant formellement la perte de contr\u00f4le et l\u2019isolement croissant du personnage.<\/p>\n<p>Les cadrages participent de cette m\u00eame logique: de plus en plus serr\u00e9s, souvent confin\u00e9s \u00e0 des espaces clos, ils enferment John dans des int\u00e9rieurs qui deviennent autant de m\u00e9taphores visuelles de son repli forc\u00e9. La forme \u00e9pouse ainsi le fond, mat\u00e9rialisant l\u2019exclusion sociale et l\u2019incompr\u00e9hension qui structurent son exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>La repr\u00e9sentation du handicap \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran<\/p>\n<p>Ni Scott Ellis Watson, qui incarne le personnage adolescent, ni Robert Aramayo, qui le joue adulte, ne sont atteints du syndrome de la Tourette. Leurs performances reposent donc enti\u00e8rement sur le jeu d&rsquo;acteur. Robert Aramayo a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 du BAFTA (\u00e9quivalent d&rsquo;un C\u00e9sar en Grande-Bretagne) du meilleur acteur pour cette interpr\u00e9tation jug\u00e9e digne et r\u00e9aliste.<\/p>\n<p>Ce parti pris de distribution a toutefois suscit\u00e9 un d\u00e9bat sur la repr\u00e9sentation du handicap \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Kirk Jones avait initialement envisag\u00e9 que John Davidson interpr\u00e8te son propre r\u00f4le, mais les deux hommes ont rapidement compris que cela serait irr\u00e9alisable. Le r\u00e9alisateur a expliqu\u00e9 qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 notamment extr\u00eamement difficile d\u2019obtenir certains tics de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e pour les besoins pr\u00e9cis de certaines sc\u00e8nes de la part d&rsquo;une personne r\u00e9ellement atteinte du syndrome Gilles de la Tourette.<\/p>\n<p class=\"sources\">Sujet radio: No\u00e9mie Desarzens, Vincent Adatte et Rafael Wolf<\/p>\n<p class=\"credit\">Adaptation web: Andr\u00e9anne Quartier-la-Tente<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">\u00ab\u00a0I Swear (Plus fort que moi)\u00a0\u00bb de Kirk Jones, Avec Robert Aramayo,\u00a0Shirley Henderson,\u00a0Maxine Peake. A voir dans les salles romandes depuis le 8 avril 2026.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0I Swear\u00a0\u00bb de Kirk Jones met en lumi\u00e8re l\u2019incompr\u00e9hension et la stigmatisation auxquelles sont confront\u00e9es les personnes atteintes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":88988,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[380,384,172,1248,113,112,139,25054,5509,25055,25056,25057,25058,1810,7454,23],"class_list":{"0":"post-88987","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-divertissement","8":"tag-arts-et-divertissement","9":"tag-cinema","10":"tag-culture","11":"tag-debat","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-film","15":"tag-georges-gilles-de-la-tourette","16":"tag-handicap","17":"tag-i-swear","18":"tag-john-davidson","19":"tag-kirk-jones","20":"tag-maxine-peake","21":"tag-recit","22":"tag-robert-aramayo","23":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116402572728247139","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88987","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88987"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88987\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}