{"id":94553,"date":"2026-04-18T13:51:13","date_gmt":"2026-04-18T13:51:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/94553\/"},"modified":"2026-04-18T13:51:13","modified_gmt":"2026-04-18T13:51:13","slug":"depression-resistante-comment-sortir-de-limpasse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/94553\/","title":{"rendered":"D\u00e9pression r\u00e9sistante\u00a0: Comment sortir de l&rsquo;impasse\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-style: italic\" itemprop=\"description\">De nombreux patients s&rsquo;enlisent dans la maladie. Dans un plaidoyer, \u00a0\u00bb\u00a0Halte \u00e0 la d\u00e9pression r\u00e9sistante\u00a0\u00ab\u00a0, l&rsquo;Unafam et France D\u00e9pression alertent sur les failles du syst\u00e8me et appellent \u00e0 une prise en charge plus rapide et mieux coordonn\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, \u00e7a va mieux mais je reste vigilant.\u00a0\u00bb Marc, 48 ans, enseignant, choisit ses mots avec pr\u00e9caution. Il parle lentement, comme s&rsquo;il mesurait encore le poids de ce qu&rsquo;il a travers\u00e9. Pendant des ann\u00e9es, il a tenu bon dans un m\u00e9tier qu&rsquo;il aimait, malgr\u00e9 des conditions de travail de plus en plus difficiles.<\/p>\n<p>Une longue descente<\/p>\n<p class=\"p3\">Jusqu&rsquo;\u00e0 son burn-out, ou syndrome d&rsquo;\u00e9puisement professionnel, en 2010. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s cela, plus rien n&rsquo;est revenu vraiment \u00e0 la normale\u00a0\u00bb, raconte-t-il. Il sombre dans une profonde d\u00e9pression. Une tentative de suicide entra\u00eene une hospitalisation prolong\u00e9e. Un an plus tard, Marc rentre chez lui, toujours rong\u00e9 par la douleur psychique malgr\u00e9 plusieurs antid\u00e9presseurs et des ajustements de traitements. Son psychiatre \u00e9voque alors une d\u00e9pression r\u00e9sistante et propose une sismoth\u00e9rapie (\u00e9lectrochocs). \u00ab\u00a0J&rsquo;ai eu une centaine de s\u00e9ances\u00a0\u00bb, dit-il. Sans am\u00e9lioration notable, sinon des pertes de m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Un handicap invisible<\/p>\n<p class=\"p3\">La d\u00e9pression r\u00e9sistante se d\u00e9finit par la persistance des sympt\u00f4mes malgr\u00e9 au moins deux traitements antid\u00e9presseurs bien conduits. En France, pr\u00e8s d&rsquo;un million de personnes seraient concern\u00e9es selon le Plaidoyer \u00ab\u00a0Halte \u00e0 la r\u00e9pression r\u00e9sistante\u00a0\u00bb. Mais au-del\u00e0 de la d\u00e9finition clinique, ce sont surtout des existences qui se r\u00e9tr\u00e9cissent avec une maladie qui envahit toute l&rsquo;existence. Elle agit comme un handicap invisible : rien ne se voit, mais tout est affect\u00e9. Le travail devient incertain, parfois impossible. Les relations s&rsquo;effritent. Les capacit\u00e9s cognitives diminuent. L&rsquo;isolement s&rsquo;installe. Avec, \u00e0 terme, des complications sociales et physiques qui peuvent m\u00eame r\u00e9duire l&rsquo;esp\u00e9rance de vie. Contraint d&rsquo;abandonner son m\u00e9tier, plac\u00e9 en invalidit\u00e9, Marc a aussi d\u00fb assister au naufrage de son couple. \u00ab\u00a0Le plus dur, ce n&rsquo;est pas seulement la souffrance, c&rsquo;est de dispara\u00eetre peu \u00e0 peu de sa propre vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une maladie s\u00e9v\u00e8re, mais pas sans issue<\/p>\n<p class=\"p3\">\u00ab\u00a0Les d\u00e9pressions s\u00e9v\u00e8res et r\u00e9sistantes g\u00e9n\u00e8rent des souffrances importantes et s&rsquo;accompagnent d&rsquo;un risque suicidaire \u00e9lev\u00e9, explique le Pr Antoine Pelissolo, chef de service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor, \u00e0 Cr\u00e9teil. Mais le pronostic de cette affection s\u00e9v\u00e8re peut aussi \u00eatre tr\u00e8s favorable lorsque les soins ad\u00e9quats sont mis en \u0153uvre.\u00a0\u00bb Autrement dit, l&rsquo;impasse th\u00e9rapeutique n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9. \u00c0 condition d&rsquo;identifier plus t\u00f4t les formes complexes de la maladie et d&rsquo;adapter rapidement la prise en charge.<\/p>\n<p>Une course contre le temps<\/p>\n<p class=\"p3\">Pour beaucoup de patients, le diagnostic arrive tardivement. Trop tardivement. Les sympt\u00f4mes s&rsquo;installent, les traitements se succ\u00e8dent, souvent sans r\u00e9\u00e9valuation globale. Ludivine, 55 ans, a ainsi err\u00e9 pendant des d\u00e9cennies : \u00ab\u00a0On m&rsquo;a dit que j&rsquo;\u00e9tais bipolaire pendant pr\u00e8s de trente ans. Mais je savais que quelque chose ne collait pas. J&rsquo;\u00e9tais toujours au fond du trou.\u00a0\u00bb Souvent confondu avec la d\u00e9pression, le trouble bipolaire se caract\u00e9rise par une alternance de phases maniaques et d\u00e9pressives. \u00ab\u00a0Il est d\u00e9sormais bien \u00e9tabli que le pic d&rsquo;incidence des troubles d\u00e9pressifs survient \u00e0 l&rsquo;adolescence, indique le Pr Olivier Bonnot, pr\u00e9sident du Conseil national des universitaires de psychiatrie (CNUP). Par ailleurs, lorsque des formes r\u00e9sistantes apparaissent, l&rsquo;acc\u00e8s aux strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques de deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me ligne ne doit pas \u00eatre retard\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un constat partag\u00e9<\/p>\n<p class=\"p3\">Mais quid du terrain\u00a0? Les patients errent encore trop souvent d&rsquo;un professionnel \u00e0 l&rsquo;autre, sans continuit\u00e9 ni acc\u00e8s rapide \u00e0 une expertise sp\u00e9cialis\u00e9e. Cette situation tient \u00e0 un faisceau de difficult\u00e9s bien identifi\u00e9es : rep\u00e9rage tardif des formes r\u00e9sistantes, confusion possible avec un trouble bipolaire, acc\u00e8s limit\u00e9 aux psychiatres, formation in\u00e9gale des soignants, comorbidit\u00e9s sous-estim\u00e9es. Un constat largement partag\u00e9. D\u00e9but avril, dans leur plaidoyer \u00ab\u00a0Halte \u00e0 la d\u00e9pression r\u00e9sistante\u00a0\u00bb, l&rsquo;Unafam et France D\u00e9pression d\u00e9noncent des diagnostics tardifs, un parcours de soins insuffisamment structur\u00e9 et des in\u00e9galit\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux traitements, autant de freins qui entretiennent l&rsquo;enlisement de la maladie.<\/p>\n<p>Une articulation n\u00e9cessaire entre tous les acteurs<\/p>\n<p class=\"p3\">La d\u00e9pression r\u00e9sistante survient rarement seule. Troubles anxieux, addictions, maladies somatiques ou d\u00e9r\u00e8glements hormonaux viennent souvent compliquer le tableau clinique. \u00ab\u00a0Les troubles addictifs et la d\u00e9pression r\u00e9sistante sont fr\u00e9quemment associ\u00e9s dans la pratique clinique \u00bb, observe le Pr Amine Benyamina, chef de service psychiatrie et addictologie \u00e0 l&rsquo;AP-HP Paul-Brousse, qui insiste sur l&rsquo;importance d&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0une approche globale et coordonn\u00e9e pour am\u00e9liorer le rep\u00e9rage, la continuit\u00e9 des soins et les chances de r\u00e9mission des patients.\u00a0\u00bb En clair, traiter uniquement les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs sans consid\u00e9rer l&rsquo;ensemble de la situation m\u00e9dicale et sociale (situation familiale, logement, aspirations&#8230;) du patient r\u00e9duit fortement ses chances de r\u00e9cup\u00e9ration psychique. Les familles deviennent souvent vigies, soutiens logistiques, remparts contre le suicide. Pourtant, elles restent encore trop peu int\u00e9gr\u00e9es au parcours de soins.<\/p>\n<p>Des traitements encore in\u00e9galement accessibles<\/p>\n<p class=\"p3\">R\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux soins est un enjeu majeur. \u00ab\u00a0Certaines approches valid\u00e9es scientifiquement restent encore difficiles d&rsquo;acc\u00e8s selon les territoires, comme l&rsquo;\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie (ECT), la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne (<a href=\"https:\/\/glossaire.handicap.fr\/definition-tms-130\" title=\"Trouble musculosquelettique - Cliquer pour ouvrir le glossaire\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">TMS<\/a>), l&rsquo;esk\u00e9tamine, les psychoth\u00e9rapies sp\u00e9cialis\u00e9es ou la r\u00e9habilitation psychosociale, souligne Fabrice Cathala, Pr\u00e9sident de France D\u00e9pression Grand Paris Idf. Ces traitements peuvent pourtant changer le cours de la maladie, notamment chez les patients en \u00e9chec th\u00e9rapeutique, en am\u00e9liorant non seulement les sympt\u00f4mes, mais aussi le fonctionnement social et professionnel.\u00a0\u00bb Parmi ces innovations, Marc a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une stimulation du nerf vague, une technique encore peu connue. \u00ab\u00a0On m&rsquo;a implant\u00e9 sous la peau un petit bo\u00eetier, comme un pacemaker\u00a0\u00bb, explique-t-il. Ce dispositif envoie en continu de l\u00e9g\u00e8res impulsions \u00e9lectriques au nerf vague, qui transmet des informations au cerveau, notamment aux zones impliqu\u00e9es dans la r\u00e9gulation des \u00e9motions. \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas magique, mais \u00e7a m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 sortir la t\u00eate de l&rsquo;eau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Reprendre pied<\/p>\n<p class=\"p3\">Aujourd&rsquo;hui, Marc ne parle pas de gu\u00e9rison totale, mais d&rsquo;un \u00e9quilibre reconstruit, fragile, qui demande une vigilance constante. En psychiatrie d&rsquo;ailleurs, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le terme gu\u00e9rison est remplac\u00e9 par \u00ab\u00a0r\u00e9tablissement\u00a0\u00bb. Pour d&rsquo;autres comme Thomas, le d\u00e9clic est venu d&rsquo;une prise en charge sp\u00e9cialis\u00e9e, int\u00e9grant mieux les troubles associ\u00e9s et renfor\u00e7ant le suivi psychoth\u00e9rapeutique. Il a pu reprendre le travail \u00e0 temps partiel. \u00ab\u00a0Je ne vais pas dire que tout va bien. Mais je recommence \u00e0 me projeter\u00a0\u00bb, avoue-t-il. C&rsquo;est sans doute l\u00e0 l&rsquo;enjeu central. Au-del\u00e0 de la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes, permettre aux patients de retrouver une place dans leur vie et, surtout, la capacit\u00e9 d&rsquo;imaginer un avenir possible.<\/p>\n<p>\u00a9 pocketlight de Getty Images Signature \/ Canva<\/p>\n<p>\n\t\tTh\u00e8mes : <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"De nombreux patients s&rsquo;enlisent dans la maladie. 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