{"id":9607,"date":"2026-02-18T09:29:09","date_gmt":"2026-02-18T09:29:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/9607\/"},"modified":"2026-02-18T09:29:09","modified_gmt":"2026-02-18T09:29:09","slug":"au-benin-la-creation-dun-pole-museal-est-confiee-a-un-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/9607\/","title":{"rendered":"Au B\u00e9nin, la cr\u00e9ation d\u2019un p\u00f4le mus\u00e9al est confi\u00e9e \u00e0 un Suisse"},"content":{"rendered":"<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Musee-des-Rois-et-des-Amazones-du-Dahomey.jpg\" width=\"5689\" height=\"5689\" alt=\"Muse\u0301e des Rois et des Amazones du Dahomey\" loading=\"eager\" decoding=\"sync\" fetchpriority=\"high\"\/><\/p>\n<p>                Vue en perspective de la future exposition permanente du Mus\u00e9e des Rois et des Amazones du Dahomey, \u00e0 Abomey.            <\/p>\n<p>            Koffi &amp; Diabat\u00e9 Architectes, Abidjan        <\/p>\n<p>        Le pal\u00e9ontologue fribourgeois Jacques Ayer a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, par le gouvernement du B\u00e9nin, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9union des mus\u00e9es publics (RMP). Un projet d\u2019envergure qui pr\u00e9voit la mise sur pied en trois ans (entre 2026 et 2029) de quatre institutions consacr\u00e9es \u00e0 la valorisation des \u0153uvres d\u2019art b\u00e9ninoises. Install\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 Cotonou, Jacques Ayer est entr\u00e9 en fonction en janvier.\n<\/p>\n<p>        Ce contenu a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur    <\/p>\n<p>        18 f\u00e9vrier 2026 &#8211; 09:46\n<\/p>\n<p>Jacques Ayer a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e9tonn\u00e9 de sa nomination. Ce natif de Fribourg dirige depuis janvier la R\u00e9union des Mus\u00e9es publics (RMP) du B\u00e9nin.<\/p>\n<p>Un projet monumental qui regroupe quatre mus\u00e9es, actuellement en construction, r\u00e9partis sur quatre villes b\u00e9ninoises. \u00c0 savoir le Mus\u00e9e international de la M\u00e9moire de l\u2019Esclavage, \u00e0 Ouidah, consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de la traite n\u00e9gri\u00e8re entre le 17e et le 18e si\u00e8cles; le Mus\u00e9e des Rois et des Amazones du Dahomey, \u00e0 Abomey, destin\u00e9 \u00e0 la r\u00e9habilitation des palais royaux; le Mus\u00e9e international du Vodun, \u00e0 Porto-Novo, qui mettra en valeur le patrimoine religieux du B\u00e9nin et des communaut\u00e9s vaudoues en Afrique; et enfin le Mus\u00e9e d\u2019art contemporain, \u00e0 Cotonou, dont l\u2019objectif est de faire conna\u00eetre des artistes b\u00e9ninois et africains d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/ayer.jpg\" width=\"1737\" height=\"1563\" alt=\"Jacques Ayer\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Jacques Ayer dirige depuis janvier la R\u00e9union des Mus\u00e9es publics (RMP) du B\u00e9nin.            <\/p>\n<p>Jacques Ayer a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en Conseil des ministres sur proposition du pr\u00e9sident du B\u00e9nin Patrice Talon. D\u00e9sormais install\u00e9 \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique du pays, le Fribourgeois dispose de trois ans (de 2026 \u00e0 2029) pour mener \u00e0 bien son imposante mission.<\/p>\n<p>Il faut dire que l\u2019homme est tr\u00e8s bien arm\u00e9. Pal\u00e9ontologue de formation et titulaire d\u2019un master en g\u00e9ologie obtenu \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel en 1994, il\u00a0a depuis \u00abroul\u00e9 sa bosse\u00bb, comme il le dit lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Profil \u00e9clectique<\/p>\n<p>Conservateur du d\u00e9partement des sciences de la terre au Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle de Neuch\u00e2tel de 1994 \u00e0 2004, il a dirig\u00e9 par la suite le Jurassica Museum \u00e0 Porrentruy (Jura) avant de prendre la t\u00eate du Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle de Gen\u00e8ve de 2012 \u00e0 2020.<\/p>\n<p>Il y a un peu plus de 4 ans, il a cr\u00e9\u00e9 son propre bureau de consultant Mus\u00e9olis, sis \u00e0 Gen\u00e8ve, qui lui permet de mettre sur pied des projets li\u00e9s \u00e0 la mus\u00e9ologie. Trente ans d\u2019exp\u00e9rience ont diversifi\u00e9 ses contacts et enrichi son carnet d\u2019adresse.<\/p>\n<p>\u00abMon profil \u00e9clectique a jou\u00e9 en ma faveur aupr\u00e8s du gouvernement b\u00e9ninois, confie-t-il. \u00c0 cela s\u2019ajoute mon int\u00e9r\u00eat personnel pour l\u2019Afrique. Mon \u00e9pouse est d\u2019origine nig\u00e9rienne. Elle ne participe bien s\u00fbr pas \u00e0 la mise sur pied de la RMP, mais elle m\u2019a ouvert les yeux depuis un bout de temps d\u00e9j\u00e0 sur la question du patrimoine africain.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019attirance de Jacques Ayer pour l\u2019art africain est un atout majeur. Mais confier \u00e0 un Europ\u00e9en la gestion de ce patrimoine dans le cadre d\u2019un projet national ne pose-t-il pas probl\u00e8me aux B\u00e9ninois?<\/p>\n<p>Projet pr\u00e9curseur en Afrique<\/p>\n<p>\u00abJe dois avouer que j\u2019ai b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un accueil tr\u00e8s bienveillant. Mais il y a eu des r\u00e9actions contrast\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux; certains \u00e9taient surpris de ma nomination, mais jamais oppos\u00e9s\u00bb, r\u00e9pond notre interlocuteur, ajoutant: \u00abLa mise sur pied des quatre institutions doit \u00e9voluer rapidement, dans des conditions optimales. Or le B\u00e9nin n\u2019a pas encore de grande exp\u00e9rience dans ce domaine. Avec ce projet d\u2019envergure, le pays fait office de pr\u00e9curseur en Afrique. Il lui fallait donc un accompagnement technique et des comp\u00e9tences pratiques pour que ces mus\u00e9es se d\u00e9veloppent durablement.\u00bb<\/p>\n<p>Jacques Ayer n\u2019entend pas pour autant importer au B\u00e9nin le mod\u00e8le occidental de mus\u00e9ologie qui, dit-il, ne r\u00e9pond pas forc\u00e9ment aux attentes de la population autochtone. \u00abMon but est de construire ici un mod\u00e8le qui tienne compte des int\u00e9r\u00eats artistiques africains.\u00bb Et de citer comme exemple le futur Mus\u00e9e international du Vodun, \u00e0 Porto-Novo.<\/p>\n<p>\u00abIl permettra de valoriser des \u0153uvres utilis\u00e9es essentiellement pour des rituels religieux ou sociaux, donc ancr\u00e9es dans les traditions locales. J\u2019entends redonner \u00e0 ces \u0153uvres leur fonctionnement initial. Pas question donc de les enfermer dans une vitrine de mus\u00e9e, comme cela est d\u2019usage en Europe. Pour le public, on pourrait imaginer par exemple un parcours historique dans certains villages du pays o\u00f9 l\u2019on se sert encore de ces \u0153uvres, lors de c\u00e9r\u00e9monies.\u00bb<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Musee-International-du-Vodun.jpg\" width=\"1520\" height=\"839\" alt=\"Muse\u0301e International du Vodun\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>                Vue en perspective du b\u00e2timent principal du futur Mus\u00e9e international du Vodun, \u00e0 Porto-Novo.             <\/p>\n<p>            Koffi &amp; Diabat\u00e9 Architectes, Abidjan          <\/p>\n<p>Transmission du savoir<\/p>\n<p>Avant l\u2019arriv\u00e9e de Jacques Ayer, des instances religieuses, des historiens et des scientifiques b\u00e9ninois avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 examiner la question de la valorisation du patrimoine. <\/p>\n<p>\u00abCe que j\u2019apporte en plus, insiste-t-il, est mon exp\u00e9rience en mati\u00e8re de strat\u00e9gie et de fonctionnement. En un mot, la mise sur pied d\u2019un cadre organisationnel.\u00bb Sa volont\u00e9 de consolider les programmes culturels et de cr\u00e9er une m\u00e9diation pour le public est claire. Des ateliers p\u00e9dagogiques seront ainsi organis\u00e9s, dispensant une formation ad\u00e9quate en mati\u00e8re d\u2019art.<\/p>\n<p>Pour Jacques Ayer, la transmission du savoir est essentielle. \u00abIl est tr\u00e8s important de consid\u00e9rer ma mission comme transitoire. Le domaine mus\u00e9al est complexe, je souhaite donc pr\u00e9parer le futur personnel d\u2019encadrement, le former afin qu\u2019il s\u2019approprie totalement les projets artistiques lorsque je serai parti\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Partenariat artistique<\/p>\n<p>Autre \u00e9l\u00e9ment important dans la formation: l\u2019\u00e9change. Jacques Ayer consid\u00e8re qu\u2019il existe au B\u00e9nin une capacit\u00e9 d\u2019ouverture louable, r\u00e9sultat d\u2019une grande souplesse. \u00abC\u2019est l\u00e0 un avantage qui me permettra de cr\u00e9er des partenariats avec des mus\u00e9es suisses, et m\u00eame d\u2019envisager des \u00e9changes universitaires\u00bb, rel\u00e8ve-t-il. <\/p>\n<p>Des \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes en art suisses qui souhaitent venir au B\u00e9nin pourront b\u00e9n\u00e9ficier de structures locales organis\u00e9es. M\u00eame chose pour les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants b\u00e9ninois qui voudraient enrichir leurs connaissances en Suisse. \u00abIl ne faut pas oublier que notre pays jouit de grandes institutions innovantes dans leur d\u00e9marche\u00bb, ajoute Jacques Ayer.<\/p>\n<p>La RMP cr\u00e9era par ailleurs un appel d\u2019air favorable \u00e0 la restitution des \u0153uvres d\u2019art b\u00e9ninoises pill\u00e9es lors de la colonisation. \u00abLa Suisse constitue un tremplin pour mes contacts avec l\u2019Europe. Je mettrai tout mon savoir-faire au service d\u2019une coop\u00e9ration culturelle entre le Vieux Continent et le B\u00e9nin\u00bb, annonce le pal\u00e9ontologue. Rappelons qu\u2019en 2021, la France a rendu au B\u00e9nin les 26 tr\u00e9sors royaux d\u2019Abomey qu\u2019elle d\u00e9tenait.<\/p>\n<p>\u00abIls ne forment qu\u2019une infime partie du patrimoine b\u00e9ninois et africain encore conserv\u00e9 en Europe. Les 26 tr\u00e9sors seront expos\u00e9s dans le futur Mus\u00e9e des Rois et des Amazones du Dahomey\u00bb, indique Jacques Ayer avant de conclure: \u00abLa RMP donnera, je l\u2019esp\u00e8re, un sentiment de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 des pays europ\u00e9ens qui appr\u00e9cieront l\u2019existence d\u2019institutions b\u00e9ninoises capables d\u2019accueillir des oeuvres d\u2019art\u00a0dans de tr\u00e8s bonnes conditions.\u00bb<\/p>\n<p>Relu et v\u00e9rifi\u00e9 par Pauline Turuban<\/p>\n<p>\n    Plus<\/p>\n<p>    <img src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/newsletter_teaser_culture.jpg\" width=\"880\" height=\"587\" alt=\"La culture sur swissinfo.ch\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" fetchpriority=\"auto\"\/><\/p>\n<p>        Plus    <\/p>\n<p>        Culture\n        <\/p>\n<p>        La culture sur swissinfo.ch    <\/p>\n<p class=\"teaser-wide-card__excerpt\">\n<p>                Interviews, d\u00e9bats et d\u00e9veloppements: la cr\u00e9ation culturelle suisse et ses positions dans votre bo\u00eete mail.            <\/p>\n<p>    <a class=\"teaser-wide-card__link\" href=\"https:\/\/www.swissinfo.ch\/fre\/culture\/la-culture-sur-swissinfo-ch\/79024189\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p>            lire plus La culture sur swissinfo.ch<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p>        Articles mentionn\u00e9s    <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vue en perspective de la future exposition permanente du Mus\u00e9e des Rois et des Amazones du Dahomey, \u00e0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9608,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[657,3949,4464,1915,23],"class_list":{"0":"post-9607","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-suisse","8":"tag-article","9":"tag-beat-culture","10":"tag-beat-swiss-abroad","11":"tag-culture-general","12":"tag-suisse"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9607"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9607\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9608"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}