{"id":98029,"date":"2026-04-21T09:06:16","date_gmt":"2026-04-21T09:06:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/98029\/"},"modified":"2026-04-21T09:06:16","modified_gmt":"2026-04-21T09:06:16","slug":"sante-le-cannabis-brouille-la-frontiere-entre-vrais-et-faux-souvenirs-national-geographic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/98029\/","title":{"rendered":"Sant\u00e9 : le cannabis brouille la fronti\u00e8re entre vrais et faux souvenirs | National Geographic"},"content":{"rendered":"<p data-paragraph-id=\"5612992-1\">Nous sommes nombreux \u00e0 voir le\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nationalgeographic.com\/premium\/article\/cannabis-downsides-mental-illness-heart-disease\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">cannabis<\/a> comme un produit qui brouille la m\u00e9moire. Mais de nouvelles recherches sugg\u00e8rent qu\u2019il peut accomplir quelque chose de plus surprenant\u00a0: donner l\u2019impression que de faux souvenirs sont r\u00e9els.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-2\">On associe souvent le cannabis \u00e0 l\u2019oubli, mais une\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/02698811261416079\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">nouvelle \u00e9tude<\/a> sugg\u00e8re qu\u2019une intoxication aigu\u00eb au cannabis peut \u00e9galement d\u00e9former subtilement la m\u00e9moire, influencer non seulement ce dont nous nous souvenons, mais aussi la pr\u00e9cision de ces souvenirs. Ces r\u00e9sultats viennent enrichir des d\u00e9cennies de recherches sur le cannabis et la m\u00e9moire et mettent en \u00e9vidence un effet plus complexe sur les syst\u00e8mes c\u00e9r\u00e9braux de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-3\">Pour comprendre pourquoi, des chercheurs examinent des aspects granulaires de la m\u00e9moire, comme les faux souvenirs, la m\u00e9moire de la source et la m\u00e9moire de l\u2019ordre temporel, et la fa\u00e7on dont chacun de ces aspects r\u00e9agit \u00e0 une exposition au THC.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-5\">Bien que le THC puisse produire des\u00a0<a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s40122-024-00643-0\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">effets recherch\u00e9s<\/a>, comme l\u2019euphorie, le soulagement de la douleur et le contr\u00f4le des naus\u00e9es, il est \u00e9galement susceptible de perturber d\u2019autres processus, y compris la formation des souvenirs. Quand nous vivons une exp\u00e9rience (partir en randonn\u00e9e, f\u00eater un anniversaire), diff\u00e9rentes r\u00e9gions du cerveau contribuent au traitement des pens\u00e9es, des sensations et des \u00e9motions qui constituent ce moment. L\u2019hippocampe aide \u00e0 lier ces \u00e9l\u00e9ments en un souvenir qui pourra \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 plus tard.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-6\">Les scientifiques d\u00e9crivent g\u00e9n\u00e9ralement la m\u00e9moire comme un processus en trois \u00e9tapes\u00a0: l\u2019encodage (quand le cerveau assimile l\u2019information pour la premi\u00e8re fois), la consolidation (quand cette information est trait\u00e9e et stock\u00e9e) et la r\u00e9cup\u00e9ration (quand on y acc\u00e8de plus tard). \u00ab\u00a0Vous activez certains r\u00e9seaux neuronaux pour cr\u00e9er un souvenir\u00a0\u00bb, explique Carrie Cuttler, ma\u00eetresse de conf\u00e9rences et directrice du Laboratoire de sant\u00e9 et de cognition \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Washington et co-autrice de l\u2019\u00e9tude publi\u00e9e en 2026. \u00ab\u00a0Et pour vous souvenir d\u2019une chose, vous essayez de r\u00e9activer le m\u00eame chemin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-7\">Mais on ne comprend pas totalement la fa\u00e7on dont le cannabis interagit avec ce processus, car \u00ab\u00a0les drogues affectent diff\u00e9remment chacune des trois phases de la m\u00e9moire\u00a0\u00bb, explique\u00a0<a href=\"https:\/\/cris.maastrichtuniversity.nl\/en\/persons\/lilian-kloft-heller\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">Lilian Kloft-Heller<\/a>, ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en psychopharmacologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Maastricht.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-8\">La r\u00e9ponse r\u00e9side en partie dans le syst\u00e8me endocannabino\u00efde de l\u2019organisme, un r\u00e9seau de signalisation qui aide notre corps \u00e0 r\u00e9guler de nombreux processus. Ce syst\u00e8me comprend des endocannabino\u00efdes naturellement produits, qui acheminent les signaux, et les r\u00e9cepteurs CB1, o\u00f9 le message est re\u00e7u. Le THC, la principale mol\u00e9cule psychoactive du cannabis, peut \u00e9galement se lier aux r\u00e9cepteurs CB1.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-9\">\u00ab\u00a0Si vous saturez le syst\u00e8me de THC, le THC prend le contr\u00f4le du syst\u00e8me\u00a0\u00bb, rappelle Carrie Cuttler. Au lieu de s\u2019activer selon un sch\u00e9ma contr\u00f4l\u00e9,\u00a0vos r\u00e9cepteurs CB1 sont surstimul\u00e9s\u00a0; davantage comme les Champs-\u00c9lys\u00e9es une veille de premier de l\u2019an que comme un champ de lucioles.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-10\">Dans l\u2019\u00e9tude de 2026, Carrie Cuttler et ses co-auteurs ont al\u00e9atoirement fait prendre \u00e0 120 consommateurs de cannabis soit un placebo, soit des doses de THC (20 ou 40 milligrammes), l\u2019un et l\u2019autre sous forme vaporis\u00e9e. On a ensuite fait passer vingt-et-un tests aux participants, dont beaucoup n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s en association avec le cannabis.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-11\">Soixante-dix pour cent environ d\u2019entre eux pr\u00e9sentaient un certain niveau de troubles, notamment de la m\u00e9moire de l\u2019ordre temporel (se souvenir de la s\u00e9quence des \u00e9v\u00e9nements) et de la m\u00e9moire de la source (identifier l\u2019origine de l\u2019information). Les faux souvenirs et la m\u00e9moire de la source \u00e9taient les param\u00e8tres les plus affect\u00e9s par le cannabis.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-13\">Les faux souvenirs ne viennent pas de nulle part, ils \u00e9mergent quand le cerveau tente de donner du sens \u00e0 des informations incompl\u00e8tes. Quand l\u2019encodage est perturb\u00e9, moins de d\u00e9tails sont enregistr\u00e9s correctement. Plus tard, lors de la phase de r\u00e9cup\u00e9ration, le cerveau ne se contente pas de \u00ab\u00a0rejouer\u00a0\u00bb le souvenir, il le reconstruit.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-14\">Et quand l\u2019information manque, il est susceptible de combler les trous avec des connaissances g\u00e9n\u00e9rales ou des sch\u00e9mas familiers. Par exemple, si vous avez l\u2019habitude de commander un burrito quand vous sortez avec vos amis, mais que vous optez pour des tacos un soir, vous \u00eates susceptible plus tard de vous souvenir de votre choix habituel.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-15\">Les psychologues font souvent la\u00a0<a href=\"https:\/\/bradylab.ucsd.edu\/pdfs\/BastinTargetArticle.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">distinction entre<\/a> le souvenir, qui implique la rem\u00e9moration des d\u00e9tails sp\u00e9cifiques d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, et la familiarit\u00e9, le sentiment plus g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019une chose a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue auparavant. Le THC semble modifier cet \u00e9quilibre\u00a0; il affaiblit le souvenir d\u00e9taill\u00e9 tout en laissant la familiarit\u00e9 intacte.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-16\">Il peut \u00e9galement alt\u00e9rer la m\u00e9moire de la source, la capacit\u00e9 \u00e0 se souvenir de l\u2019origine de l\u2019information. Vous pourriez vous souvenir d\u2019un fait, par exemple, mais pas si vous l\u2019avez lu dans un livre ou vu sur les r\u00e9seaux sociaux. Dans l\u2019\u00e9tude de Carrie Cuttler, les participants sous l\u2019empire du THC \u00e9taient nettement moins capables de d\u00e9terminer si des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019on leur avait pr\u00e9sent\u00e9s provenaient d\u2019images ou de mots imprim\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-17\">Au niveau c\u00e9r\u00e9bral, ces effets sont li\u00e9s \u00e0 la fa\u00e7on dont le THC interagit avec l\u2019hippocampe, une r\u00e9gion cruciale pour la consolidation de la m\u00e9moire. Une\u00a0<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/nature20127\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">\u00e9tude de 2016 publi\u00e9e<\/a> dans la revue Nature est arriv\u00e9e \u00e0 la conclusion que le THC peut activer les r\u00e9cepteurs CB1 dans les cellules de l\u2019hippocampe de mani\u00e8res qui perturbent les processus \u00e9nerg\u00e9tiques dont les neurones ont besoin pour stabiliser les nouveaux souvenirs. Sans cette stabilit\u00e9, les souvenirs sont susceptibles d\u2019\u00eatre enregistr\u00e9s avec moins de pr\u00e9cision.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-18\">Aux Pays-Bas, une\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pnas.org\/doi\/abs\/10.1073\/pnas.1920162117\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">\u00e9tude de 2020<\/a> a montr\u00e9 que les consommateurs de cannabis \u00e9taient plus susceptibles de se \u00ab\u00a0souvenir\u00a0\u00bb de mots qu\u2019ils n\u2019avaient en fait jamais entendus. Les chercheurs ont d\u00e9crit cela comme un changement de crit\u00e8re, ce qui signifie que les participants sont devenus beaucoup plus enclins \u00e0 accepter une information comme vraie quand bien m\u00eame elle ne l\u2019\u00e9tait pas. L\u2019\u00e9tude de Carrie Cuttler a mis en \u00e9vidence le m\u00eame effet\u00a0: les consommateurs avaient pr\u00e8s de deux fois plus de faux souvenirs que ceux sous placebo.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-20\">Alors que les chercheurs explorent des types de m\u00e9moire sp\u00e9cifiques, de nombreuses questions demeurent, notamment autour de la fa\u00e7on dont des facteurs individuels influencent les effets du cannabis.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-21\">Par exemple, selon Lilian Kloft-Heller, certaines femmes r\u00e9agissent diff\u00e9remment au cannabis. Certaines\u00a0<a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC5576608\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">\u00e9tudes sugg\u00e8rent<\/a> que la consommation de cannabis est plus fortement associ\u00e9e \u00e0 des perturbations de la m\u00e9moire \u00e9pisodique chez les femmes. Dans le m\u00eame temps, les hommes peuvent \u00eatre davantage touch\u00e9s dans des domaines comme la prise de d\u00e9cisions, bien que les r\u00e9sultats soient contrast\u00e9s et qu\u2019ils continuent d\u2019\u00e9merger.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-22\">Le mode de consommation pourrait aussi jouer un r\u00f4le. Les produits d\u00e9riv\u00e9s comestibles ont bien moins de chances d\u2019induire des effets sur la m\u00e9moire que l\u2019inhalation en raison de diff\u00e9rences dans les voies m\u00e9taboliques. Inhal\u00e9, le cannabis engendre un pic rapide du taux de THC, tandis que les\u00a0<a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC5260817\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">produits comestibles au cannabis sont m\u00e9tabolis\u00e9s<\/a> plus lentement, ce qui produit un effet retard\u00e9 mais qui dure plus longtemps. On ne comprend en revanche pas bien comment ces diff\u00e9rences se traduisent sur la m\u00e9moire.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5612992-23\">La bonne nouvelle est que les effets du cannabis sur la m\u00e9moire ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas spectaculaires. \u00ab\u00a0L\u2019intoxication alcoolique aigu\u00eb chahute g\u00e9n\u00e9ralement davantage la m\u00e9moire que le cannabis\u00a0\u00bb, explique Carrie Cuttler. Et si vous cherchez \u00e0 am\u00e9liorer votre m\u00e9moire, les effets du THC semblent s\u2019estomper avec la sobri\u00e9t\u00e9. \u00ab\u00a0Si une personne s\u2019abstient de consommer du cannabis pendant un mois, nous nous attendons \u00e0 un r\u00e9tablissement complet\u00a0\u00bb, rassure-t-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Nous sommes nombreux \u00e0 voir le\u00a0cannabis comme un produit qui brouille la m\u00e9moire. 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