{"id":99584,"date":"2026-04-22T08:41:07","date_gmt":"2026-04-22T08:41:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/99584\/"},"modified":"2026-04-22T08:41:07","modified_gmt":"2026-04-22T08:41:07","slug":"eric-bonvin-la-question-financiere-passe-desormais-avant-la-finalite-de-lhopital-qui-est-de-soigner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/99584\/","title":{"rendered":"Eric Bonvin: \u00ab\u00a0La question financi\u00e8re passe d\u00e9sormais avant la finalit\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4pital, qui est de soigner\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>A quelques mois de sa retraite, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;H\u00f4pital du Valais Eric Bonvin tire la sonnette d&rsquo;alarme. Le mod\u00e8le \u00e9conomique actuel des h\u00f4pitaux suisses est \u00ab\u00a0contre-productif\u00a0\u00bb et doit \u00eatre enti\u00e8rement repens\u00e9, a-t-il estim\u00e9 mercredi dans La Matinale.<\/p>\n<p>Eric Bonvin ne m\u00e2che pas ses mots. Apr\u00e8s quatorze ans \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;H\u00f4pital du Valais \u2013 plus gros employeur du canton avec plus de 6000 collaborateurs \u2013, il dresse un constat sans appel: \u00ab\u00a0Le mod\u00e8le bas\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9, mis en place dans les ann\u00e9es 1980 sur recommandation de l&rsquo;OCDE, arrive \u00e0 bout. Il est devenu contre-productif\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me \u00e0 bout de souffle<\/p>\n<p>Les chiffres parlent d&rsquo;eux-m\u00eames. D\u00e9ficits \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, dette colossale, personnel \u00e9puis\u00e9&#8230; L&rsquo;H\u00f4pital du Valais n&rsquo;est pas un cas isol\u00e9. \u00ab\u00a0Nous avons un probl\u00e8me syst\u00e9mique qui concerne l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me sanitaire\u00a0\u00bb, explique celui qui partira \u00e0 la retraite \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e et qui sera remplac\u00e9 par Hugo Burgener.<\/p>\n<p>&gt;&gt; A lire aussi\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/regions\/valais\/2026\/article\/hugo-burgener-nomme-directeur-de-l-hopital-du-valais-des-2027-29213017.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Hugo Burgener succ\u00e9dera \u00e0 Eric Bonvin \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital du Valais<\/a><\/p>\n<p class=\"q-text\">Vous avez l&rsquo;obligation de maintenir certaines charges, le personnel surtout, la technologie. Mais les tarifs ne couvrent pas cela<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"q-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/q1c7ct-29219011.image.jpeg\" data-ratio=\"square\"\/>  Eric Bonvin, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;H\u00f4pital du Valais <\/p>\n<p>Le directeur g\u00e9n\u00e9ral pointe du doigt un paradoxe majeur: \u00ab\u00a0La question financi\u00e8re passe avant la finalit\u00e9 de l&rsquo;institution, qui est de soigner.\u00a0\u00bb Les tarifs convenus avec les assureurs ne couvrent pas les co\u00fbts r\u00e9els des h\u00f4pitaux. \u00ab\u00a0Vous avez l&rsquo;obligation de maintenir certaines charges, le personnel surtout, la technologie. Mais les tarifs ne couvrent pas cela\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-il.<\/p>\n<p>S&rsquo;ajoute un probl\u00e8me d&rsquo;infrastructure. La dur\u00e9e de vie d&rsquo;un h\u00f4pital est d&rsquo;environ 40 \u00e0 50 ans. \u00ab\u00a0Il faut refaire l&rsquo;infrastructure hospitali\u00e8re de notre pays, mais ce n&rsquo;est plus financ\u00e9 par l&rsquo;Etat\u00a0\u00bb, souligne-t-il. Pour lui, il faut donc que le co\u00fbt de ces remises \u00e0 niveau soit int\u00e9gr\u00e9 dans les tarifs pratiqu\u00e9s par les h\u00f4pitaux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On traite des maladies, on ne soigne plus des malades\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour Eric Bonvin, la d\u00e9rive du syst\u00e8me va au-del\u00e0 des questions financi\u00e8res. \u00ab\u00a0Ce qui va \u00eatre important, c&rsquo;est la production de prestations. On augmente le nombre de diagnostics, on multiplie les traitements\u00a0\u00bb, d\u00e9crit-il.<\/p>\n<p>Cette logique productiviste a des cons\u00e9quences directes pour les patients. \u00ab\u00a0On traite leur maladie, mais on oublie ce qu&rsquo;ils \u00e9prouvent. Cette partie a \u00e9t\u00e9 exclue des prestations\u00a0\u00bb, regrette le psychiatre de formation.<\/p>\n<p>&gt;&gt; A lire aussi\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/regions\/valais\/2025\/article\/valais-294-millions-pour-l-hopital-et-un-nouveau-fonds-immobilier-sante-29057831.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Le Parlement valaisan valide un soutien massif \u00e0 son h\u00f4pital<\/a><\/p>\n<p>Les patients eux-m\u00eames le ressentent. \u00ab\u00a0Ils nous disent qu&rsquo;ils sont trait\u00e9s comme des objets, comme de la marchandise\u00a0\u00bb, relate Eric Bonvin.<\/p>\n<p>La m\u00e9decine moderne s&rsquo;est fragment\u00e9e en dizaines de sp\u00e9cialit\u00e9s. Cette sp\u00e9cialisation excessive, coupl\u00e9e \u00e0 la rationalisation, laisse de moins en moins de place \u00e0 la relation humaine. \u00ab\u00a0La dur\u00e9e d&rsquo;une consultation chez un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 20 minutes\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Repenser le syst\u00e8me de fond en comble<\/p>\n<p>Eric Bonvin refuse toutefois de d\u00e9signer des coupables. \u00ab\u00a0Nous devons nous rendre compte que nous avons un choix de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 faire sur la sant\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il plaide pour un changement de paradigme. \u00ab\u00a0Le mod\u00e8le actuel a \u00e9t\u00e9 mis en place il y a un si\u00e8cle sur l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00e9radication des maladies infectieuses. Aujourd&rsquo;hui, avec le vieillissement de la population et les maladies chroniques, nous sommes dans un autre paradigme\u00a0\u00bb, analyse-t-il.<\/p>\n<p class=\"q-text\">Ce que nous n\u00e9gligeons terriblement, c&rsquo;est la pr\u00e9vention<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"q-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/q1c7ct-29219011.image.jpeg\" data-ratio=\"square\"\/>  Eric Bonvin, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;H\u00f4pital du Valais <\/p>\n<p>Pour le directeur g\u00e9n\u00e9ral, la solution passe par une refonte compl\u00e8te. \u00ab\u00a0On a s\u00e9par\u00e9 le syst\u00e8me social du syst\u00e8me sanitaire. Aujourd&rsquo;hui, on doit remettre les choses ensemble\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Il pointe \u00e9galement un manque criant. \u00ab\u00a0Ce que nous n\u00e9gligeons terriblement dans notre pays, c&rsquo;est la pr\u00e9vention. Nous la sacrifions \u00e0 la priorit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;industrie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le facteur humain, cl\u00e9 de la r\u00e9silience<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ce tableau sombre, Eric Bonvin salue la r\u00e9silience des \u00e9quipes soignantes, notamment lors du drame de Crans-Montana. \u00ab\u00a0Ce qui a permis de tenir, c&rsquo;est le facteur humain. Les \u00e9quipes se connaissent bien, travaillent ensemble [&#8230;] Ce sont de rares moments o\u00f9 vous pouvez lib\u00e9rer votre vocation\u00a0\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Mais cet \u00e9quilibre est fragile. \u00ab\u00a0Beaucoup de jeunes partent dans les cinq ans apr\u00e8s leur formation. Ces professions sont devenues trop difficiles, trop rationalis\u00e9es, ax\u00e9es sur la productivit\u00e9 davantage que sur la dimension humaine\u00a0\u00bb, constate-t-il. Eric Bonvin souhaite donc redonner du sens \u00e0 la vocation des soignants afin qu&rsquo;ils puissent s&rsquo;\u00e9panouir. Et de conclure: \u00ab\u00a0Il faut d\u00e9battre ensemble. Il faut trouver un nouveau syst\u00e8me.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"sources\">Propos recueillis par Pietro Bugnon<\/p>\n<p class=\"credit\">Article: jfe<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"A quelques mois de sa retraite, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;H\u00f4pital du Valais Eric Bonvin tire la sonnette&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":99585,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[1156,1279,344,1158,27564,1159,1726,8993,84,75,23,274],"class_list":{"0":"post-99584","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sports","8":"tag-centre-de-soins","9":"tag-directeur-general","10":"tag-economie-et-finances","11":"tag-hopital","12":"tag-hopital-du-valais","13":"tag-hopitaux-et-cliniques","14":"tag-maladie","15":"tag-retraite","16":"tag-sante","17":"tag-sports","18":"tag-suisse","19":"tag-valais"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@ch_fr\/116447470182944676","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=99584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/99584\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/99585"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=99584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=99584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/ch-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=99584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}