Les Français se plaignent de leur pouvoir d’achat, mais leurs salaires sont bas pour de bonnes raisons ! C’est le résultat de choix politiques assumés et confirmés, souligne Pascal Perri. – Les échos


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14 comments
  1. L’article:

    Les Français se plaignent de revenus du travail insuffisants. Ils sont obsédés par l’idée d’accroître sans cesse leur pouvoir d’achat. Un vouloir d’achat compulsionnel s’est emparé du pays et de ses habitants. Si elle n’avait pas tant servi, nous pourrions reprendre en choeur la formule déjà ancienne de François de Closets « toujours plus » ! Plus contre quoi ? Les salaires français sont bas mais ils le sont pour de bonnes raisons. En 2025, selon l’INSEE, les salariés du privé gagnaient en moyenne 2.735 euros net, et 2.530 euros dans le secteur public, le salaire médian était estimé à 2.152 euros net par mois.

    Le salaire net est une base de départ du calcul du revenu disponible, ce qu’on appelle aussi le reste à vivre. Il faut retrancher la fiscalité et les dépenses contraintes des ménages et éventuellement y ajouter les prestations sociales, comme les allocations familiales. Quand on se compare à nos voisins, l’écart est significatif. En Allemagne, le salaire net moyen est de 3.243 euros, soit environ 500 euros de plus. Ce « net allemand » est calculé à partir du brut mensuel tel qu’il est évalué par l’institut officiel Destatis à 4.634 euros auxquels on enlève 30 % de « charges ». Ces 500 euros d’écart, c’est à peu près la somme dont les Français auraient besoin pour vivre confortablement (Baromètre COFIDIS, octobre 2025). Comment expliquer le différentiel ?

    # Productivité faible, impôts élevés

    Commençons par évacuer une hypothèse. Pour expliquer la faiblesse des salaires français, la gauche évoque la priorité qui serait donnée aux actionnaires. Le capital serait ainsi servi bien avant le travail. Ce point de vue ne résiste pas à un examen sérieux du partage de la valeur ajoutée. Elle n’a subi aucune déformation significative au cours des 30 dernières années entre les salaires et les cotisations sociales d’un côté, la rémunération des actionnaires de l’autre et enfin la part fiscale réservée à l’Etat. Il faut chercher des explications ailleurs.

    Un point devrait attirer l’attention des Français. Dans la deuxième partie du XXe siècle, nous avons été un peuple de producteurs et nous nous sommes enrichis. Depuis que nous avons basculé dans la société des « loisirs et du temps libre », nous sommes devenus un peuple de consommateurs qui s’appauvrit. Le pouvoir d’achat des Français n’a pas disparu, il s’est déplacé avec les productions que nous avons confiées à d’autres. Rappelons une évidence souvent oubliée : la quantité de revenus est d’abord indexée sur la quantité de travail fournie ! À défaut de quantité, nous aurions pu miser sur la qualité du travail pour en augmenter la rémunération. [La productivité française s’affaiblit](https://archive.ph/o/REzMQ/https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/comment-renouer-avec-la-productivite-2202512) et c’est un phénomène durable. Comment imaginer en effet que nous pourrons nous intégrer dans l’économie de précision de notre siècle avec des élèves de 4e dont une partie significative ne maîtrise pas les savoirs fondamentaux et dont le niveau de mathématiques est globalement indigent ?

    Enfin, dernier élément qui explique la faible rémunération du travail en France ; le coin sociofiscal, c’est-à-dire l’écart entre le salaire brut chargé et le net/net. Non seulement le travail est fiscalisé (et certains syndicats voudraient encore alourdir le fardeau) mais au surplus, il finance un modèle social hors de contrôle. Le coin sociofiscal payé par le salarié et son employeur abonde le financement des retraites et de l’Assurance maladie. En dépit des dangers qui planent sur la protection sociale, les Français ne veulent pas d’une augmentation du temps de travail dans la vie. Soit, mais encore faut-il aller au bout de cette logique. **Dans cette configuration, deux voies de sortie sont offertes : les retraites qu’il faut considérer comme un revenu différé vont baisser ou à défaut la contribution au financement du modèle devra augmenter au risque d’appauvrir encore entreprises et salariés.** La faible valeur ajoutée entraîne de bas salaires qui se traduisent par de basses pensions. Si les salaires français sont trop bas, c’est bien le résultat de choix politiques assumés et confirmés.

    ***Pascal Perri*** *est économiste et géographe.*

  2. Et les français vont élire le RN avec qui ce sera encore pire.

    Ils le disent. Ils le montrent. Mais leurs électeurs y vont quand même. 

  3. Les français sont des tirs au flanc et y a trop d’impôts, écrit un gars dans un journal détenu par un milliardaire.

  4. Gros écart entre salaire moyen et médian. Des salaires montent si haut que ça ?

  5. Curieux de savoir d’où il sort le fait que la répartition entre les actionnaires les salariés et les cotisations sociales n’auraient pas beaucoup changés quand on sait que les dirigeants du CAC 40 gagnaient en moyenne 163 fois le salaire moyen de leurs employés, contre 93 fois en 2011. Mais ça doit être un Simple oubli de sa part /s

  6. « Pascal Perri est économiste et géographe. »

    Genre le gars il est bi-classé.

    Il a trop mis d’xp dans sa classe de Géographe en délaissant l’autre je pense.

  7. En revanche, la valorisation du patrimoine, les plus-values immobilières et financières, ainsi que les successions ne sont pas incluses, car la valeur ajoutée ne mesure que la production annuelle et pas l’enrichissement par les prix d’actifs. Si on les intégrait, la part du capital apparaîtrait beaucoup plus élevée et en forte hausse, ce qui montrerait une économie dominée par la rente et l’héritage plutôt que par le revenu du travail.

  8. Rien que son laïus sur “la répartition entre rémunération du capital et rémunération du travail n’ont pas changé en 30 ans” est claqué au sol. Parce que même si cette répartition n’a pas changé, ce qui a changé c’est l’imposition sur les gains du capital, ce qui a empêcher de baisser les impôts sur le travail. Donc quelque part, oui, l’état actuel est le résultat d’une politique pensée et volontaire. Un politique de bourgeois capitalistes actionnaires qui font payer leurs impôts par les travailleurs.

    Torchon que cet édito, je ne comprends même pas que ça puisse être publié.

  9. Le choix de l’Allemagne pour comparaison sur les salaires parait curieux quand on invoque le temps de travail dans un autre paragraphe, vu que les allemands travaillent moins si on prend l’ensemble des salariés (temps complet et partiel).

    >Ce « net allemand » est calculé à partir du brut mensuel tel qu’il est évalué par l’institut officiel Destatis

    [D’après Destatis](https://pole-franco-allemand.de/fr/comparaison-entre-lallemagne-et-la-france-ou-travaille-t-on-plus/), le temps de travail en Allemagne s’établit à 34,7 heures hebdomadaire, contre 37 en France.

    L’Allemagne est par contre[ loin devant pour la robotisation](https://www.usinenouvelle.com/resizer/v2/NEOIMBV7FJKYHJHWQ7P5LDTRIA.png?auth=769e1e7ec9024cd38a0becd484bf5aae0fc64c394cdd35e0fb359b2563ccf2b6&width=768&height=431), donc la productivité. Mais ça dépend de l’investissement de l’entreprise, pas du vilain employé.

  10. Programme en 5 points :
    – simplifier la fiscalité personnel et la faire respecter : tolerance zero, calcul automatique sur base de donnée des revenus obligatoire (source les banques, obligation sous peine d’amende = au revenu du contribuable)
    – fiscalité des entreprises progressive aux CA calculé niveau groupe pour eviter les montage : justice fiscale et limiter la taille des groupes/ lutter contre les megacorporation qui nique tout.
    – arret des aides aux entreprises : plus besoin vu qu’on vient de baisser les impots sur les petites (small is beautifull, concurence is beautifull)
    – augmenter le SMIC en contrepartie d’une baisse des cotisations (cf. 5 eme mesure)
    – gestion de la santé, du chomage et de la retraite entierement autonome et independant de l’etat. Financé uniquement par les cotisations avec prestation variable au niveau des cotisations (pas de deficit possible, excedent investi dans des mesures de resilience societal)

  11. Les français devraient accepter des salaires plus bas, mais par contre faut dépenser plus : c’est leur justification pour baisser le livret A et ralncer l’économie ! L’hypocrisie ne tue pas.

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