La Turquie, alliée de plus en plus présente auprès de la junte au Mali


Ar_Sakalthor

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  1. >**Déployant déjà son soft power dans le pays à travers divers échanges commerciaux, des ONG ou des écoles islamiques, Ankara s’est, comme Moscou, engouffré dans la brèche sécuritaire ouverte après le renvoi, en 2022, de l’armée française par la junte au pouvoir.**

    >A une période où Bamako subissait de plein fouet le blocus sur le carburant imposé par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM, la filiale sahélienne d’Al-Qaida), la bonne tenue de l’événement a eu valeur de symbole. Celui d’un partenaire, la Turquie, qui ne lâche pas ses alliés, même dans les pires moments. Drones de surveillance, fusils-mitrailleurs, pistolets automatiques… En cette mi-novembre 2025, alors que la junte au pouvoir peinait à remplir les stations-service sous la pression djihadiste, se tenait au parc des expositions de la capitale le Bamex 2025, un salon de l’industrie de défense turque.

    >Trois jours durant, les principales sociétés d’équipement militaire turques ont vanté la qualité de leurs produits. Et rappelé que le Mali était un de leurs meilleurs clients africains depuis que la junte, dirigée par le général Assimi Goïta, en a pris la tête lors d’un putsch, en août 2020. Déployant déjà son soft power dans le pays à travers divers échanges commerciaux, des ONG et des écoles islamiques, la Turquie s’est, comme la Russie, engouffrée dans la brèche sécuritaire ouverte après [le renvoi, en 2022, de l’armée française](https://archive.ph/o/WdZuL/https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/02/17/la-france-acte-son-retrait-militaire-du-mali-sur-fond-de-rupture-avec-la-junte-au-pouvoir-a-bamako_6114042_3212.html) par les militaires au pouvoir.

    >*« Les Turcs se moquent des questions de démocratie et de droits humains. Ils surfent sur le discours antioccidental en vogue en Afrique pour se positionner comme un partenaire alternatif. Ce qui les préoccupe d’abord et avant tout, c’est de faire du business, de préférence en cash. Si la junte malienne est une bonne cliente – et elle l’est –, ils continueront à lui vendre leur matériel militaire »*, estime un bon connaisseur des arcanes des pouvoirs sahéliens.

    >Pour les autorités maliennes, la Turquie se révèle d’abord un précieux fournisseur de drones. Au cœur de leur stratégie de guerre totale contre les groupes djihadistes et indépendantistes figurent ces vecteurs aériens, dont l’armée malienne était jusqu’alors dépourvue, qui permettent d’observer l’ennemi du ciel, de le frapper, mais aussi d’alimenter la propagande.

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