Après la mort de Quentin D., le risque de représailles brunes contre LFI et les antifascistes


Folivao

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  1. **Après la mort du militant nationaliste Quentin D., le procureur de Lyon a annoncé ce lundi que l’enquête était élargie aux faits criminels d’homicide volontaire tandis que les groupuscules d’extrême droite promettent des représailles aux antifascistes et aux insoumis. Des menaces prises au sérieux par les renseignements.**

    Devant l’Institut d’études politiques (IEP) dans le 7e arrondissement de Lyon (Rhône), le calme est trompeur. Ce lundi 16 février, deux jours après la mort du militant nationaliste Quentin D., les vacances scolaires viennent de débuter. Et peu nombreux sont ceux qui s’aventurent aux abords du théâtre du drame survenu à la suite d’une action du collectif fémonationaliste Némésis contre la venue de l’eurodéputée Rima Hassan.

    « Personne ne doit mourir devant Sciences-Po, repose en paix, Quentin », peut-on lire sur l’emballage d’une rose blanche accrochée sur un lampadaire. Ailleurs dans la ville, l’atmosphère est bien différente. Dans la rue, l’extrême droite déverse ses appels à la vengeance à même les murs.

    « À mort R. Arnault » : le nom de Raphaël Arnault, député LFI et cofondateur de la Jeune Garde, un groupe antifasciste accusé par l’extrême droite d’être responsable des faits, est inscrit sur les pentes du Vieux-Lyon. Un tag accompagné de l’inscription « 1161 », code d’AAFA : anti-antifa.

    Dans l’après-midi ce lundi, le procureur de la république de Lyon, Thierry Dran, a fait état des avancées de l’enquête. Il a d’abord rappelé l’action de Némésis, dont les activistes étaient porteuses d’une banderole arborant le slogan « Islamo-gauchistes hors de nos facs », tout en entonnant des chants racistes, selon des témoins joints par l’Humanité. Le procureur précise que deux d’entre elles ont été la cible de violences.

    Vers 18 heures, jeudi, au niveau des rues Yves-Farges et Victor-Lagrange, à trois petites minutes de marche de l’IEP, le groupe qui devait venir en renfort des militantes fémonationalistes aurait été « pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». Selon Thierry Dran, « la plupart parvenaient à s’enfuir. Mais trois personnes se retrouvaient isolées et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus ». Dont Quentin D.

    **”L’autopsie fait état d’un traumatisme cranio-encéphalique majeur**

    Au sol, le militant identitaire est « frappé à de nombreuses reprises, par au moins six individus », poursuit le procureur. Transporté chez lui par des amis, il sera pris en charge plus d’une heure plus tard alors que son pronostic vital est largement engagé. Il ne survivra pas. L’autopsie pratiquée lundi, deux jours après l’annonce du décès de Quentin D., a révélé un traumatisme cranio-encéphalique majeur, associé à une fracture temporale droite.

    Une enquête criminelle pour homicide volontaire a été ouverte, en plus d’une enquête délictuelle pour violence aggravée avec trois circonstances : en réunion, masqué et porteur d’armes par destination. À ce stade, le procureur de la République se refuse à tout commentaire sur le profil des auteurs de ces violences mortelles. Refusant la cacophonie politique générale qui cible « l’ultragauche » – dans la matinée, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, n’avait pas hésité à associer la Jeune Garde et La France insoumise à ces faits.

    Du côté des militants antifascistes, une crainte émerge devant l’exploitation politique effrénée de ce drame. Celle de subir de violentes représailles de l’extrême droite. À en croire les boucles de discussions de certains groupuscules, que l’Humanité a pu consulter, ces inquiétudes sont fondées.

    Sur plusieurs d’entre elles, on peut voir des drapeaux LFI piétinés accompagnés d’un salut de Kühnen à trois doigts, variante du salut nazi créée dans les années 1970 pour revendiquer cette idéologie tout en échappant aux poursuites judiciaires. Mais aussi des photos de militants « gauchistes » à « traquer ». Parfois accompagnées de leurs noms, prénoms, adresses et lieux de travail.

    Certains sont directement accusés du meurtre. Parmi eux, deux étudiants, un ancien militant LFI et une joueuse amatrice de handball de la région du Beaujolais. Des mises en cause parfois relayées sur X par des « journalistes » du média d’extrême droite Frontières, sans que soient toutefois apportés d’éléments tangibles prouvant leur implication.

    **Menaces, insultes et attaques**

    Autour de la Jeune Garde, les menaces fleurissent depuis ce week-end. L’avocate du groupe, Aïnoha Pascual, nous rapporte faire l’objet de menaces et d’insultes. Mais aussi d’avertissements : « On se souviendra de vous », la harcèlent depuis plusieurs heures des individus non identifiés.

    Un ton particulièrement menaçant que l’on retrouve partout en France. À Paris, dimanche soir, des militants d’extrême droite ont été vus se livrant à des saluts nazis boulevard de Ménilmontant, bastion antifasciste parisien, criant « on est chez nous » et « justice pour Quentin ». Des croix gammées ont également été taguées sur la statue de la place de la République.

    Ailleurs, des permanences de La France insoumise ont subi des attaques. À l’Humanité, LFI rapporte que son siège national a été dégradé, tout comme cinq locaux de campagne de candidats aux municipales, le domicile personnel d’un représentant et quatre permanences parlementaires. Dont celle d’Aurélien Le Coq, député insoumis du Nord. Une action qui serait, selon nos informations, l’œuvre du groupuscule Nouvelle Droite. Le parlementaire nous confie avoir déposé plainte.

  2. Entre les aggressions commises par des militants d’extreme droite et celles par la police je crois qu’ils ont un peu d’avance question représailles brunes..

  3. A tous les coups, ils vont nous casser les couilles avec leurs fausses larmes et chansons cringes en IA pendant toute la campagne des munipales… Moi j’dis on est cuit, les gars. On a aucune chance de survivre à ça.

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