Pour ceux qui se rappellent l'article de médiapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/100126/dans-l-incapacite-d-accueillir-des-eleves-handicapes-l-education-nationale-signale-leurs-familles-aux-serv?at_format=link&at_account=mediapart.fr

et la discussion sur reddit qui avait suivie : https://www.reddit.com/r/france/comments/1q92z23/dans_lincapacit%C3%A9_daccueillir_des_%C3%A9l%C3%A8ves/

J'avais fait part en tant que parent de gamin en situation de handicap du sentiment d'avoir une épée de Damoclès en permanence : https://www.reddit.com/r/france/comments/1q92z23/comment/nys60fl/

Le mien est plus petit (6ans). On a le dossier MDPH, on a fait une demande d'ime mais on nous répond : "peut-être dans 3ans"… Et en attendant tous les jours à l'école on a l'épée de Damoclès en nous faisant comprendre qu'il n'y a pas sa place et que c'est compliqué pour eux même avec l'accompagnement aesh.

On a reçu une information préoccupante pour notre 6ans TSA par mail :

Madame, Monsieur,
Dans le cadre de notre mission de protection et de vigilance à l’égard des élèves, certains éléments concernant la situation de votre enfant ont retenu notre attention.
Conformément à nos obligations professionnelles, nous avons été amenés à transmettre une information préoccupante au service social en faveur des élèves de l’Éducation Nationale, qui est compétente en la matière.
Cette démarche ne constitue pas un jugement, mais vise à permettre, si nécessaire, une évaluation de la situation afin de s’assurer que votre enfant bénéficie de conditions favorables à son bien-être et à son développement.
Cordialement

On avait vu la maîtresse la semaine d'avant, le directeur la veille sans qu'on nous informe de rien. Notre gamin a 3 rdv ortho, un rdv psychomot, un rdv ergo par semaine. On a fait le dossier mdph avant qu'il rentre à l'école. Il est accompagné individuellement sur son temps scolaire et on s'est arrangé avec la marie pour qu'il soit accompagné sur tout son temps périscolaire. L'Ulis a été refusée par la MDPH. On est en attente d'IME.

Je confirme les propos relayés dans le blog mediapart :

Si ces pratiques obtiennent parfois l’accord des familles, elles interrogent les professionnel·les de l’accompagnement social. « C’est un peu fou de devoir en arriver là, d’autant que ça implique une posture très humiliante pour les parents. Une IP est toujours vécue comme un traumatisme », confirme la cheffe d’un service de protection de l’enfance de la métropole.

C'est assez dur, sachant qu'on avait déjà pris cher au début de sa scolarisation : https://www.reddit.com/r/france/comments/1cyd4te/sur_la_fragilit%C3%A9_dun_gamin_et_sur_le_fait_d%C3%AAtre/

C'est d'autant plus dur que ça va faire 13ans que je bosse comme enseignant en math dans l'EN dont 12 en collège type prioritaire. Ma femme bosse aussi dans la FP comme médecin aux urgences et en SSR onco.

J'ai pas grand chose à dire. Il n'y avait pas vraiment de quoi créer un article sur le sub. Il y a une partie de moi (de nous) qui se dit que c'est pas grave parce qu'on fait le maximum pour notre gamin et qu'on a l'impression de le rendre heureux. Mais voilà, c'est juste pour dire que la situation relayée dans le blog médiapart existe pour de vrai.




thom986

8 comments
  1. Une amie est dans la même situation avec son fils c’est une catastrophe.

    Bon courage.

  2. Pas de miracles, la société dans son ensemble exclue les personnes en situation de handicap et ça commence de plus en plus jeune.

    Hélas tant que l’individualisme sera roi ca n’est pas prêt de changer.

    Rapprochez vous d’urgence d’associations de parents pour faire défendre vos droits.

  3. Ancien TS ici, ce qui est dommage c’est que le système et la procédure force presque automatiquement une IP ou tout autre intervention des services sociaux à être vécue comme une punition, une sanction, un blâme disant que les parents jouent mal leur rôle de parents etc etc alors que ça doit fondamentalement être présenté comme une aide et une main tendue.

    Je sais que c’est à 99% jamais le cas et que la perception de la procédure, elle, est bien réelle et qu’elle met à mal beaucoup de monde.

    Ça en dit long sur notre manière de mettre en place le travail social…

    Edit: j’avais oublié une partie de phrase.

  4. Impressionnant et honteux !

    Merci de ton témoignage qui évite l’invisibilisation de ces pratiques honteuses et qui permettra, je l’espère, leur fin quand une part importante de la société s’en indignera.

    Bon courage à toute ta famille d’ici là…

  5. “Il faut mettre tous les enfants même avec handicap pour favoriser leur inclusion à la même école!

    – Oui, donc vous allez diminuer le nombre d’enfants par classe et permettre à ces enfants d’avoir un support pour les aider à se sociabiliser et apprendre sans que ça impact la scolarité des autres ?

    – …

    – N’est-ce pas ? Vous.. savez que les enseignants ne sont pas des soignants ? … N’est-ce pas? 

    – ……….. ”

    Gros support en tout cas. Je suis élu parent d’élève et le sujet des AESH est un GROS sujet. Étonnamment, cette année les classes sont petites (moins de 20 élèves par classe) et on n’a pas autant le problème alors qu’il y a des enfants avec des gros handicaps. C’est une école publique et les écoles privées des alentours font tout pour empêcher de les virer de leurs écoles parce qu’apparemment, la discrimination, c’est OK quand tu as des thunes.

    C’est donc pour ça qu’ils ont prévu d’en fermer une, voire deux classes à la prochaine rentrée. 

  6. Discussion avec le maître de ma fille, cm2, 35 ans d’en.

    Quand il a commencé, les enfants avec handicap étaient dans la même structure et les mêmes classes que les autres élèves, tout en étant dans le dispositif ulys en même temps. Le matin, en classe avec lui et les autres élèves, l’après-midi dans la classe ulys au RDC. Parfois les enfants en situation de handicap allaient dès le milieu de la matinée dans la classe ulys, parfois que dans l’aprem, en fonction de chaque élève et de chaque jour. Le maître regrette ce temps, mais il a de la chance, il n’a que 24 éleves en CM2, c’est une petite école avec une seule classe par niveau, l’équipe pédagogique est solidaire, il a souvent un élève de CE2 dans sa classe quand ce dernier met trop le bazar en CE2. En CM2, y a je dirai un élève avec des tourbillons émotionnels parfois un peu violent, qlq TSA pas très marqués. Il s’en sort. En CE2, là où y a mon autre fille, y a ce garçon qui passe la moitié de son temps en CM2, plusieurs TDAH medicamentés, une aesh pour l’un deux, des TSA pas très marqués (je ne sais pas comment on dit), ils sont 27, la maîtresse a aussi +30 ans d’expérience. On est dans un des quartiers très bourgeois de Lyon, les parents sont attentifs aux besoins de leurs enfants, suivi psychologique, psychomot, orthophoniste etc hebdomadaire selon les besoins.

    Bref, tout se passe en général bien. mais l’année dernier eun enfant a donné volontairement un coup de poing à la maîtresse de CE2, et a essayé de continuer de la taper, devant une classe abasourdie, jusqu’à l’intervention du maître de CM2.

    C’est super cool l’inclusion, mais pas à 30 par classe, sans aesh, sur un rythme de classe classique pour tous, assis derrière son bureau toute la journée de 8h30 à 16h30..

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