Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Médecine, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres – dont le CHU de Nantes – démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab – un anticorps – dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple. Dans cet essai, 70 % des patients ayant reçu ce médicament, le Teclistamab, n’ont pas rechuté, contre 27 % pour ceux ayant reçu les traitements standards.

Le rôle des anticorps bispécifiques ? Ce sont des molécules à deux bras capables de mettre en contact une cellule immunitaire opérationnelle avec la cellule tumorale à détruire.

Cette publication a pour premier auteur le Pr Cyril Touzeau du CHU Nantes. Il dirige le service d’hématologie, très reconnu dans la lutte contre les cancers hématologiques ou cancers du sang (1).

Le myélome multiple concerne la moelle osseuse, la partie à l’intérieur des os, où sont produites les cellules du sang, en l’occurrence les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

5 000 cas par an en France

En France, environ 5 000 nouveaux cas de myélome multiple sont diagnostiqués chaque année. Le myélome multiple représente 10 % à 12 % de toutes les formes de cancers du sang.

Habituellement, pour les patients jusqu’à 70 ans, on le traite avec une chimiothérapie intensive avec autogreffe, aux effets secondaires très lourds et parfois difficiles à supporter. Mais le développement de l’immunothérapie (et notamment des anticorps bi spécifique), selon Cyrille Touzeau, permet d’envisager, dans un avenir proche, une approche différente.

Et cela d’autant plus qu’un autre anticorps bispécifique, le Elranatamab (produit par un autre laboratoire) donne aussi, dans le cadre d’une étude clinique, des résultats prometteurs dans le cadre cette fois du traitement précoce de patients porteurs du myélome multiple mais qui n’ont pas encore de symptômes. C’est aussi Cyrille Touzeau, qui en a présenté un premier bilan, à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

(1) L’hôpital privé du Confluent a aussi un service d’hématologie. En revanche, l’ICO, l’institut de cancérologie de l’ouest, n’en a pas.