EXPOSITION – Avec David Furnish, son compagnon, ce collectionneur sans limites a acquis au fil des années des clichés rarissimes. Le choix proposé à Paris brasse les genres et les époques, de la mode à la violence de l’actualité.
Disons que le Jeu de Paume n’y va pas par quatre chemins. « Fragile beauté, les photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish » commence directement dans le cœur du sujet. Ou plutôt sa chair, avec « Désir », un ensemble assez extraordinaire d’images qui célèbrent le corps masculin, « depuis l’érotisme suggéré du portrait de studio des années 1950 jusqu’aux images plus explicites de la photographie contemporaine ». Du Perfect gentleman, Self-Portrait à la taille étranglée de Fakir Musafar (1959) à Naked Body, le photomontage géant du duo britannique Gilbert & George (1991), des nus architecturaux d’Herbert List aux photos frontales de Robert Mapplethorpe, le nu masculin remplace ici le nu féminin si commun à tous les musées. Ce chapitre homoérotique accueille le visiteur dans une forme de « statement » (manifeste) qui fait sortir la question du cabinet secret, sorte de repentir des années sida où les malades homosexuels furent cachés, oubliés et stigmatisés
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