Pour le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, la victoire serait très certainement tombée dans l’escarcelle de Lewis Hamilton même en l’absence d’un Virtual Safety Car à un moment opportun, en raison du rythme affiché par le Britannique tout au long de sa stratégie à trois arrêts.
L’incertitude autour de la tenue des pneumatiques planait au-dessus du GP de Barcelone 2026 de F1 et, chose rare ces derniers temps, c’est bien sur une course à plusieurs arrêts et via une différence stratégique que la victoire s’est jouée.
Ferrari a décidé de s’engager dans une tactique offensive et risquée : celle de programmer trois arrêts, afin de permettre à Hamilton d’attaquer au maximum, tout en bénéficiant de l’opportunité de se décaler par rapport à une majorité de pilotes qui ont fait le choix, plus conservateur de deux arrêts.
Le troisième relais du septuple champion du monde, qui faisait suite à son second passage par les stands pour chausser des mediums, a joué un rôle décisif dans sa course en lui permettant de libérer tout le potentiel de sa monoplace dans des conditions idéales. Ce faisant, il a vite repris les positions perdues et s’est surtout rapproché à vitesse grand V des Mercedes devant lui.
Quand ces dernières ont fini par s’arrêter pour leur second – et donc dernier arrêt -, Hamilton s’est retrouvé aux commandes de la course avec une mission simple : attaquer au maximum pendant une demi-douzaine de tours en vue de son dernier arrêt.
Hamilton a mis en place une stratégie différente des Mercedes pour se placer en vainqueur potentiel.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
C’est au début de cette phrase critique qu’est intervenu un évènement qui allait faire définitivement pencher la balance, encore indécise, en faveur de Hamilton, à savoir l’abandon de Fernando Alonso. L’Espagnol, en immobilisant son Aston Martin dans l’herbe avant le virage 9, allait entraîner le déploiement du Virtual Safety Car.
Durant cette période, le rythme de l’ensemble des pilotes étant neutralisé, Hamilton a pu plonger dans les stands pour changer de pneus – chaussant des durs neufs – tout en ne perdant pas de position sur les Mercedes. Cela lui a facilité la tâche puisque, armé de pneus ayant plus de potentiel et d’une Ferrari visiblement véloce, il a ensuite pu creuser irrémédiablement l’écart pour aller chercher sa 106e victoire.
Il est toujours difficile de chercher à réécrire l’histoire. Hamilton aurait-il remporté la course s’il avait dû faire son ultime arrêt sous drapeau vert et repartir à au moins une quinzaine de secondes des Mercedes ? Cela reste désormais du domaine de l’hypothèse. Toutefois, pour Frédéric Vasseur, ça ne fait pas réellement de doute.
« Nous aurions remporté la course, peut-être avec un peu moins [d’avance] », a confirmé le Français. « Mais nous étions également en bonne position avec un train de pneus neufs à ce stade. C’était positif pour nous, mais je ne veux pas me lancer dans des calculs pour savoir ce qu’il se serait passé en course dans tel ou tel cas. Je pense toutefois que nous étions déjà en très bonne posture. »
Chez Mercedes, la vision des choses se rapproche de celle de Vasseur : « Lewis était le plus rapide d’entre nous à la fin », a fait remarquer Toto Wolff, le patron de Mercedes. « Ainsi, même si nous étions ressortis devant lui, il aurait été très difficile de le maintenir derrière. »
Avec Jake Boxall-Legge et Filip Cleeren
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