Relatant sur Facebook sa rencontre, Johanna Rolland a exprimé sa colère à la suite de commentaires problématiques. Dans un message, elle précise que ces posts, masqués depuis, seront signalés sur Pharos.
«Ça suffit!» s’est emportée samedi la maire de Nantes Johanna Rolland. La veille, elle avait visité la nouvelle mosquée de la Beaujoire, dans l’est de la ville. Quasiment terminé, ce nouveau lieu de culte musulman accueille depuis mi-février des fidèles. Après sa visite, l’édile socialiste avait posté sur Instagram et Facebook deux photos où elle posait en compagnie du bureau de l’Association culturelle des musulmans de Nantes-Est. Or, cette publication a donné lieu à «un déferlement de haine raciste et islamophobe dans les commentaires», a fustigé dans un long message publié sur Facebook l’élue. «Mon équipe s’applique à masquer chacun de ces posts qui seront tous signalés sur la plateforme Pharos », a-t-elle précisé. La plateforme gouvernementale créée en 2009 permet de signaler des contenus en ligne, ces derniers étant ensuite filtrés et transmis aux autorités.
«Dans notre pays, chacun a le droit de vivre sa religion en paix, et il est inacceptable, voire illégal pour certains, que ces commentaires prospèrent», a encore dénoncé Johanna Rolland. «La libération de la parole raciste, mais aussi misogyne, homophobe, grossophobe… grâce à l’anonymat des réseaux sociaux devient intolérable», a-t-elle critiqué, ajoutant s’être déjà rendue dans la cathédrale de Nantes ou à la synagogue.
Un message très commenté
Son cri de colère a suscité 2 600 commentaires, un chiffre particulièrement élevé par rapport à ses autres actualités. Récemment, son message de soutien aux musulmans, après l’interdiction préfectorale en mai de la Rencontre annuelle des musulmans de l’Ouest, avait fait l’objet de 2 900 commentaires.
Après cette mesure confirmée par le tribunal administratif de Nantes, Johanna Rolland avait adressé un mot de soutien à l’égard des citoyens de confession musulmane. «Si la plus grande intransigeance s’impose face à toutes formes d’intégrisme religieux, la République se doit aussi de rassembler. Je partage l’émotion et la déception des organisateurs, ainsi que de celles et ceux qui prévoyaient d’y participer», avait-elle écrit le 23 mai.