Sur le front ukrainien, l’armée russe cherche à se redynamiser avec de nouvelles méthodes d’assaut. Pour passer entre les mailles des filets des « kill zones« , ces « zones de destruction » où patrouillent en continu les drones pour détecter et annihiler toute menace, Moscou envoie désormais de petits groupes d’infanterie. Ces équipes réduites doivent s’infiltrer discrètement sur ces aires à haut risque pour préparer sur place une attaque plus large, expose le magazine Forbes, vendredi 12 juin.

Ces groupes, généralement composés de deux ou trois soldats, progressent en se cachant dans des bâtiments ou en se camouflant des zones boisées pour échapper à la surveillance aérienne de Kiev. Une fois installés à couvert dans ces « no man’s land », ils établissent un avant-poste depuis lequel ils déploient leurs propres drones contre leurs ennemis.

Des couloirs de drones pour brouiller les pistes

Peu à peu, ces bases d’appui improvisées forment ce que les analystes décrivent comme un « couloir de drones » en plein cœur de combat. Dans cette zone, les appareils russes prennent le contrôle du ciel à basse altitude, au grand dam des drones ukrainiens. Outre défendre l’espace et identifier les positions défensives voisines de l’Ukraine, ils facilitent l’arrivée de nouvelles équipes sur le terrain pour renforcer leurs rangs. Et gagner toujours plus de mètres dans les « kill zones ».

Quand plusieurs couloirs de drones sont établis, le dispositif est véritablement fonctionnel. Les forces russes peuvent lancer l’assaut contre les lignes ukrainiennes ou contre la ville qu’ils contrôlent. Les blindés restant particulièrement vulnérables, ces offensives sont principalement menées par des fantassins, à pied, bien qu’ils soient parfois accompagnés de quads et de motos, selon des vidéos publiées sur la messagerie Telegram par le ministère russe de la Défense.

Une intégration complète dans les opérations

Ces unités attaquent de plusieurs directions, protégées par des escortes de drones qui planent au-dessus de leurs têtes et tirent en cas de besoin. Jusqu’à présent, ces engins sans pilote servaient surtout à repérer des cibles pour l’artillerie ou à mener des frappes ponctuelles. Désormais, ils accompagnent directement les humains au combat, les guident et les sauvent.

Si quelques succès locaux ont été revendiqués par le Kremlin, cette stratégie, certes révolutionnaire, ne garantit pas un changement décisif sur le terrain. Kiev finira sûrement par adapter sa réponse, en augmentant ses patrouilles de drones, en renforçant ses moyens de brouillage électronique et en améliorant le ravitaillement de ses positions avancées.