Après des années de blocage, l’Ukraine a franchi lundi un pas important sur la voie de son adhésion à l’Union européenne avec l’ouverture officielle des négociations. Mais le chemin restera long et ardu pour ce pays en guerre avant de rejoindre les Vingt-Sept.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis à Luxembourg, ont officiellement donné en début de soirée le coup d’envoi d’une première série de négociations avec l’Ukraine et la Moldavie, après la levée d’un veto hongrois qui bloquait tout le processus depuis 2024.

« Nous avons travaillé dur pour parvenir à ce moment », s’est félicité le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X, en associant la Moldavie à ce succès.

Trente-cinq chapitres de négociation

Mais Kiev doit encore accomplir un énorme travail pour reprendre « l’acquis communautaire ». Autrement dit, les très nombreuses règles et normes en vigueur dans l’UE, de l’environnement à l’agriculture en passant par le marché intérieur.

Il y a au total pas moins de 35 chapitres de négociation à boucler impérativement avant une décision, unanime, des Vingt-Sept, et une ratification par chaque Etat membre, par le parlement ou via un référendum.

>> Les précisions dans La Matinale : L’UE a ouvert les négociations majeures sur l’adhésion de l’Ukraine lundi / La Matinale / 1 min. / aujourd’hui à 06:19 Lutte anti-corruption

Or, « en matière de lutte anti-corruption les choses ne vont pas assez vite », fait valoir un responsable européen. Le problème a été pris à bras le corps, a cependant assuré lundi devant la presse le vice-Premier ministre ukrainien Taras Kachka.

« Depuis le 1er janvier 2025, le Nabu (bureau national ukrainien anti-corruption) a ouvert plus de 1000 affaires, ce qui a déjà abouti à plus de 100 condamnations », a-t-il affirmé.

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Autre obstacle, les réticences des Etats membres une fois que les discussions se concrétisent. Elles s’annoncent par exemple très serrées sur l’agriculture, particulièrement avec des pays comme la France, qui redoutent l’arrivée dans l’UE de cette puissance agricole de 40 millions d’habitants.

Pas avant plusieurs années

A Kiev, Volodymyr Zelensky vise une entrée en 2030. Mais les Vingt-Sept se sont montrés plus prudents.

« Il est évident que nous ne serons pas en mesure de mener à bien le processus d’adhésion dans un avenir proche, compte tenu des innombrables obstacles ainsi que des complexités politiques des procédures de ratification », a ainsi écrit fin mai le chancelier allemand Friedrich Merz, dans une lettre adressée à ses homologues.

Ce ne sera pas possible avant 10 ou 15 ans, a renchéri le nouveau Premier ministre hongrois Peter Magyar.

cab avec afp