Un navire de guerre russe a tiré des coups de semonce mardi contre un yacht de plaisance immatriculé au Royaume-Uni dans la Manche, ont indiqué les autorités. Cet incident, qui n’a causé aucun dommage, illustre toutefois la montée des tensions entre les deux pays.

Le ministère de la Défense du Royaume-Uni a dit enquêter sur un «incident» après que le yacht a signalé avoir été pris pour cible par un navire de la marine russe à environ 20 milles marins (37 kilomètres) au sud de l’île de Wight, en dehors des eaux territoriales britanniques.

Aucun blessé ni dégât n’a été signalé à bord du voilier, qui a poursuivi sa route depuis le Royaume-Uni vers la France.

La BBC a rapporté que le voilier, dépourvu de moteur, avait dérivé vers le navire russe dans des conditions de brouillard.

Le ministère russe de la Défense a déclaré que l’équipage de la frégate «Amiral Grigorovich» avait tenté de contacter le voilier lorsqu’il avait été aperçu naviguant sur une «voie dangereuse à proximité immédiate du navire de guerre».

Il a précisé que l’équipage du navire avait lancé des fusées éclairantes et des signaux sonores lorsque le voilier n’avait pas répondu.

«Lorsque la distance s’est réduite à 150 mètres, le commandant de la frégate a décidé de tirer des coups de semonce à la proue du yacht à l’aide d’armes légères», a déclaré le ministère. Il a précisé que le yacht avait alors changé de cap et s’était éloigné.

Le ministère a déclaré que l’équipage du navire avait «agi en stricte conformité» avec les règles internationales de navigation afin d’éviter une collision.

Les navires de guerre russes traversant la Manche sont régulièrement suivis de près par la Royal Navy, et le patrouilleur HMS Mersey surveillait le navire russe au moment de l’incident signalé. Le ministère a indiqué qu’il menait une enquête sur l’incident de mardi.

L’armée britannique a déclaré le mois dernier avoir surveillé l’Admiral Grigorovich tout au long du mois d’avril, alors que le navire russe escortait six navires civils liés à la Russie près des côtes britanniques.

Cette altercation s’est produite deux jours après que des commandos britanniques ont arraisonné et immobilisé dans la Manche un pétrolier soumis à des sanctions, soupçonné de faire partie de la «flotte fantôme» russe. Les autorités n’établissent toutefois aucun lien entre ces deux événements.

Le capitaine du pétrolier, un ressortissant indien accusé d’avoir transporté du pétrole russe en violation des sanctions internationales liées à la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine, a été placé en détention après avoir comparu mardi devant le tribunal.

L’armée britannique a connu plusieurs rencontres rapprochées avec des navires russes dans la région et a averti Moscou en novembre qu’elle était prête à faire face à toute incursion sur son territoire après que le navire espion Yantar eut été détecté à la limite des eaux britanniques, au nord de l’Écosse.

En avril, le Royaume-Uni et la Norvège ont déclaré avoir suivi pendant plusieurs semaines un sous-marin d’attaque russe et deux sous-marins espions opérant au nord du Royaume-Uni.

Jill Lawless et Brian Melley, The Associated Press