Pourquoi cette solution ?
Certains secteurs industriels, comme la production de ciment et de chaux, ne disposent pas de solution pour atteindre la neutralité carbone. Ils envisagent donc de capter leur CO2 afin d’éviter qu’il ne contribue au réchauffement climatique.
Néanmoins, la Belgique ne dispose pas de réservoirs naturels lui permettant de stocker elle-même ce carbone. Notre pays envisage donc de l’exporter vers différents pays qui disposent de cet espace.
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Selon Annelies Verlinden, l’accord signé avec le Royaume-Uni a le mérite d’offrir une potentielle nouvelle solution de stockage à l’industrie belge. Elle espère que cette concurrence entre les différents pays hôtes puisse faire baisser le prix du stockage.
Ceci dit, la capture et le stockage du CO2 n’est pas encore une solution mature au niveau économique et technologique.
On ne sait d’ailleurs pas encore quand les canalisations nécessaires au transport du CO2 depuis les usines belges vers les terminaux d’exportation seront construites.
Le développement du réseau belge de transport de CO2 est en effet dans une phase d’attente. Celui-ci sera construit lorsqu’il y aura assez d’industriels intéressés par l’exportation du CO2. Sans cette masse critique d’utilisateurs, les tarifs d’utilisation risquent d’être exorbitants. Fluxys, l’entreprise chargée de construire ce réseau, envisage d’ailleurs de récolter du CO2 dans les pays voisins, notamment en Allemagne.
Bateaux ou pipelines ?
Par ailleurs, il existe plusieurs projets belges d’exportation du CO2 sur la table. Les entreprises Fluxys et Air liquide envisagent de construire dans le port d’Anvers un terminal de liquéfaction du CO2. Une fois liquéfié, le CO2 serait exporté par bateaux vers la Norvège, pour être stocké dans des réservoirs sous la mer.
Une autre solution serait de construire une canalisation sous la mer entre le port de Zeebruges et la Norvège. Le gaz serait comprimé à Zeebruges pour être transporté sur une distance d’environ 1 000 km
Et il y a donc ce troisième projet, qui consiste à relier Zeebruges au Royaume-Uni via une conduite sous la mer d’une longueur d’environ 200 km.
« L’avantage du Royaume-Uni est qu’il est plus proche que la Norvège, nous explique un industriel belge. Mais les Norvégiens sont plus avancés que les Britanniques d’un point de vue technologique en ce qui concerne le stockage du CO2 ».
Autre avantage de la Norvège : elle fait partie du marché carbone européen ETS (Emissions Trading System). Le Royaume-Uni, de son côté, doit négocier avec l’UE en vue de le réintégrer. Or sans cette intégration au marché ETS, les industriels belges n’ont aucun intérêt à stocker leur CO2 au Royaume-Uni.
Qu’en est-il du coût de cette solution ? « Il est encore trop tôt pour avancer des chiffres, nous explique l’industriel belge précité. Si le coût de la capture et du stockage du CO2 dépasse le prix de la tonne de CO2 sur le marché européen, aucun industriel n’aura recours à cette solution. C’est pour cela que le gouvernement flamand a décidé de prendre en charge le surcoût de la capture et du stockage du CO2. La Wallonie doit aussi avancer dans cette direction, sinon rien ne se fera. »