Voir un film érotique loin des clichés ? C’est au Festival du Film de Fesses que ça se passe. Créé en 2014 par Maud Bambou et Anastasia Rachman, l’événement est né d’une envie simple : montrer la sexualité autrement, avec liberté, nuance et créativité. Persuadées que le désir peut être drôle, beau et intelligent, ses fondatrices ont imaginé un festival dédié aux œuvres qui renouvellent les représentations du sexe à l’écran. Une manière aussi d’offrir une visibilité méritée à des films souvent cantonnés aux circuits alternatifs, en leur donnant toute leur place sur grand écran.
Avec le retour des beaux jours et des températures caniculaires, le Festival du Film de Fesses reprend ses quartiers dans les salles obscures parisiennes. Cette année, le rendez-vous investit le Majestic Bastille, le Reflet Médicis, le Point Éphémère et le Méliès à Montreuil. Au programme : des classiques ravageurs, de nouvelles propositions aussi sensuelles qu’audacieuses, plusieurs avant-premières en présence des équipes, ainsi que quelques surprises. De quoi explorer les multiples facettes de l’imaginaire érotique au fil de projections, de rencontres et d’échanges passionnants.
Une programmation alléchante
Cette nouvelle édition du festival s’ouvre ce mercredi et explorera, jusqu’à la fin de la semaine, les liens entre désir, mythologie, religion et imaginaires queer à travers une programmation variée mêlant classiques du genre et découvertes contemporaines. Le coup d’envoi sera donné ce soir à 20h au Majestic Bastille avec Fucktoys, d’Annapurna Sriram, lors d’une soirée d’ouverture animée par les équipes du Femstival. Sortie en 2025, cette comédie trash tournée en pellicule nous entraîne dans un univers fantasmatique inspiré d’une Amérique marginale, décatie et hors du temps. On y suit l’odyssée aussi absurde que touchante d’une jeune travailleuse du sexe persuadée d’être victime d’une malédiction. Pour s’en défaire, elle doit réunir 1 000 dollars et sacrifier un agneau afin de consulter les voyants susceptibles de la libérer de ce mauvais sort. À mi-chemin entre le conte de fées déjanté, la satire et le road movie initiatique, Fucktoys déploie un imaginaire kitsch et flamboyant qui pourra évoquer, par son énergie singulière, The Sweet East ou encore Anora.

© Trashtown Pictures / Courtesy Everett Collection