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Rédaction Actu

Publié le

16 juin 2026 à 21h59

Équipés de pièges à moustiques et d’épuisettes, les chercheurs de l’université de Glasgow ratissent la campagne écossaise, à la recherche d’un minuscule insecte (4 à 10 mm) qui passe souvent inaperçu avec sa couleur brun-gris : Culex pipiens. Ce moustique est responsable de l’arrivée du virus Usutu, identifié pour la première fois en avril, et qui jusqu’ici circulait bien plus au sud de l’Europe.

Les scientifiques ne pensaient en effet pas voir ça de leur vivant : un virus tropical véhiculé par des moustiques jusqu’alors peu présents dans ces contrées où ils commencent à proliférer en raison du changement climatique. Si la vigilance est de mise, c’est parce que Usutu provoque des décès massifs d’oiseaux.

Des oiseaux affaiblis, désorientés, « avec le cou tordu »

Tout a commencé l’été 2025. Des habitants de l’île d’Arran, au sud de Glasgow, ont commencé à voir des merles avec des « symptômes étranges ». Affaiblis, désorientés, « avec le cou tordu », ils semblaient ne plus pouvoir se nourrir, avant de mourir par dizaines.

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Alertée plusieurs mois après, une vétérinaire locale envoie leurs dépouilles pour analyses. Verdict : ils ont été victimes du virus Usutu transmis par des piqûres de moustiques. Détecté pour la première fois en 1959 au Swaziland (aujourd’hui Eswatini), près d’une rivière dont il a tiré son nom, Usutu sévit en Europe depuis les années 2000.

Mais jamais il ne s’était aventuré si au nord. « Si vous m’aviez demandé il y a 10 ans quel était le risque de voir apparaître une maladie transmise par les moustiques en Écosse, j’aurais pensé que je ne le verrais pas de mon vivant », explique à l’AFP Heather Ferguson, professeure d’écologie des maladies infectieuses à l’université de Glasgow.

On ne pensait pas que c’était possible, parce que les conditions climatiques étaient encore trop froides. Mais le changement climatique a considérablement accéléré le rythme de ces changements.

Heather Ferguson
Professeure d’écologie des maladies infectieuses à l’université de Glasgow

Quel risque pour la santé humaine ?

Culex pipiens prospère autour de 25 °C. Avec le réchauffement planétaire, ces températures autrefois rares au Royaume-Uni sont désormais régulièrement atteintes. 2025 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le pays, avec un record local de 32,2 °C en juillet à Aviemore dans les Highlands.

Voir arriver de tels virus jusqu’en Écosse, c’est « un signal d’alarme : le risque se rapproche de chez nous et nous devons nous y préparer », souligne Heather Ferguson. Pour l’heure, les menaces de transmission à l’homme de l’Usutu sont limitées – 235 cas selon une étude publiée fin 2024 dans la revue Viruses.

Mais, note Heather Ferguson, « dans d’autres régions d’Europe continentale, l’Usutu est le premier signe de maladies plus graves » comme le virus du Nil occidental, qui peut affecter la santé humaine. Ce virus a été détecté pour la première fois dans des moustiques britanniques en mai 2025. 

Plus il fait chaud, plus ils prolifèrent, plus ils transmettent

Aussi, les chercheurs de Glasgow mènent déjà une série de tests en laboratoire pour étudier les mécanismes de transmission des virus par les moustiques aux animaux, mais aussi à l’homme.

Premier constat : des températures plus élevées favorisent la prolifération des moustiques mais aussi leur capacité à transmettre des virus. « Par temps froid, les moustiques ne transmettent pas de maladies car la température est insuffisante pour que le virus puisse survivre à l’intérieur du moustique », explique Émilie Pondeville, chercheuse au centre de recherche sur les virus de l’université de Glasgow.

La transmission est donc impossible. Il existe donc un équilibre entre la température à laquelle les moustiques peuvent survivre et celle que le virus préfère, ainsi qu’une interaction entre ces deux facteurs.

Émilie Pondeville
Chercheuse au centre de recherche sur les virus de l’université de Glasgow

Des populations d’oiseaux décimées

Pour l’instant ce qui inquiète surtout les biologistes est l’effet des virus transmis par les moustiques sur certains oiseaux. L’Usutu a déjà décimé certaines populations de merles, notamment en Autriche en 2001 et en Europe de l’Est en 2018. Le virus touche aussi les chouettes, les rapaces et plusieurs passereaux.

À terme, la multiplication des moustiques pourrait conduire à l’extinction de plusieurs oiseaux, craignent les experts.

Source : AFP.

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