l’essentiel
Comment est morte Lyhanna ? La question taraude l’esprit de milliers de Français alors que l’onde de choc liée à ce drame est encore loin de s’estomper. Les expertises anatomopathologiques prennent du temps et il faut compter plusieurs semaines avant d’identifier les causes de la mort de la collégienne.
Près de deux semaines après la découverte du corps de Lyhanna, le 4 juin 2026, dans un silo à grains, à Puycasquier (Gers), les causes de la mort de la fillette de 11 ans restent pour l’heure inconnues. Seule certitude : un premier examen externe réalisé d’abord sur les lieux, une fosse à l’abri des regards, n’indique aucune trace de blessures ni de coups sur le corps. Pas de lésions apparentes ni de plaies. En d’autres termes, Lyhanna n’a pas été battue. Ce mardi 16 juin, le parquet d’Agen a fait savoir « qu’il n’a pas été informé du retour des résultats de cette autopsie et des expertises complémentaires ».
Les premières constatations excluent la présence d’un objet tranchant ou contondant ou celle d’une arme à feu. Au regard de la sensibilité de cette affaire, toutes les précautions sont prises pour préserver tous les indices ou traces retrouvés sur le corps de la collégienne. Transportée par hélicoptère dans les locaux de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise (Val-d’Oise), la dépouille a fait l’objet d’examens plus précis de la part des médecins légistes.
Lyhanna a-t-elle été droguée ou empoisonnée ?
Si le décès est consécutif à un étranglement, les experts peuvent constater un écrasement de la trachée à la suite d’une pression. Ces constatations peuvent déjà donner de premières indications. Mais il faudra attendre le retour des prélèvements anatomopathologiques pour avoir d’autres certitudes, notamment si la mort est intervenue à la suite d’un possible étouffement par asphyxie. L’étude des tissus et de certains organes prend environ trois à quatre semaines avant d’obtenir des conclusions scientifiques fiables. Un délai tout à fait normal dans ce genre d’affaire. Dans ce type de dossier, « le temps scientifique n’est pas celui des séries américaines où les crimes sont résolus en cinquante-cinq minutes », commente une source judiciaire.
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Ces expertises seront nécessairement accompagnées d’analyses toxicologiques pour savoir si Lyhanna n’a pas été empoisonnée ou droguée. Ce n’est qu’à partir de l’ensemble de ces conclusions que l’on pourra non seulement déterminer les causes probables de la mort, mais également la dater.
Retrouvée dans la fosse d’un silo à grains, Lyhanna est-elle morte dans cet espace clos et exigu, ou le décès est-il antérieur à la dissimulation de son corps ? La réponse à ces éléments d’enquête est primordiale. Mais elle reste soumise au secret pour que les juges d’instruction puissent entendre Jérôme Barella en disposant d’atouts majeurs en main.

HOMMAGE EN MEMOIRE DE LYHANNA PUYCASQUIER
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE
Cet homme est resté mutique lors de sa garde à vue. Il a gardé le silence lors de sa présentation devant le juge. En fonction des résultats de l’autopsie, changera-t-il d’attitude ? Tout dépendra des cartes dont vont disposer les deux juges d’instruction pour tenter de faire sortir du silence Jérôme Barella. Le but étant surtout de comparer ses déclarations à venir avec les constatations et les conclusions de l’autopsie.
Recherche d’ADN sur le corps
La recherche de traces et d’ADN sur le corps de la fillette est également un travail de premier plan. La prudence avec laquelle la justice avance, avant de communiquer officiellement sur les résultats de cette autopsie, obéit à deux impératifs : d’abord s’assurer de la parfaite fiabilité des expertises scientifiques avant d’affirmer de quoi est morte Lyhanna, et faire en sorte de ne pas dévoiler des éléments d’enquête qui pourraient permettre à Jérôme Barella, principal suspect, d’anticiper une ligne de défense. Dans l’hypothèse où aucun ADN d’un tiers n’est retrouvé sur le corps de la victime et que cette information est révélée dans les médias, le mis en cause peut s’en servir pour orienter sa version. Ce qui pourrait être préjudiciable pour la suite de l’instruction.
Dans chaque dossier criminel, les enquêteurs s’attachent à préserver, dans le plus grand secret, tout indice susceptible de confondre un mis en cause. Le but étant de lui opposer des éléments d’enquête qui n’ont jamais fuité.