Le Wall street Journal l’annonçait dès le 18 mars. Le successeur au chef du Cártel de Jalisco Nueva Generación (CJNG), Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », abattu par les autorités mexicaines en février, avait été nommé. Il s’agissait, selon le quotidien américain, de son beau-fils, Juan Carlos Valencia Gonzalez. Mais le cartel ne l’avait pas confirmé. Trois journalistes français ont rencontré, dans le cadre d’un reportage pour Arte, des membres du cartel qui font allégeance devant la camera à leur nouveau boss. « El Mencho sera à jamais notre patron, affirme le chef d’une unité de sécurité du cartel. Mais notre commandant est désormais El 03. Il représente l’autorité, le pouvoir. »

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Récompense de 5 millions de dollars

« El 03 », c’est l’un des surnoms de Juan Carlos Valencia Gonzalez. Souvent présenté comme particulièrement discret et méfiant par la presse, il est le fils biologique de Rosalinda González, surnommée « La Jefa » (la Patronne) qui s’était remariée avec El Mencho et qui est une figure clé de l’apparail financier du CJNG. Réputé « extrêmement violent », Valencia González a occupé des postes stratégiques au sein du CJNG, notamment la direction du Groupe Elite, la branche armée la plus redoutée de l’organisation, et la coordination des opérations dans l’ouest du Mexique. En 2019, il a d’ailleurs été inculpé par un tribunal fédéral de Washington « pour conspiration en vue de trafic de cocaïne et de méthamphétamines ». Les USA promettent même une récompense de 5 millions de dollars (environ 4,4 millions d’euros) pour toute information menant à sa capture.

Enfance en banlieue de Los Angeles

Environ 30 000 membres. Près de 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires depuis sa création en 2009. Une implantation dans la totalité des trente-deux États mexicains. Des ramifications en Europe, en Asie, en Colombie (premier producteur mondial de cocaïne) et aux États-Unis (premier consommateur mondial de cocaïne). Une puissance de feu paramilitaire. Le CJNG, considéré comme organisation terroriste par les USA, est de loin l’organisation criminelle la plus puissante du Mexique. La DEA (l’agence américaine antistupéfiants) le classait même en 2020 en troisième position des groupes criminels les plus dangereux au monde après les triades chinoises et la mafia russe.

Mais pour le journaliste indépendant Luis Chaparro, interviewé dans le documentaire, le fait que Valencia Gonzales soit de nationalité américaine et qu’il ait grandi dans la banlieue de Los Angeles n’est pas insignifiant. « S’il devient le leader maximo du plus grand cartel mexicain alors ce n’est plus un cartel mexicain, c’est une organisation transnationale du crime organisé. »