Du 16 au 20 juin, le Royaume-Uni vibre pour les courses hippiques de Royal Ascot dans le Berkshire. Un évènement très prisé de la famille royale britannique où protocole et élégance règnent en majesté. Gala était à l’ouverture. Récit.

L’enceinte royale, le fameux « Royal Enclosure » pour les habitués des courses d’Ascot, se remplit peu à peu. Sous de hautes tentes blanches, de nombreux Britanniques, protégés du soleil, prennent place autour de tables de jardin, en attendant l’ouverture des paris. Tous arborent avec soin leur badge nominatif à la boutonnière, accompagné du précieux sésame suspendu à leur sac et de leur ticket d’entrée. À quelques pas de là, ceux qui n’ont pas encore franchi les portiques de sécurité prolongent le plaisir sur le parking. Une scène surprenante, mais ici parfaitement ancrée dans la tradition : entre Range Rover et Rolls-Royce, des groupes d’amis improvisent des pique-niques, parfois à même le sol. On y savoure une coupe de champagne bien fraîche, sortie d’une glacière par un majordome attentionné, ou l’on croque dans un sandwich, voire un scone aux raisins. L’atmosphère est joyeuse, presque insouciante, portée par un soleil généreux qui sublime ce rituel typiquement britannique.

Pour ce premier jour de courses, le roi est attendu au côté de son épouse, la reine Camilla. Leur carrosse doit traverser la pelouse avant de rejoindre le rond de présentation, où jockeys et chevaux effectuent un passage toujours très prisé. Le couple royal gagnera ensuite sa loge, située à l’un des étages de l’hippodrome. À 14 heures précises, leur arrivée est annoncée. Aussitôt, la foule se presse pour apercevoir le souverain, le saluer ou capturer l’instant à l’aide de leur smartphone. Chacun a revêtu ses plus beaux atours, car ici, l’élégance n’est pas en option. Pour les non-initiés, une règle s’impose : le Royal Ascot est autant une course hippique qu’un rendez-vous mondain où le raffinement est de mise. Impossible d’accéder au célèbre « Royal Enclosure » sans respecter un protocole vestimentaire particulièrement strict.

Arrivées de Charles III et Camilla
GOFF / BESTIMAGE


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L’arrivée de Charles III et Camilla sur «God Save The King»

Les femmes doivent couvrir leurs épaules, porter une jupe au moins au niveau du genou et arborer un chapeau. Les hommes, eux, sont tenus de revêtir un costume queue-de-pie, accompagné d’un haut-de-forme noir ou gris. À l’entrée, les agents de sécurité veillent scrupuleusement au respect de ces codes et se réservent le droit de refuser l’accès aux contrevenants. Ici, le protocole ne souffre aucune entorse. Les courses royales d’Ascot s’inscrivent dans une tradition remontant au XVIIIe siècle. La reine Elizabeth II y était une figure incontournable, fidèle à ce rendez-vous qu’elle ne manquait presque jamais, prenant un plaisir évident à voir concourir — et souvent triompher — ses propres chevaux.

Une foule d’invités se presse le long des barrières pour apercevoir les carrosses royaux. Bibis et chapeaux, de toutes formes et de toutes couleurs, composent une véritable mosaïque des plus élégantes. À l’occasion de ce rendez-vous mondain très prisé des Britanniques, les femmes rivalisent de créativité et de raffinement. Au passage du roi et de la reine, au son de « God Save the King », les hourras s’élèvent dans l’enceinte de l’hippodrome. Le couple royal est suivi de près par la princesse Anne, accompagnée de son fils Peter Phillips et de sa nouvelle épouse, Harriet Sperling. Souriante et parfaitement à l’aise au côté de sa belle-mère, celle-ci apparaît radieuse dans une robe bleu clair signée Suzannah London, coiffée d’un chapeau Jane Taylor.

Peter Phillips et sa femme Harriet Sperling
Backgrid USA / Bestimage

Paris, éclats de rire et de larme

Elle affiche la même aisance en retrouvant sa belle-sœur Zara Tindall, qui aurait, semble-t-il, rencontré quelques difficultés à l’entrée après ne pas avoir été immédiatement reconnue par un agent de sécurité. À ses côtés, son époux Mike Tindall se montre particulièrement détendu, échangeant avec humour avec le roi. L’atmosphère est au beau fixe : tous conversent quelques instants avant de regagner leur loge, dont ils ressortiront à plusieurs reprises pour assister aux courses et remettre les prix. Les courses s’enchaînent, tout comme les paris. Sur la pelouse, face aux chevaux lancés à pleine vitesse, des groupes d’amis discutent, rient et savourent quelques rafraîchissements. Les réactions fusent au fil des arrivées : cris de joie pour les uns, soupirs de déception pour les autres.

L’atmosphère devient plus lourde à mesure que la journée avance, jusqu’à virer à l’orage en fin d’après-midi. Dans leur loge, Camilla, jumelle en main, et Charles III suivent avec attention l’un des chevaux royaux Reaching High pour la course de cinq heures. La déception se lit sur leur visage lorsqu’ils découvrent le classement de ce favori arrivé dernier. Il faudra attendre une prochaine course pour espérer la victoire. Les premières gouttes de pluie précipitent le départ. On retient les chapeaux mal fixés, prêts à s’envoler au moindre coup de vent. Peu à peu, l’hippodrome se vide. Les habitués, eux, seront de retour dès le lendemain, et pour certains chanceux jusqu’à la fin de la semaine. Et avec elle, l’espoir d’apercevoir d’autres silhouettes royales : le prince William et Kate Middleton ont déjà marqué les esprits en signant un retour très attendu après deux ans d’absence. Mais chaque journée à Ascot réserve son lot de surprises.