Juste avant le début du dîner au château de Versailles en l’honneur de Donald Trump, le président américain a apposé sa signature sur le protocole entre les deux puissances tout juste imprimé. Récit.
« Ça va signer », se réjouit Jean-Noël Barrot à 23 h 12 dans une boucle téléphonique qu’il partage avec ses équipes. Le ministre des Affaires étrangères est alors attablé dans la galerie basse du château de Versailles aux côtés d’Emmanuel Macron, de Donald Trump et d’une trentaine d’autres convives, parmi lesquels plusieurs grands patrons, dont le PDG de LVMH, Bernard Arnault, et celui de Total Energies, Patrick Pouyanné. Debout, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, tient en main le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
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Quelques minutes plus tôt, alors que le président français fait visiter à son homologue américain la galerie des Glaces, son entourage alerte ce dernier que les Iraniens sont disposés à s’engager sur un texte commun, sans attendre la signature prévue le lendemain au complexe hôtelier du Bürgenstock, en Suisse. Encore faut-il pouvoir imprimer le document ! Une opération moins évidente qu’il n’y paraît dans un château certes rénové, mais datant du XVIIe siècle. Rubio se tourne alors vers Barrot, qui alerte un aide de camp d’Emmanuel Macron. Finalement, ce sont les Américains qui impriment les deux versions. Une en anglais, l’autre en farsi.
La table, soigneusement dressée pour le dîner, est en partie débarrassée afin de laisser place à la signature. Assis entre Emmanuel Macron et son épouse, Donald Trump paraphe le document à l’aide de l’un de ses célèbres stylos-feutres noirs, sous le regard attentif des convives. Derrière lui, son secrétaire d’État et le ministre français, qui viennent tout juste de « briefer » leurs supérieurs. « Ce n’était pas facile », lâche-t-il au moment d’apposer sa signature, avant qu’Emmanuel Macron ne le félicite d’un « Good job ». Quelques applaudissements fusent dans la salle.
Ça s’est fait en dix, quinze minutes
commente une source diplomatique à Paris Match, encore soufflée par la tournure qu’a prise la soirée.
Ce matin, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, admettait que personne ne savait à l’avance que le président américain signerait l’accord avec l’Iran lors de ce dîner. « Il y a eu d’abord un discours protocolaire du président, qui a souhaité la bienvenue à Donald Trump et évoqué les 250 ans de l’indépendance des États-Unis [NDLR]. Le président des États-Unis a remercié pour le G7 et pour le dîner, puis, dans le cadre de son intervention, a déclaré : “D’ailleurs, j’ai un bon accord avec l’Iran, je vais le signer” », a-t-il rapporté au micro de RTL.
Cet accord prévoit notamment une cessation des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens ainsi que la réouverture sans condition du détroit d’Ormuz pendant soixante jours. Les États-Unis s’engagent également à lever l’ensemble des sanctions en vigueur contre l’Iran et à débloquer 100 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés. Des mesures toutefois conditionnées à la signature d’un accord définitif entre les deux parties.