Béton ciré au sol, murs bruts et gaines apparentes au plafond. Le Café des marchandises, nouvel établissement du quartier République, rappelle l’ambiance d’un loft industriel. Si l’enveloppe est caractéristique du passé de l’île de Nantes, la déco de ce grand café de 300 m², ouvert le mois dernier rue des Marchandises, se veut chaleureuse.

Tout provient du réemploi, souligne Lou Guilloux, cogérant du lieu : le comptoir trônant au milieu de la pièce, réalisé avec du bois résiné ; les tables et chaises, en formica vintage, récupérés auprès d’anciens bars ; les tapis arrivant d’un magasin de l’île qui va bientôt fermer.

photo l’intérieur du bar, avec du mobilier provenant du réemploi, et la friperie tenue par julie hong.  ©  ouest-france

L’intérieur du bar, avec du mobilier provenant du réemploi, et la friperie tenue par Julie Hong. Ouest-France

En rez-de-chaussée de logements sociaux, accolé au Village solidaire des 5-Ponts, qui accueille des personnes en situation de grande précarité, le Café des marchandises est un lieu atypique comme la Samoa, la société publique qui pilote l’aménagement de l’île de Nantes, sait en imaginer : café culturel, boutique seconde main et, aussi, lieu d’expo sur la transformation du quartier. Même si le loyer ne dépasse pas 1 000 €, encore faut-il trouver le bon porteur de projet, ce qui explique que cinq années sont passées avant de voir le local neuf occupé.

Friperie et prêt d’objets

Lou Guilloux, avec son associé Côme Grimaldi, travaille sur le concept depuis 2021. La friperie est tenue par Julie Hong, associée salariée. Le bar se fournit uniquement auprès de producteurs locaux, que ce soit les bières, le vin ou les softs proposés à un prix attractif, le plus inclusif possible souhaite le trentenaire. Gérée par l’association le Bon Boulot, qu’il a créée avec ses amis Côme Grimaldi et Julie Hong, une objethèque, via un abonnement de 24 € l’année, permet d’emprunter des ustensiles du quotidien (raclette, plancha, etc.).

photo au premier plan, des tables et chaises en formica, et derrière, ressemblant à des meubles, un système son jbl récupéré et retapé à neuf.  ©  ouest-france

Au premier plan, des tables et chaises en formica, et derrière, ressemblant à des meubles, un système son JBL récupéré et retapé à neuf. Ouest-France

Un bar, c’est aussi un lieu de musique. Et de concerts. Lou Guilloux a fait appel à un sonorisateur pour retaper un vieux système son JBL des années 1980 », dont le prix, en état de marche, s’élèverait à des milliers d’euros. Avec ce café, on veut aussi s’adresser aux commerçants et associations du quartier. Des groupes peuvent venir jouer. Le système son peut être prêté ; Tapage, le bar en face, nous l’a déjà demandé. Et ce n’est pas tout.

Une mission d’animation

Le Café des marchandises constituera un espace commun avec les membres des 5-Ponts, pour rendre plus visible leur vente de paniers repas (en partenariat avec une ferme, sur le principe des Amap). Plus largement, Lou Guilloux souhaite partager diverses activités avec le centre d’accueil, comme une braderie commune prévue le 5 juillet. Ces échanges, espère-t-il à terme, rassureront les habitants du nouveau quartier, dont certains seraient craintifs quant à l’occupation de l’espace public par des personnes à la rue.

Présent deux jours par semaine dans les locaux, Milo Allain, médiateur urbain à la Samoa, propriétaire des murs et bailleur, répondra à toutes les questions des habitants et acteurs du quartier. D’abord au Hangar 32 puis au Labo Diva.