Dix-huit ans que la Ville de Rezé n’avait pas construit de crèche municipale. La dernière en date, celle des Ritournelles, quartier Pont-Rousseau, avait ouvert en 2008. Dans l’intervalle, la population a bondi de 15 %, passant de 38 000 à 43 500 habitants. Il était temps, a reconnu la maire divers gauche Agnès Bourgeais, jeudi 18 juin, à l’heure de poser la première pierre d’une crèche de 60 places, sur le parking du stade Léo-Lagrange, à la Trocardière.
Le futur équipement, destiné aux enfants âgés de 3 mois à 3 ans, ouvrira fin 2027. Il permettra d’atténuer la saturation des accueils existants. À Rezé, leur capacité totale s’élève à 966 enfants : 651 places auprès des assistantes maternelles et 315 en structures collectives. Parmi ces dernières, la Ville en totalise 115 dans ses cinq crèches, ainsi que vingt et une autres qu’elle a décidé de réserver dans des crèches privées depuis le précédent mandat.
Sur 240 demandes formulées l’année dernière au guichet de la Ville, seulement 18 % ont obtenu une réponse favorable, en incluant les 31 places proposées par les crèches associatives, a souligné Agnès Bourgeais. C’est dire l’ampleur des besoins, qui ne seront pas tous comblés avec cette sixième crèche municipale, même avec la tendance baissière des naissances. C’est un projet attendu, utile et profondément structurant. Il répond au constat clair d’une augmentation significative des demandes à Rezé ces dernières années, a confirmé Bruno Babin, vice-président de la Caisse des allocations familiales de Loire-Atlantique.
« L’un des investissements les plus importants du mandat »
La maire de Rezé a vanté un projet d’envergure, d’un coût de 5,2 millions d’euros, l’un des investissements les plus importants du mandat, avec la Maison de la tranquillité publique et la rénovation du stade Léo-Lagrange.
Divisée en trois unités indépendantes, avec une salle de vie, trois chambres et un espace repas, la future crèche disposera aussi d’une salle de confidentialité (pour l’allaitement des enfants par leurs mamans), ainsi que de deux salles dédiées à la motricité et aux animations. Elle sera conçue comme un lieu de vie, avec un grand jardin ouvert sur la nature, insiste Agnès Bourgeais.
« Exemplarité environnementale »
Le projet, imaginé par Giet Architecture, se veut également exemplaire d’un point de vue environnemental, avec un bâtiment bas carbone allant au-delà des normes actuelles, une ventilation naturelle et des panneaux solaires.
Le bruit d’un avion passant juste au-dessus du site, obligeant la maire à interrompre son discours, est venu brutalement nuancer ce descriptif d’un havre de paix. Rappelant que la Trocardière se situe sous les trajectoires aériennes de Nantes Atlantique.
Mais cet épisode n’a pas empêché l’édile de manier la truelle pour poser symboliquement une première brique de terre crue. Un matériau déjà utilisé lors de la rénovation et de l’agrandissement de l’école Château-Sud et qui sera marié à la paille et au bois dans la future crèche.

Agnès Bourgeais, maire de Rezé, a posé une brique de terre crue pour marquer le lancement du chantier de la crèche de la Trocardière. Ouest-France