C’est l’effervescence des grands jours à la Porte de Versailles. Depuis le 17 juin, VivaTech bat son plein et s’apprête à vivre ses dernières 24 heures. Au milieu des géants du numérique, les pépites de la région montpelliéraine se font remarquer. Parmi elles, Kervalion, une jeune pousse née en janvier 2025, qui compte bien profiter du sprint final pour séduire de nouveaux partenaires avant la clôture du salon ce 20 juin.
Sa promesse ? Régler un problème qui touche une personne sur deux lors de la pose d’une dent artificielle.
En finir avec les mois d’attente avant un implant
Quand on perd une dent, il faut souvent visser un implant dans l’os de la mâchoire. Le souci, c’est que dans la moitié des cas, l’os s’est résorbé et n’est pas assez solide. La méthode classique impose alors une greffe osseuse assez lourde, suivie de trois à six mois de cicatrisation avant même de pouvoir poser la dent.
Kervalion, issue de plusieurs années de recherche à l’Université de Montpellier, change radicalement les règles du jeu. Habib Belaïd, son cofondateur et président, résume la rupture :
« Avec notre matériau imprimé en 3D, nous sommes capables de faire la greffe et le positionnement de l’implant en une seule opération. C’est immédiat. »
Livré « prêt à poser », le greffon s’adapte parfaitement à l’anatomie du patient. Cerise sur le gâteau, le matériau possède des propriétés antibactériennes qui limitent drastiquement les risques d’infection ou de rejet. Pour le patient, cela signifie moins de douleurs, moins de chirurgie et un retour à la vie normale bien plus rapide.
VivaTech : le sprint pour convaincre les investisseurs
Après avoir sécurisé un premier financement global de 2 millions d’euros (dont 700 000 euros en levée de fonds, complétés par la BPI et les banques) pour structurer ses équipes, Kervalion passe à la vitesse supérieure. Et à VivaTech, chaque minute compte.
Pour cette deuxième participation, l’équipe héraultaise est venue chercher de la visibilité auprès des praticiens, mais surtout préparer le coup d’après. Pour franchir la marche de la commercialisation à grande échelle, une nouvelle levée de fonds, bien plus importante, est nécessaire. Le salon parisien est le spot idéal pour taper dans l’œil des fonds d’investissement et des industriels du secteur médical.
Premiers patients testés tout récemment
Le projet quitte les laboratoires pour la vraie vie. Kervalion a lancé il y a quelques jours ses tout premiers essais cliniques sur un premier groupe de ces cinq patients.
Et dès l’année prochaine, la start-up passera à la vitesse supérieure avec des études cliniques sur plusieurs centaines de personnes en Europe et aux États-Unis, ses deux marchés cibles. Si le parcours réglementaire se déroule sans accroc, cette technologie d’impression 3D devrait débarquer dans nos cabinets dentaires à l’horizon 2028-2029. De quoi redonner le sourire à pas mal de patients.