Ces stars qui se sont confiées sur leur bipolarité

À l’occasion de son retour à l’antenne de France Inter, ce lundi 15 juin, l’ancien animateur de la matinale est revenu sur les préjugés qui entourent la dépression. L’un des plus tenaces est celui du «syndrome Orangina».

Pendant plusieurs mois, la voix de Nicolas Demorand avait disparu des matinales de France Inter. Ce lundi 15 juin, au micro du grand entretien du «8h20», il a signé son retour en plateau pour la promotion de son nouveau podcast autour de la santé mentale «Si besoin», dans lequel il s’exprime sur la maladie qui l’a éloigné des studios. L’année dernière, l’animateur avait révélé être atteint d’un trouble bipolaire de type 2, BP2, une maladie considérée comme lourdement handicapante par l’OMS. À travers cette nouvelle prise de parole, celui qui confie avoir passé ces six derniers mois par une phase maniaque puis une phase dépressive difficiles s’engage contre les préjugés qui entourent encore la santé mentale. Parmi ceux-ci, le journaliste de 55 ans alerte sur une idée reçue particulièrement persistante, selon laquelle il suffirait de «se secouer» pour sortir d’une dépression. Une vision réductrice de la maladie que certains psychiatres et médias appellent le «syndrome Orangina».

Pourquoi parle-t-on de «syndrome Orangina» ?

Concrètement, le «syndrome Orangina» n’est pas une maladie officielle mais une expression imagée qui s’inspire des slogans publicitaires de la célèbre marque de boissons : «Secouez-moi, sinon la pulpe reste en bas», «Secouez-moi, secouez-moi !» ou encore «La vie est plate si tu ne la secoues pas». Transposée à la santé mentale, elle dénonce l’injonction faite aux personnes dépressives (dont les bipolaires) de se «secouer» pour aller mieux, comme si leur état dépendait d’un simple effort personnel. «C’est le regard social qui pense la maladie mentale comme un défaut de la volonté», déplore Nicolas Demorand à l’antenne.


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L’animateur a lui-même été confronté à cette vision réductrice de la maladie Il s’agace des phrases comme «Tu es dépressif et tu restes allongé sur un canapé, c’est vraiment parce que tu n’as pas envie de te lever». «Bah non, c’est parce que je suis malade et que je ne peux pas faire autrement», rectifie-t-il au micro de France Inter.

Un appel à la compréhension

Malgré une sensibilisation croissante aux troubles psychiques, le préjugé du «syndrome Orangina» subsiste. Selon une enquête OpinionWay réalisée pour Inicea en octobre 2024, un Français sur quatre pense qu’il suffit de «bonne volonté» pour sortir d’une dépression. Ces préjugés ont des conséquences réelles sur les personnes concernées. Toujours d’après la même étude, 37 % des Français atteints de troubles psychiques se sont déjà sentis jugés dans leur milieu professionnel, et 44 % au sein de leur famille.

En choisissant de témoigner de son expérience, notamment à travers son nouveau podcast, Nicolas Demorand espère faire évoluer le regard sur les troubles de la santé mentale. «Il ne faut pas avoir honte d’être malade, ni de se soigner», souligne-t-il. En mai 2025, il avait publié un livre, Intérieur nuit, où il témoignait notamment des années d’errance médicale qui ont précédé son diagnostic.

Lors de son interview accordée à France Inter, Nicolas Demorand a révélé avoir été récemment hospitalisé sous contrainte à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, à la suite d’un épisode maniaque particulièrement sévère. Une expérience de six mois qu’il qualifie de choquante, où il a ressenti que sa liberté avait été annulée. «À ce moment-là, je n’étais pas en état de prendre des décisions cruciales pour ma santé», confie-t-il.