Revenu à l’aéroport d’Entzheim en 2024 après une absence de plusieurs années, Easyjet connaît, depuis, un développement accéléré. Elle est désormais la deuxième compagnie à Strasbourg, avec 11 % de parts de marché en 2025 – loin derrière l’espagnole Volotea. « Nous arrivons cette année à dix lignes (Nice, Marrakech, Barcelone, Palma, Naples, Rome, Milan, Manchester, Londres-Gatwick et Londres-Luton) et l’offre en sièges se rapproche de 300 000, en augmentation de 67 % par rapport à 2025. C’est une croissance assez spectaculaire », souligne Reginald Otten, directeur adjoint d’Easyjet France. Plusieurs lignes lancées depuis deux ans ont vu leur fréquence augmenter, Nice est opérée de façon quasi-quotidienne, Marrakech, lancée en mai, a été programmée d’emblée hiver comme été.

Contrairement à Bâle-Mulhouse, Easyjet n’a ni avion ni personnel basés à Strasbourg. La première place de la compagnie britannique à l’EuroAirport, à une centaine de kilomètres seulement, n’est pas vue comme un frein au développement de l’offre dans la métropole bas-rhinoise. « On voit vraiment deux marchés distincts, ce qui nous permet de construire notre position de leader sur l’Alsace au sens global », analyse Reginald Otten.

Easyjet France a cependant profité des travaux de réfection de la piste principale de l’EuroAirport , ce printemps, pour “tester” durant un mois la ligne Strasbourg-Nantes, destination proposée habituellement depuis Bâle. « Les taux de remplissage ont été bons », indique Reginald Otten, sans se prononcer sur l’apparition de cette porte d’entrée vers l’Atlantique dans le programme 2027. « On sait que les Alsaciens vont beaucoup en Bretagne et sur l’ouest de la France. On verra pour la suite. »

Londres doublée pour les fêtes

En attendant, c’est vers l’Angleterre que l’offre s’étoffera en fin d’année. Après Gatwick, au sud de Londres, Easyjet ouvre à la réservation des vols vers Luton, au nord de la capitale anglaise, qui seront opérés à partir du 29 novembre et jusqu’à janvier prochain. « Les Anglais sont fans des marchés de Noël alsaciens, on le voit depuis Gatwick et Manchester. Et les Alsaciens, dans l’autre sens, pourront plus facilement aller découvrir Londres à Noël. »

Pour cet été, la guerre au Moyen-Orient a poussé les vacanciers vers les destinations “occidentales” proposées par Easyjet (Maroc, Espagne, Canaries…). Les réservations se font plus tardivement, mais la dynamique reprend, observe Reginald Otten. Il assure que sa compagnie n’a pas répercuté la hausse du prix du kérosène sur ses tarifs, qui a pourtant contribué à la perte de 500 millions d’euros enregistrée au premier semestre. La hausse des coûts n’a pas davantage impacté le programme estival de la compagnie.

« On espère que cette crise va passer afin de pouvoir offrir un maximum de choix de destinations et de prix compétitifs pour le reste de l’année, conclut Reginald Otten. Notamment en vue de l’hiver, une saison toujours plus compliquée pour les compagnies aériennes. »