À sa création en 2015, l’ONG SOS Méditerranée était vouée, un jour, à disparaître, après avoir rempli ses missions de sauvetage en mer et alerté les États du pourtour méditerranéen quant à l’ampleur des drames humains qui se jouent chaque jour sur la route migratoire la plus meurtrière au monde. Onze années plus tard, dont dix d’opérations dans les eaux internationales à bord de l’Aquarius puis de l’Ocean Viking, cesser leurs activités n’a jamais paru aussi invraisemblable aux membres de SOS Méditerranée, dont le siège et le port d’attache sont établis à Marseille.
Dans les trois premiers mois de l’année, déjà 1 300 personnes sont mortes alors qu’elles tentaient de rejoindre le sol européen à bord d’embarcations précaires. En dix ans, 35 000 victimes ont disparu en mer.
43 418 personnes sauvées par SOS Méditerranée en 10 ans
Ce vendredi matin, dans l’auditorium du Mucem, une décennie après leur conférence inaugurale au même endroit, les responsables de l’ONG faisaient état de « dix ans de combat entre négligence et solidarité », pour évoquer la dégradation de l’aide internationale et imaginer l’avenir de leur travail. Dans un long rapport, baptisé « en pleine tempête », les visages des…