784 écoles et collèges, sur environ 60 000 établissements scolaires en France, vont être concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires en raison de la vague de chaleur qui touche le pays. Parmi ceux-ci, quelque 150 établissements vont complètement fermer leurs portes la semaine prochaine. Soit nettement moins qu’au cours de la canicule de juin 2025 durant laquelle près de 2 200 écoles avaient préféré fermer.
Le collège Sainte-Marie, à Vitré (Ille-et-Vilaine), a ainsi décidé de proposer des cours en distanciel pour les deux dernières journées de classe, lundi et mardi, alors que la température devrait atteindre 38 °C, mais avec « une température ressentie de 43 °C », précise l’établissement. Ce dernier assurera néanmoins un accueil pour les élèves qui ne pourraient pas rester chez eux.
Ce vendredi, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4 000 candidats, prévus lundi et mardi après-midi, ont été « décalés de quelques jours ». Cette nouvelle vague de chaleur met donc en lumière l’inadaptation des bâtiments scolaires au réchauffement climatique. Un rapport sénatorial de 2023 rappelait que 58 % des lycées avaient été construits avant 1980 et 53 % des collèges. « Les années 1960-1970 ont été marquées par la construction d’un nombre important de bâtiments scolaires », en raison notamment de la hausse de la démographie et de l’allongement de la scolarité (devenue obligatoire jusqu’à 16 ans). Or, ces constructions rapides qui n’ont pas été rénovées, ne disposent parfois ni de volets ni de stores ni de préau ou d’espaces ombragés, alors qu’elles arborent de grandes verrières et ont été aménagées avec des cours bitumées.
Des rénovations qui nécessiteront du temps…
Pour y remédier, le programme EduRénov a été lancé en 2023, avec pour objectif de rénover 10 000 bâtiments scolaires d’ici à fin 2027 et 40 000 d’ici à 2034. Selon la Banque des territoires qui porte ce programme, 7 377 projets ont jusqu’à présent été engagés et 681 rénovations ont déjà été financées pour un montant de 1,3 milliard d’euros. Mais d’ici à la réalisation de tous ces travaux d’envergure, plusieurs vagues de chaleur seront passées. Et ce, d’autant plus que certains projets pourraient être retardés. Début juin, la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly a déploré la suspension de plusieurs opérations de rénovation thermique « faute de financements suffisants ». En cause, selon l’élue, une « chute de 43,5 % en 2026 des crédits ouverts par l’État pour de nouveaux investissements », dans le cadre du Fonds vert destiné à aider les projets des collectivités.
D’ici là, un autre programme a été lancé, Racine, qui vise à doter les écoles de solutions low-tech (stores bans, brasseurs d’air…) afin d’étudier leur efficacité à l’aide de différents capteurs. Quinze établissements ont déjà été équipés et quinze autres le seront prochainement. « Selon la configuration des bâtiments, ces dispositifs doivent permettre de réduire la température de 4 à 10 °C », avance Guillaume Perrin, directeur d’Actee qui pilote cette action. Avantage : ces dispositifs sont peu coûteux. Inconvénient : « Ils ne seront pas suffisants pour tous les bâtiments ».