Démocratiser l’accès à la mode, loin des codes et des artifices. C’est le projet que porte Elias Medini. À 27 ans, le jeune homme ne s’inflige pas d’étiquettes. Ni journaliste, ni créateur, davantage critique mode qu’influenceur, il se définit avant tout comme un « agitateur de la mode ».

Sous le nom de Lyas sur les réseaux sociaux, il défend une parole libre sur la mode, affranchie des récits plus ou moins imposés par les maisons de couture. « J’avais besoin d’honnêteté. Dans les autres industries créatives, la critique est admise, parfois même encouragée. C’est moins le cas dans la mode ces dernières années », estime-t-il.

Formé au cinéma avant de conquérir la mode à Paris, Lyas a gardé le goût du récit, qu'il transpose aujourd'hui dans ses critiques de défilés.Formé au cinéma avant de conquérir la mode à Paris, Lyas a gardé le goût du récit, qu’il transpose aujourd’hui dans ses critiques de défilés. Photo Diora Muslimova

Avec près de 800 000 abonnés cumulés sur Instagram et TikTok, Lyas s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de la mode sur les réseaux sociaux. Ses analyses culturelles et son regard affûté sur les défilés séduisent autant les initiés que les passionnés. « Tu vas bouffer Paris », lui avait d’ailleurs prédit le documentariste mode et visionnaire Loïc Prigent, alors qu’Elias tentait en vain de décrocher un stage à ses côtés.

De la frustration à l’ouverture d’un nouvel horizon

Au-delà de ses critiques souvent incisives, le jeune trublion est aussi à l’origine de la « Watch Party », un format inédit où il retransmet en direct les défilés des Fashion Weeks et transforme ces diffusions en expériences collectives, gratuites et ouvertes à tous. Son concept est né d’une de ses propres frustrations, celle de ne pas avoir été invité au premier défilé homme de Jonathan Anderson pour Dior, en juin 2025. « Comme on regarde un match de foot, ici on regarde un défilé de mode », décrit-il.

Durant l'événement à Marseille se tiendra aussi une session de repérage de nouveaux visages du mannequinat.Durant l’événement à Marseille se tiendra aussi une session de repérage de nouveaux visages du mannequinat. Photo Diora Muslimova

Depuis un an, le jeune Rouennais, installé à Paris, parcourt ainsi les capitales de la mode durant les Fashion Weeks, réunissant parfois jusqu’à 13 000 personnes en une semaine dans des lieux atypiques : places publiques, théâtres, parcs, chapelles… Cette année, il a délaissé les premiers rangs des défilés pour organiser une tournée française.

C’est à Marseille que Lyas donnera le coup d’envoi de ce périple mode. Depuis la Marina olympique, il diffusera en direct les défilés homme de Saint Laurent à 17h (début du show à 18h30) et de Louis Vuitton à 20h (début à 21h), le mardi 23 juin, en ouverture de la semaine de la mode parisienne masculine. « L’objectif est d’ouvrir au plus grand nombre la culture de la mode », soutient-il. Quiz, décryptages, discussions, DJ set… La « Watch Party » ne se limite pas à une simple retransmission : « On essaie de créer un petit écosystème autour d’un univers élitiste et de le rendre accessible ».

Le jeune homme clôturera cette Fashion Week à l’Île Rousse en Corse où sa « Watch Party » sera organisée en parallèle pour visionner le défilé Jacquemus.

Mardi 23 juin à la Marina olympique au Stade Nautique Florence Arthaud. Diffusion Saint Laurent à 17h (début du show 18h30) et Louis Vuitton à 20h (début 21h). Gratuit et ouvert à tous.