« Le but n’est pas de faire de l’argent pour faire de l’argent »
« On s’en sort mais nous n’en sommes pas encore à ce que nous espérions en termes de rentabilisation. Le but n’est pas de faire de l’argent pour faire de l’argent comme ont pu le dire nos détracteurs à l’époque », poursuit Michel Culot « mais d’activer une zone exceptionnelle, l’ouvrir aux Bruxellois, d’enfin en faire un vrai parc de loisirs actif sur plusieurs plans : sport, culture, loisirs et maintenant business ».
À Bruxelles, il pédale 165 km… en tournant en rond pour une bonne cause
Aujourd’hui, c’est le golf qui fait tourner la boutique. Le parcours de neuf trous, le club (1200 membres), le practice et l’académie génèrent 65 % du chiffre d’affaires de Drohme. La nouvelle équipe, pilotée depuis peu par Olivier Poulaert, cherche donc à élargir son public au-delà des golfeurs et amateurs de footing (activité gratuite de surcroît). Comment ? Deux nouveaux concepts ouvrent leurs portes cette semaine : un minigolf géant et une salle événementielle équipée de quatre écrans à réalité augmentée sur lesquels on peut y jouer au golf ou, sur l’un des quatre, faire une partie de bowling, un peu de football, du tir aux clays, etc.
Un minigolf géant en pleine nature
Le premier s’étale sur 3 000 m2, se niche dans un essaim de plantes (12 000) et d’arbres, se rafraîchit au gré de trois bassins. Tout est naturel à l’exception de la surface qui accueillera les petites boules blanches. Ce qu’il a de plus qu’un minigolf classique ? Son environnement naturel et sa taille. Certains trous font jusqu’à trente mètres. L’entrée coûte 7,50 euros pour un enfant, 11,50 euros pour un adulte. Un tarif famille est en cours d’élaboration.
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Côté business, Drohme NV parie sur le ludique avec son « Paddock Indoor ». Sous la grande tribune, une salle dédiée aux événements privés d’entreprise ou non, capable d’accueillir 250 personnes et dotée de quatre murs à réalité virtuelle. De quoi jouer au golf sans courir après la balle. L’une des salles est privative. Son mur permet, lui, de jouer virtuellement, à une douzaine de sports (foot, golf, tir aux clays, bowling, etc.). Un bon plan pour les anniversaires des marmots.
« Nous sommes à un tournant de notre histoire »
Dernier volet : la culture. L’ancienne écurie fraîchement restaurée par la SAU va accueillir une galerie d’art d’ampleur, promet Olivier Poulaert. « Il s’agit d’un artiste mondialement connu spécialisé dans les œuvres d’art monumentales », dont certaines seront exposées sur le site en extérieur. De quoi attirer, là encore, le touriste ou Bruxellois lambda, espère Drohme NV. En septembre également, une foire aux jardins urbains sera organisée sur le site.
« Avec ses nouvelles activités, nous voulons créer une dynamique de fréquentation plus importante », explique Olivier Poulaert. « Nous sommes à un tournant de notre histoire », reconnaît cet ancien président du CA de Hub. Brussels. Qui espère que le problème du parking va enfin être réglé sous cette législature. Le parking – payant – est en effet indigne du standing du site, qui héberge en ce moment la Terrasse O2. Sa rénovation fait l’objet de multiples recours au Conseil d’État.
Drohme NV à l’hippodrome de Boitsfort. ©DR
L’année dernière, Les Amis de la Forêt de Soignes, Bruxelles Nature et Natagora avaient contesté le permis de construire délivré à Drohme par le gouvernement bruxellois au mois d’avril. Six mois plus tard, le Conseil d’État leur donnait raison et suspendait le permis à cause, justement, de la construction du parking, en pleine zone Natura 2000. Fin d’année, un nouveau Pras (le 4e depuis le début de la saga) était introduit par le gouvernement, il fait l’objet d’un nouveau recours.
« On rêve d’installer un belvédère des cimes »
La concession donnée par la région bruxelloise à la société Drohme NV prend fin en 2034. À cette date, un nouvel appel public pour la gestion du site sera lancé. Olivier Poulaert et Michel Culot l’annoncent déjà : ils vont demander une prolongation de leur bail. « Nous avons subi au moins six années de freins administratifs, de recours, etc. », plaide Michel Culot. « Une prolongation de bail de six à dix ans serait légitime. »
De quoi faire aboutir autre projet jugé « iconique » par la nouvelle direction ? « On rêve d’installer un belvédère des cimes », projette Olivier Poulaert. « Une sorte de skyline en bois qui permettrait d’accéder aux cimes de la forêt de Soignes à pied ou à vélo. » Un rêve qui, s’il se réalise, pourrait attirer un public bien plus large que les amateurs de golf et de promenade.
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