Sur un mur du parking Jean-Lebas à Roubaix, qui mène au toit du bâtiment, Wedes, street-artist de 25 ans, finit sa peinture. Après presque dix heures pinceau à la main, il parachève les contours d’une vache à la tête déformée, cachant en réalité une anamorphose. Un portrait large de sept mètres et haut de trois, mettant en valeur les symboles d’un autre temps, à l’opposé des productions humaines. « La vache est une figure non agressive qui colle bien à mon délire en ce moment », explique l’artiste en se retournant.
« On laisse carte blanche aux artistes »
Sept autres street-artistes ont pu décorer les murs du parking de la gare Jean-Lebas ce 17 juin, dans le cadre de Dép’Art urbain, pour le festival Urbx. Depuis cinq ans, le duo Frédéric Ligneul et Loïc Trinel est aux manettes de l’événement. « L’idée de Dép’Art urbain est née de l’envie de Ville renouvelée, qui gère le parking, de mettre en valeur le lieu et son rooftop, raconte Frédéric Ligneul, également directeur événementiel à la mairie de Roubaix. Avec cette édition, on arrive à pratiquement 50 peintures dans le parking. Puis, on laisse carte blanche aux artistes pour faire apparaître exactement leur style. »
Le parking de la gare Jean-Lebas est désormais habillé d’environ 50 peintures.
La peinture de Floo Wouack pour la 5e édition de Dép’Art.
Les nouvelles œuvres se mêlent avec les anciennes, comme ce double portrait d’Antoine Stevens.
Une liberté artistique qui plaît à Mazer, street-artiste roubaisien depuis 2009. « Pour moi, c’est incroyable ! Ça permet aux artistes de styles différents et de générations différentes de créer des connexions. C’est un vrai lieu d’expression libre », assure l’artiste de 33 ans. Une journée qu’il a consacrée à une œuvre futuriste, « dans le style Tokyo Drift ou Need for Speed ». Quelques mètres plus loin, un long mur de smileys jaunes sèche. Une réalisation du Roubaisien Vianney Daltes, « pour égayer la routine des gens, ou la casser, dans un lieu comme un parking ».
« On enchaîne les événements, on croise tous les styles »
À l’étage inférieur, Floo Wouack explique la signification de sa réalisation, mettant en scène des abeilles et des fleurs. « C’est un miroir avec l’humanité : les abeilles représentent les humains, les fleurs, pour la nature, et les ruches, pour les constructions humaines », pointe-t-il du doigt. Ainsi, pour sa 5e édition, Dép’Art urbain revient avec une large hétérogénéité artistique. « On enchaîne les événements, mais pas avec les mêmes énergies, on croise tous les styles », explique Coralie Dupont, directrice du festival Urbx. Le festival se conclut ce dimanche 21 juin par un concert pour la Fête de la musique au Bar Live.