« J’ai été hospitalisée trois semaines à l’hôpital public de Pierre-Bénite. J’ai été bien soignée, mais une chose m’a révoltée, la climatisation ne marchait pas », explique au Progrès cette octogénaire rhodanienne, qui veut rester anonyme.
Durant ce séjour à Lyon Sud, elle a très mal vécu l’épisode de fortes chaleurs de la fin du mois. Le thermomètre avait dépassé les 30 degrés à cette période atteignant jusqu’à 33 °C. « J’étais dans une chambre avec deux fenêtres, l’une était cassée, l’autre était bloquée, on ne pouvait que l’entrouvrir » assure-t-elle. Insuffisant pour rafraîchir la chambre la nuit.
« On met les gens en péril »
« Je n’ai rien dormi pendant trois semaines, c’était démentiel », poursuit notre interlocutrice qui a cherché à avoir des explications auprès des soignants, mais n’a pas obtenu de réponses satisfaisantes selon elle.
« J’ai été soignée pour le mieux, mais je pense qu’ils perdent 50 % de l’efficacité des traitements à cause de cette chaleur. On met les gens en péril à cause de la clim qui ne marche pas. Avec la canicule, je pense à tous les malades qui vont subir », dit-elle.
Pas encore de suractivité liée à la chaleur
Contacté le 12 juin, le service communication des HCL n’a pas apporté de réponses sur le cas de l’hôpital Lyon Sud ou sur les mesures mises en place par les HCL pour gérer la canicule en cours. « À ce stade, nous avons fait un point avec les responsables du Samu et il n’y a, pour l’instant, aucune suractivité liée à la chaleur », assurent par ailleurs les HCL ce vendredi. Mais les pics d’admissions surviennent généralement après plusieurs jours de fortes chaleurs.
Au niveau national, Santé publique France a noté dès le 22 mai, lors du premier épisode de chaleur, « une augmentation progressive des consultations » dans les services d’urgence et SOS Médecins avec un pic le 26 mai avec 411 passages aux urgences et 253 interventions de SOS Médecins. Le nombre d’hospitalisations après passage aux urgences lié aux effets de la chaleur (hyperthermies, déshydratations, hyponatrémies et malaises) a augmenté dès le 22 mai, avec plus d’une centaine de cas quotidiens et jusqu’à 230 hospitalisations le 29 mai.