l’essentiel
Devant le tribunal de Cahors, Thomas*, 24 ans, schizophrène et toxicomane, a été jugé pour une série de vols et tentatives d’effraction commis entre mars et avril 2026 à Figeac, dont le cambriolage d’un véhicule de luxe. Déjà en détention provisoire, il a expliqué avoir agi sous l’effet d’une « pulsion » incontrôlable lors de ses ruptures de traitement. Il a été condamné.
Thomas*, 24 ans, arrivé à Figeac à 9 ans, comparaissait ce mardi 16 juin devant le tribunal de Cahors pour une série de vols et de tentatives de vol par effraction commis entre mars et avril 2026, dont le cambriolage d’un véhicule de luxe et le vol de bouteilles de vin chez un particulier.
« Si j’ai fait ça, c’est un coup de folie, je suis schizophrène »
Sans domicile fixe, sans profession et bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés, le jeune homme, déjà en détention provisoire, comparaissait depuis le box, le regard parfois absent, le discours décousu, vêtu d’un tee-shirt orné d’un dessin de surf.
Un riverain avait donné l’alerte le 11 avril, signalant un cambriolage. Le prévenu reconnaît les faits par bribes : tentative d’effraction, vol de 1 000 euros en numéraire, de vêtements, de denrées alimentaires, d’une carte bancaire ou encore de bouteilles de vin. « La porte était ouverte, j’ai tout fermé et barricadé avec des planches », a témoigné la victime du vol de vin, Franck*.
Face à la victime, Thomas s’est excusé. Mais ses explications ont surtout dessiné le portrait d’un homme dépassé par sa maladie. « Si j’ai fait ça, c’est un coup de folie, je suis schizophrène », a-t-il lâché, précisant qu’il agissait toujours seul. Il dit avoir été en rupture de traitement à chaque passage à l’acte. « Au moment où je faisais ça, j’avais quelque chose au fond de moi, une pulsion qui me disait de le faire. »
Il a évoqué une addiction installée depuis l’adolescence : « Je suis tombé dans la cocaïne à 19 ans, et le crack il y a un an. » En détention, la cohabitation avec un codétenu lui-même schizophrène a tourné à la tension : « J’ai failli me battre plusieurs fois, je pense que ça va plus me dégrader que me faire du bien d’y rester. »
« C’est un cocktail de l’horreur »
L’expertise psychiatrique confirme une toxicomanie déterminante dans son comportement et un facteur de dangerosité sociale, doublée d’une schizophrénie pour laquelle des soins sous contrainte seraient justifiés. « Je suis une bombe à retardement, dès que je ne prends pas mon traitement, j’ai une colère qui m’attrape et j’arrive pas à m’en sortir. Affilié à la drogue, c’est un cocktail de l’horreur », résume-t-il. « Si j’avais eu mon cachet, j’aurais pas commis ça. »
Le procureur a souligné qu’il « aggrave son état avec une consommation de cocaïne et d’alcool quasi quotidienne » tout en restant « accessible à une sanction pénale ». Il a requis 12 mois ferme, dont la moitié assortie d’un sursis probatoire de deux ans, insistant sur « la nécessité de lui apporter des soins, c’est la clé du problème ».
« Il faut qu’il aille dans un centre spécialisé »
La défense a plaidé l’inverse : « La détention n’est vraiment pas la solution pour Monsieur. Il a besoin de soins et d’accompagnement. » Le prévenu a lui-même évoqué un projet de marche jusqu’en Espagne, sac à dos sur le dos, pour rejoindre la mer s’il évitait la prison, suscitant un lever des yeux au ciel de la présidente, peu convaincue.
À la barre, sa mère, en larmes, a livré un témoignage poignant : « Je n’ai malheureusement pas de solution pour mon fils, je ne peux pas l’accueillir chez moi à cause de ses troubles. Je ne pense pas que la prison soit la solution, il a besoin de soins, il faut qu’il aille dans un centre spécialisé. Il est malade mais a aussi des qualités, il est passionné par le surf et la plage. » Elle s’est dite prête à financer un centre près de la mer, « l’idéal pour lui ».
Le tribunal a déclaré Thomas* coupable des faits reprochés et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois avec sursis probatoire pendant deux ans, avec maintien en détention. Il lui est également interdit de paraître à Figeac.
*Les prénoms ont été modifiés.